‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 243 sur 369 · Lederer, Andrässy · texte numérisé non relu

Lederer, Andrässy

2. Lederer, Andrässy, 1, 148-5S. — Kônyi, Dedk, LIL, 340-1, 352-3.

cienne loi, qui, donnant aux Magyars une majorité assurée, rendait certaine la ratification légale de l'union. En Croatie, la nomination d’un nouveau chancelier aulique marquait de mème que le gouvernement favoriserait par tous les moyens en son pouvoir l'union de tous les pays de la couronne de Saint-Étienne. — Majläth, instruit par l'expérience d'octobre, avait ajourné le rétablissement des comitats, et ainsi conservé dans sa main l'administration du pays; la nation, avec un graud sens politique, avait compris la nouvelle situation. et acceptait sans protester les mesures qui, einq ans plus tôt, avaient provoqué le soulèvement des comitats. Ainsi l’ordre était assuré pour le moment où se réunirait la Diète.

Plus que jamais, Deäk était l’oracle de la nation. Les événements avaient justifié sa politique à la fois de fermeté et de modération. En mettant son pays en garde contre les illusions des partis extrêmes, il lui avait fait l’économie d'une révolution, sans rien sacrifier de son patrimoine. Grâce à lui, la Hongrie se trouvait dans cette situation inespérée, où la couronne lui demandait une entente plus qu'elle ne l’acceptait. Tous les regards étaient fixés sur lui, tous les partis attendaient qu'il désignât une politique, qu'il donnàt un mot d'ordre. Le gouvernement sollicitait ses avis ; les électeurs soumettaient leurs choix à son approbation; les résolutionnistes réclamaient le titre de deäkistes : n’avaient-ils pas. en 1861, adopté les idées de Deäk”? C'était lui qui allait donner au Parlement nouveau l'orientation décisive. Il hésita d’abord entre le gouvernement et les résolutionnistes. Mais l’opportunisme des conservateurs heurtait ses convictions légales: leur résistance à ses vues irritait son obstination, qui était grande. De la dernière Diète, il avait gardé de vives sympathies pour les résolutionnistes, il comptait parmi eux des amis personnels. Volontiers, il eût évité de marquer une différence entre son parti et le leur. Mais ses amis, moins oublieux des luttes passées, mieux instruits des finesses de la politique, plus psychologues et prévoyant ainsi jusqu'où la recherche de l'originalité et de la popularité entraïînerait les partisans de Tisza, obtinrent de lui qu'il renonçât à une fusion, et constituât ses adhérents en un parti; du moins, il tint à garder avec les résolutionnistes des relations aussi étroites que possible; il fallut, pour les relâcher et les rompre, que Tisza, justifiant les craintes des deäkistes, inaugurât une politique d’agi-

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