‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 262 sur 369 · Kônyi, Dedk, IV · texte numérisé non relu

Kônyi, Dedk, IV

avec joie l'ère nouvelle du gouvernement parlementaire, mais condamnaient la loi sur les affaires communes, et proclamaient l'intention des comitats de rester fidèles à leur rôle historique, de contrôler le gouvernement dans l'intérêt de la Constitution. Ces résolutions étaient abusives, même au point de vue de l’ancien droit; car les remontrances des comitats pouvaient légalement être élevées contre des ordonnances, mais non contre des lois. Si cet essai d'anarchie municipale avait réussi, le gouvernement eût pu se trouver très embarrassé, Mais quelques comitats seulement s’y associèrent ; le ministère montra de l'énergie contre le plus violent de tous, le comitat de Heves, et celui-ci se soumit ‘. Le pays magyar était visiblement en grande majorité satisfait du résultat obtenu par les deäkistes; même une intervention de Kossuth ne réussit pas à changer son sentiment. A la veille du couronnement, l’irréconciliable ennemi personnel de la dynastie adressa à Deäk une lettre publique pour l’adjurer de réfléchir encore avant de sacrifier les droits essentiels de la patrie. Pourquoi, lui demandait-il, Deäk a-t-il perdu confiance dans la force du pays ? Pourquoi a-t-il consenti à laisser rabaïisser le Parlement hongrois au niveau d’une simple assemblée de comitat ? Ce que le Compromis concède à l’Autriche, c'est ce qu’à la veille de l'invasion de Jelaëié un ultimatum exigeait de la Hongrie, et ce que Parlement et ministère, Eütvôüs et Deäk comme Kossuth, étaient unanimes à rejeter. Ce que Deäk accepte après Sadowa, c’est ce que, dans ses adresses de 1867, il a énergiquement refusé. A quels dangers n'expose-t-il pas la Hongrie dans la crise européenne qui est visiblement imminente! Deäk se refusa à une polémique avec Kossuth : ses actes publics, déclara-t-il dans le AVaplé, parlaient pour lui. Mais Pulszky, l’ancien compagnon de Kossuth, tira de ses entretiens avec Deäk les éléments d'une réponse où, rappelant les projets de Confédération orientale *, il concluait que Kossuth ne comprenait plus la nation, et que la nation de son côté ne comprenait plus Kossuth *. L'agitation kossuthiste continua sans succès pendant toute l’année. Des anciens chefs révolutionnaires qui rentrèrent en Hongrie à la faveur de l'amnistie, aucun ne s'y associa; la plupart se rallièrent franchement à la politique deäkiste. Le gouvernement, après quelques mois de patience, se montra énergique :

1. D'ailleurs il recommença à se rebeller en octobre et fut alors suspendu. 2. V. plus haut p. 354.

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