Kônyi, Dedk, IV
des autres ; le système qu'ils proposent ne plaît qu'aux Allemands, parce qu'il créera une telle confusion qu’un retour au centralisme leur paraît certain. Lényay, ne considérant que l'intérêt hongrois, voulait ne pas prendre position entre les partis en Autriche ; mais Andrässy tenait à un régime allemand, pourvu qu'il ne fût ni trop démocratique, ni trop bureaucratique. Belcredi et lui se heurtèrent vivement. Belcredi réclamait à tout prix que le Parlement hongrois renonçât à son droit de voter le contingent, fallût-il, pour l'y contraindre, le dissoudre sans fin. Les Hongrois s'aperçurent que de fortes influences agissaient contre eux. Deäk, leur dit l'empereur, est un homme d'honneur, et plein de bonnes intentions ; mais il ne se place qu'au point de vue juridique, et il ne sait pas apprécier la position de la monarchie. Il voulait encore réfléchir, ferait connaître plus tard sa décision. L'impression sous laquelle Andrässy et Lényay quittèrent Vienne n’était pas celle du succès Î.
La situation était donc plus tendue que jamais. Le Parlement hongrois était résolu, s’il ne trouvait pas en face de lui, à sa réunion, un ministère selon les lois de 1848, à s’ajourner de luimême, jusqu'à ce que ce ministère eût été nommé. À Vienne, on n’était nullement disposé à céder. Belcredi et Majläth s'opposaient à la restauration de la Constitution hongroise, tant que la question des affaires communes ne serait pas résolue dans leur sens ; Esterhäzy sûrement les secondait. A la cour. des tendanceshostiles à la Hongrie reprenaient le dessus. On préparait en imagination, pour le printemps de 1867, la campagne de revanche, on espérait le triomphe, ce n'était pas le moment de faire des concessions trop fortes. Il n'y avait pas pour l'instant, la paix conclue, de complications extérieures à craindre ; pour rendre le Parlement plus souple, il fallait faire pression sur lui par les Diètes cisleithanes. Le découragement et la colère commençaient à s'emparer du parti de Deäk ; on y agitait l'idée de l'abstention parlementaire ; puisque les concessions du parti sont si peu appréciées et si mal payées. puisqu'en face du Parlement actuel, où les anciens résolutionnistes eux-mêmes prennent part aux discussions sur les affaires communes, le gouvernement conserve la même attitude purement négative qu'en 1861, le parti n'a plus qu'une ressource, qu'un devoir envers lui-même et la nation : se retirer, placer le gouvernement en face de la seule gauche, et lui laisser voir ce qu'il gagnera