Kényi, Deik, IV
2. Jahn, F. L. Rieger, 252, traduit par Denis, 0. €., Il, 499,
sant la nation sans contact avec la cour et le gouvernement, en fortifiant l'opposition qui se dessinait en Bohême contre Belcredi. PalackŸ et Rieger le trouvaient hésitant et maladroit; la presse et les assemblées de districts, les seuls corps élus qui siégeassent alors, l’attaquaient violemment. En vain Clam, à la fin d'août, se portait garant de ses intentions, de sa fermeté envers la Hongrie, de son désir de faire aboutir les réformes chères aux Tchèques ; en vain, ilindiquait que les centralistes seuls tireraient profit d'une brouille entre les Slaves etlui. Rieger constatait que Belcredi perdait chaque jour de la confiance de la nation, et se voyait hors d’état de réagir. Pour les Tchèques, Belcredi était sacré partisan du dualisme, dont l’idée seule les exaspérait. « Nous jouerons dans le Parlement de la Cisleithanie belcrédique », proclamaientles Nérodni Listy ", le rôle qu'ont joué les Magyars dans le Parlement de l'Autriche schmerlingienne. Nous n’yirons pas, nous n’y irons pas, et encore une fois nous n’y irons pas, aussi longtemps qu'il ne reconnaîtra pas nos droits particuliers, droit d'État et droit historique ». On accusait même Belcredi d’être de connivence avec les Allemands. Lorsqu'il accompagna l’empereur à Prague, en octobre 1866, c’est à peine si l’on prit acte de sa présence: son antichambre resta vide, on le traitait déjà presque en ministre tombé. Mieux informée et plus froide, l'opinion publique se fût gardée d'affaiblir ainsi la position d’un ministre dont l'appui devait lui être d'autant plus précieux qu'en Beust la cause des Allemands trouvait un conseil, un défenseur habile et énergique *.
C'est pour les Allemands que le coup de Sadowa avait été le plus dur. Il les atteignait dans leur patriotisme autrichien, dans leur sentiment et dans leur intérêt nationaux. Finis Austriae ! * écrit À. Grün à un ami, et Grillparzer se demande : «Je suis né allemand, le suis-je encore t? » La dépression, le pessimisme sont partout. Ce qui les cause, c’est surtout la certitude que cette nouvelle leçon sera aussi inutile que tant d’autres, que des hommes à qui 1848 et 1859 n'ont rien appris ne comprendront pas non plus 1866, qu’on continuera l’ancien système de gouvernement, «bureau, sabre et chaire». Malgré cette (terrible Némésis pour le mépris de l'intelligence et de la puissance de l'esprit », on ne cessera pas de