‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 250 sur 369 · octobre 1866, avec l'Italie · texte numérisé non relu

octobre 1866, avec l'Italie

que extérieure qu'elle avait suivie jusque-là; toute sa situation européenne s'en trouva changée. Du coup, les conditions de sa politique intérieure se transformaient également, l'équilibre des forces qui la déterminent était modifié. Si les Allemands, jusquelà, avaient eu entre tous les peuples autrichiens une situation privilégiée, ils la devaient surtout au rôle d'intermédiaires qu'ils jouaient entre l’Empire, comme on appelait l'Allemagne, et la monarchie ; et la prédominance politique des provinces allemandesslaves sur les pays hongrois s’expliquait par là. Désormais, le rapport entre les deux parties de la monarchie était complètement renversé : pour la dynastie, dans sa diplomatie intérieure, les pays orientaux, les pays de la couronne de Hongrie, passaient au premier plan. C’est par eux, en effet, qu’elle touchait à l'Orient, à la Turquie en décadence ; certaines provinces turques figuraient historiquement dans le titre des rois de Hongrie. C’est à travers la Hongrie que les Habsbourg pouvaient espérer, par des conquêtes territoriales et le relèvement de leur prestige, retrouver en Orient ce qu'ils avaient perdu en Allemagne. Si la renonciation à l'Allemagne n'a été définitive qu'après 1870, si, pendant quatre ans, on a gardé à Vienne des illusions de revanche, du moins les premières lignes de la nouvelle politique orientale, celle qui a conduit à l’occupation de la Bosnie et de l'Herzégovine et qui vise encore des buts plus lointains, commencent à apparaître dès 1866. Elle suivait les indications mêmes de la nature et de l'histoire ; elle engageait la monarchie dans les voies où l'attirait la nécessité géographique’, elle la ramenait à la tradition du prince Eugène. Les premiers essais de cette politique avaient entraîné, au temps de la paix de Szatmär et de la Pragmatique- Sanction, un rapprochement avec la Hongrie: il ne devenait pas’ moins nécessaire au moment où on la reprenait. Non seulement, après Sadowa, l'Autriche n'avait plus la force matérielle ni morale de contraindre la Hongrie, mais, l'eût-elle eue, tout la portait à préférer l'entente à la contrainte. Il y a sans doute quelque chose de paradoxal dans ce spectacle du dualisme, combattu et rejeté à Vienne tant qu'il eût pu se justifier par l'existence d'un lien entre les provinces allemandes-slaves et l'Allemagne, accepté et reconnu du jour où, l'Autriche délivrée de ces liens et se resserrant sur elle-mème, rien ne paraissait plus s'opposer à ce qu'elle devint un Etat semblable à tous les autres : plus d’un

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