‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 241 sur 369 · Spisy · texte numérisé non relu

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2, Jabn, F. L. Rieger, 222-3.

3. Jahns 10: Rieger, 214-5. L'indication de dates précises manque dans ce texte, mais il est difficile d'en appliquer la dernière partie à une époque antérieure à la fin de 4865.

%. Krones, Kaiserfeld, 222-6 (lettre de Kaiserfeld à Lényay, février 1865).

L'ÉLABORATION DU COMPROMIS rte

Un rescrit impérial communiqua aux Diètes cisleithanes, qui se réunirent en novembre, la Patente du 20 septembre. Les majorités centralistes répondirent par des protestations : la Constitution ne peut être légalement révisée qu'au Reichsrath et avecle Reichsrath. Les majorités fédéralistes, slaves ou cléricales, votèrent des adresses de remerciments. Elles triomphaient : les gouverneurs déclaraient, au nom du ministère, que c'était aux Diètes qu'il appartiendrait de donner l'avis de la Cisleithanie sur les modifications constitutionnelles que pourraient demander les pays hongrois. « Le centre de gravité de la Constitution autrichienne », dit à la Diète de Bohème le gouverneur LazanskŸ, «la source d'où jaillit notre vie constitutionnelle, le terrain où notre Constitution a ses racines, ce sont les Diètes ». Le gouvernement veut développer l’autonomie, donner aux Diètes une sphère d'action plus digne d'elles, faire des provinces les solides colonnes qui soutiennent l'édifice de l'État, Lorsque les pays hongrois se seront prononcés sur la question des aflaires communes et du mode de les traiter, le gouvernement soumettra leur avis aux représentants légaux des pays extrahongrois. Il ne s’agit pas d'accepter un octroi fait par le Parlement hongrois au reste de la monarchie. « Les représentants légaux.dont je viens de parler,sont les représentants des pays dans les Diètes, et la représentation légale des pays se trouve dans les Diètes ". » Ces déclarations,accompagnées de vives attaques contre le système tombé, provoquaient les protestations des centralistes, dont plusieurs, avec Auersperg, donnèrent leur démission, et l'enthousiasme des autonomistes. Ils ne se demandaient pas quelle valeur effective aurait cet avis des Diètes, s’il ne serait pas purement consultatif, si l'empereur ne se réserverait pas la décision absolutiste. Les Tiroliens réclamaient l'unité de la foi pour leur province; les Polonais, une autonomie complète de la Galicie, avec polouisation de toute l'administration; les Slovènes, une réforme électorale ; les Tchèques, leur droit d'État. Le ministère avait des concessions pour certains, pour tous de bonnes paroles — et chacun était satisfait *.

En Cisleithanie, c'était la Diète de Bohème qui, par la force des choses, devenait le principal théâtre de la lutte. La majorité y

1##Srb. Polrdéis, 1; 96;

2 A titre de curiosité, il faut noter que le maréchal du pays — président de la Diète — de Galicie présente à l’empereur les demandes de la Diète en français, tandis que le gouverneur Goluchowski les répétait en allemand. Kolmer, Parl. u.

Verfass., I, 213.

4x2 LE COMPROMIS (1865-1867)

avait été déplacée par les changements qui s'étaient accomplis dans la curie des grands propriétaires; sous l'influence du gouvernement, un certain nombre de constitutionnels avaient passé au camp des conservateurs, et, à la place des centralistes démissionnaires, des féodaux avaient été élus. La nouvelle majorité remercia l’empereur de la Patente du 20 septembre, et Le pria de vouloir bien enfin se faire couronner à Prague. Leo Thun, rapporteur de l'adresse, déclara qu'on allait pouvoir reprendre et réaliser les idées du Diplôme. L'empereur félicita la Diète de son loyalisme et de son dévouement, aflirma son attachement à la politique nouvelle, déclara qu'il saluerait avec joie le moment où il pourrait se faire couronner à Prague. La majorité commença son œuvre de revision. Deux points la touchaïent surtout: la loi électorale et la question des langues. La réforme électorale qu'elle proposait transformait toute la Diète; elle assurait aux conservateurs la majorité dans la grande propriété, supprimait la représentation des chambres de commerce, augmentait celle des campagnes, corrigeait la géométrie électorale. La langue tchèque, outre les droits que lui donnait la loi, enfin sanctionnée, sur la «contrainte des langues », devait désormais pouvoir être employée à l’Université par les professeurs qui la choisiraient. — La Diète faisait ainsi de bonne besogne; mais c'était de la besogne provinciale, tandis qu'à Pest, au même moment, c'était la politique d’'Empire qui se traitait. Cette différence même prouvait, mieux que tout raisonnement, l'erreur des Tchèques lorsqu'ils proclamaient, au nom du droit historique, la parité entre la Bohême et la Hongrie. Ils ne demandaient qu’à se croire les égaux des Magyars ; ils écoutaient volontiers les phrases des journaux oflicieux : si l'on donne au royaume de Bohème ce qui lui appartient, lui aussi donnera sûrement à l'empire ce qui lui revient !. C'était toujours leur vieille illusion, et elle leur coûta aussi cher que les autres fois : en cherchant à égaler dans la monarchie la Bohème à la Hongrie, ils laissèrent échapper l’occasion de fortifier en Cisleithanie leur position en face des Allemands ?.En se ralliant, dès la chute de Schmerling, à l'idée du dualisme, ils pouvaient lui donner une forme moins dangereuse pour eux ; en poursuivant leur chimère fédéraliste, ils s'exposaient d'avance à être sacrifiés. IT était dès lors visible que la cour ne comptait qu'avec la Hongrie, et que la Hongrie n'acceptait que le dualisme, Le spectacle même qu'avait offert la session

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