‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 263 sur 369 · Kônyi, Dedk, V · texte numérisé non relu

Kônyi, Dedk, V

des jurys condamnèrent sévèrement les journaux kossuthistes. I] fut avéré ainsi que le sentiment public était avec le ministère, et que de ce côté il n'avait rien à redouter.

Il était aussi tranquille du côté des nationalités. Celles-ci n'ont jamais été dangereuses pour l'État magyar que lorsqu'elles étaient appuyées de Vienne ; mais désormais la cour était non plus contre les Magyars, mais avec eux ; elle cherchait la garantie de sa puissance, non plus dans la destruction de leur hégémonie en Hongrie, mais au contraire dans sa consolidation. Elle n’encourageait plus les prétentions des Slaves ou des Roumains à une organisation nationale ; le roi se bornait à désirer que le respect de leurs droits naturels et le libre développement de leur culture propre fussent garantis. Les nationalités elles-mêmes étaient devenues plus conciliantes envers l'État hongrois ; grâce aux hommes qui le représentaient, Deäk et Eôtvôs en particulier, il leur inspirait plus de confiance qu'autrefois. Eôtvôs venait d'exposer à nouveau, dans sa Question des nationalités',son programme, qui conciliait largement avec l'existence de l’État hongrois un les aspirations légitimes des nationalités à un libre développement. Les souvenirs du régime de Schmerling, encore vivaces, facilitaient aux nationalités le rapprochement avec les Magyars. Elles auraient préféré une organisation plus semblable à celle du Diplôme * ; mais une grande partie au moins de leurs chefs savaient que de ce côté la partie était perdue, et, se pliant à la nécessité, cherchaïent le salut dans l'entente avec la Hongrie. Aux votes décisifs, les représentants des nationalités se divisèrent entre le gouvernement et l'opposition. Siaguna, en Transylvanie, avait mis son autorité au service du nouveau régime ; son influence s’étendait sur les Roumains de Hongrie, parmi lesquels elle fit apparaître un parti favorable ou tout au moins résigné au nouvel ordre de choses. Chez les Serbes, si les Vieux se défiaient toujours, les Jeunes

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