Hugelmann, Die dst. Reichsvertrelung
mêmes élections : les textes du Diplôme comme de la Patente ne parlent que d’un Reichsrath; l’idée unitaire de la Patente exige qu'il n'y en ait qu'un. Ensuite, parce que c'était la Constitution de la monarchie qu'il s'agissait de transformer, de réviser ou d’adapter, et que, dans ce cas, le Reichsrath plénier seul était compétent. Pour que le Reichsrath étroit pût le devenir, il fallait un nouvel octroi ; et de fait, c’est par un octroi qu'en 1867 le Reichsrath étroit est devenu apte à accepter le Compromis. Done, octroi contre octroi, et, dans ce cas, il n’y a plus de raisons juridiques de préférer un octroi favorable à la Constitution de février à un octroi qui lui soit contraire, il n’y a plus que des raisons politiques. D'ailleurs, il est significatif de voir Kaiserfeld, qui avait si vivement combattu Schmerling et dénoncé le péril que renfermait pour le Reichsrath l’abstention des Hongrois, Kaiserfeld, dont lesamis avaient protesté, en 1861, contre le tour de passe-passe qui. par l'emploi de l’article 13, faisait du Reichsrath étroit un Reichsrath plénier, venir soutenir que ce Reichsrath avait vraiment été plénier — au moment où il n'y avait plus de Reichsrath. Ces contradictions personnelles ne signifieraient pas grand chose par elles-mêmes ; mais elles valent comme symptômes de l’état d'esprit des centralistes : ce n'est pas tant à cause des Hongrois que les blesse la suspension, c'est surtout à cause des Slaves. Elles montrent aussi la valeur exacte de la Patente de février. — Sur la question de fait, il n'y a pas davantage de doute. Que le Reichsrath fonctionnät ou que la Constitution de février fût suspendue, le sort du Compromis ne dépendait pas d'eux : il dépendait des Prussiens. C’est Sadowa qui l’a décidé. ” Avant, la résistance de la cour n'avait pas besoin d’un Reichsrath où s'appuyer ; après, elle était trop faible pour pouvoir se prendre à n'importe quel appui. Que le Reichsrath eût été celui de Schmerling, réduit aux Allemands, ou un nouveau Reïchsrath élu sur des lois électorales octroyées par le gouvernement et favorables aux Slaves ?, il eût également peu imposé aux Hongrois, bons calcula-
1. Kaiserfeld était nerveux, impressionnable, inconstant, comme Eôtvôs.
2. Eim, Pol, dvahy, 42-3, énonce et développe cette idée. Pour lui, la suspension est une faute : il fallait — et on pouvait — maintenir la Constitution, octroyer une loi électorale plus juste envers les Slaves. Toutes les nationalités auraient paru à ce nouveau Reichsratb, on aurait réglé d’abord les questions cisleithanes, surtout la question bohème, et l'Autriche unie aurait fait ainsi contrepoids à la Hongrie, et serait arrivée à lui imposer l'acceptation d’un Parlement commun. — Les articles de Kim sont très intéressants par la critique qu’ils font de la politique suivie par les Tehèques, critique très-ingénieuse, très-pénétrante, et souvent très-juste. Mais Eim — qui était, lorsqu'il écrivit ces articles, homme
teurs en politique, et habiles à saisir le faible de leurs adversaires : la division des Autrichiens a toujours fait leur force ; pour y mettre fin, il aurait fallu une loi constitutionnelle et électorale qui satisfit à la fois les Allemands et les Slaves. Si cette loi se fait jamais, ce seront les peuples autrichiens qui l’imposeront, ce ne sera pas un ministère. Belcredi, pas plus qu'aucun peut-être de ses successeurs, ne se serait soucié, même si cela avait été possible, de réaliser une complète entente nationale, qui aurait fortifié l’Autriche certes, mais en affaiblissant le gouvernement eten restreignant le pouvoir absolu du souverain, dont le maintien était pour lui un article de foi. C’est là qu'est sa grande erreur; la suspension et toute sa politique n'en ont été que les suites.
La suspension causa, surtout en CGisleithanie, une grande surprise. À quelque changement que l’on s'attendit, on ne le croyait pas si prochain, si radical, si déclaré. Tandis que les Allemands protestaient et menaçaient, les Slaves, les Tchèques surtout exultaient. «On est entré enfin dans la voie du salut ‘,». Les Diètes cisleithanes, deux jours avant la Patente, avaient été convoquées pour la fin de novembre, celles de Hongrie et de Croatie pour le commencement de décembre. Une vie politique toute nouvelle semblait devoir s'ouvrir pour la monarchie, l'idéal des Slaves approcher de sa réalisation. PalackŸ, quelques mois avant la chute de Schmerling, avait, dans une série d’articles *, formulé leur nouveau programme. C’étaient ses thèses de
d'opposition, — se laisse emporter par sa tendance à mettre ses adversaires dans leur tort; il exagère ainsi la facilité d’une politique autre que celle qui a été suivie, et construit des raisonnements qui n’ont qu'un defaut, mais capital : c’est de ne tenir aucun compte des circonstances données, des faits acquis. Le Reichsrath que Belcredi, d’après lui, aurait dù constituer, c’est en réalité l’extraordipaire, dont il sera question plus loin. Les Allemands, qui refusèrent d’y venir en 1867, auraient-ils été moins résolus en 1865? on n’a aucune raison de le supposer. Ce Reichsrath, alors, n’était point autre chose qu'une assemblée de Slaves, et il aurait eu contre lui l'hostilité des Hongrois, portés par leur propre intérêt à soutenir les Allemands, comme Andrässy s’est uni à Beust pour faire échouer l'extraordinaire et convoquer à nouveau le Reichsrath étroit de Schmerling. — Les Hongrois, c’est ce dont il faut se pénétrer, tenaient en mains le sort du Compromis ; ils en étaient le facteur essentiel. L'orgueil national des Tchèques se refuse à le reconnaître, et Eim blâme Belcredi d’avoir fait plus attention à la Hongrie qu’à la Bohème ; mais Belcredi, ministre de l’empereur. pour qui l'entente avec a Hongrie primait tout, ne pouvail faire autrement. S'il avait été un ministre vraiment autrichien... — mais s’il y avait eu une Autriche ailleurs qu’à la cour !