‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 253 sur 369 · Kônyi, Dedk, IV, 17-55, d'après le journal de Lônyay · texte numérisé non relu

Kônyi, Dedk, IV, 17-55, d'après le journal de Lônyay

au change. La menace porta à Vienne. Elle porta d'autant plus qu'entre temps s'était accompli un changement capital dans le ministère : Beust avait succédé à Esterhäzy ‘

Parallèlement à la crise hongroise s'était déroulée une crise cisleithane. Les Slaves, atteints dans leur patriotisme autrichien par la défaite de la monarchie, n’en considéraient pas cependant les résultats avec déplaisir. C'était la fin de l'hégémonie autrichienne en Allemagne, et par suite, pensaient-ils, la fin de l’hégémonie allemande en Autriche, la fin du centralisme, l'avènement de la vraie politique autrichienne, autonomiste ou fédéraliste, qu'ils appelaient depuis si longtemps de leurs vœux. Dès le mois d'août 1866. Rieger était à Vienne. Il s’y rencontrait avec Strossmayer et avec Goluchowski, etse mettait d'accord, avec le premier surtout, sur les bases de leur nouvelle politique. Plus d'illusion impériale, plus de regards constamment tournés vers le dehors; chercher sa force en elle-même, dans la satisfaction de toutes ses nationalités, dans une juste égalité, par une organisation fédérative, telle est désormais la tâche de l'Autriche. Goluchowski se chargea de faire parvenir à l’empereur le programme rédigé par Rieger ; il l’approuvait, mais il n'espérait guère le succès. D'ailleurs, même à ce moment, les Slaves étaient divisés. et leur action commune s’en trouvait entravée. Les Tchèques et une partie des Polonais exprimaient le désir formel de voir confier à Goluchowski l'exécution de leur programme : mais l’autre partie des Polonais, plaçant l’intérêt national plus haut que la politique autonomiste, jugeait Goluchowski indispensable en Galicie, et en avait déjà informé Belcredi ; aussi le ministre répondit-ilironiquement aux Tchèques qu'il aurait une certaine difficulté à faire entendre en haut lieu des vœux sur lesquels leurs auteurs mêmes n'étaient pas entiérement d’accord. L'intervention de la noblesse de Bohème eût pu, à ce moment, être décisive en faveur des autonomistes. Rieger essaya en vain de l’attirer à Vienne. « Je n'ai de colère », écrivait-il, (que contre notre aristocratie, dont les matadors, en dépit d'appels réitérés, ne viennent pas, et cela juste au moment où ils pourraient nous être le plus utiles ? ». L'attitude de Clam et de ses pareils ne s'explique guère que par la bouderie, la rancune qu'ils gardaïent à la cour du traitement qu'ils avaient subi sous Schmerling ; et ces raisons les jugent. Sans doute, leur abstention ne causa pas seule l'échec des Tchèques ; mais elle contribua certainement à le produire, en lais-

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