‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 245 sur 369 · Kényi, Dedk, III · texte numérisé non relu

Kényi, Dedk, III

paraîtront en une minute, et il ne faut pas abandonner nos droits. € Esaü, ayant faim, vendit son droit d’aiînesse pour un plat de lenüilles ; il le reçut, et pourtant de ce marché naquit une guerre entre frères. » Le jeu serait hasardeux pour la nation et pour le roi. — Bartal, se déclarant satisfait de ces explications, qui, dit-il, avaient éclairci la pensée de Deäk, retira son amendement, et l'adresse fut votée à la presque unanimité.

La cour avait attendu plus d’effet de ses concessions, qu'elle Jugeait considérables. Elle fut déçue et irritée. L'empereur trouvait que Deäk avait trop pris des idées de la gauche; il voyait dans son discours une petite porte vers l'entente, mais seulement une petite porte ‘. En vain Andrässy, fort bien en cour, et dont le discours,sur l'adresse, véritable programme ministériel, tout plein de l'idée de grandeur de la monarchie, avait fait une forte impression sur Île souverain, essayait de l’amener à un jugement plus favorable *. Il accueillit gracieusement l'adresse de la Chambre haute, rédigée par Szécsen, qui était plus conciliante et plus politique. et exhorta les magnats à remplir leur « mission traditionnelle... à mettre l'autorité de leur sage modération au service du succès des intentions de la couronne ». Aux députés, il exprima son regret «des inquiétudes qui s'étaient manifestées dans la discussion au sujet des modes d’exécution proposés par lui », et l'espoir que ces inquiétudes se dissiperaient, convaincu quil était que, dans l'intérêt de tous ses peuples, il ne pouvait pas s'écarter des principes fondamentaux de ce discours. L’audience prit fin brusquement, sans un mot aimable du souverain, sans une acclamation des députés. Les membres du gouvernement hongrois eux-mêmes furent surpris par les paroles de l’empereur, inspirées sans doute par Esterhäzy et Belcredi *. Le reserit ofliciel de réponse à l'adresse aflirma à nouveau la résolution de l’empereur de ne rétablir les lois de 1848, œuvre hâtive et précipitée, qu'après leur revision. Deäk répondit par une seconde adresse, toujours respectueuse, mais bien plus énergique que la première. Elle ramène de nouveau la question sur son vrai terrain : les lois légalement adoptées doivent être observées jusqu'à leur modification légale. Elle rappelle au roi que ses droits aussi se fondent sur laloi. « En Hongrie, tous les droits du roi se fondent sur la loi aussi bien que ceux de la nation, et la puissance suprême

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