Brote, Die rum. Frage
rapports entre la Hongrie et la Transylvanie n'était pas définitivement résolue ; il estimait toujours qu'il faudrait après coup réviser la loi de 1848 pour donner satisfaction aux divers intérêts en présence. Mais c'était avant Sadowa. Après, quand la Hongrie dictait ses volontés, il ne pouvait plus être question d’une situation spéciale pour la Transylvanie dans l'État hongrois. Andrässy d'ailleurs invoquait des raisons particulièrement propres à toucher l’empereur : l'union de la Transylvanie avec la Hongrie, que l’on a longtemps considérée comme un intérêt purement hongrois, est, depuis la réunion des principautés danubiennes et les triomphes du principe des nationalités, avant tout un intérêt monarchique et dynastique ‘. Les nationalités non magyares — sauf les extrèmes — se résignèrent; leurs députés votèrent en grande partie le projet sur les affaires communes et figurèrent au couronnement. Aussitôt après, le gouvernement envoya en Transylvanie un commissaire extraordinaire, dont l'adminisiration prépara l'union définitive et complète, qui eut lieu à la fin de 1868.
La Croatie fut autrement traitée. Sa population slave homogène ne comprend presque pas de Magyars ; ainsi l'intérêt national ne combattait pas chez les Magyars la prudence politique, que leur inspirait la leçon de 1848. Les deäkistes étaient disposés à une entente, sous réserve qu'elle n’exigeñt aucun sacrifice des droits essentiels de la Hongrie, et en particulier de son unité politique. Avant Sadowa, les chefs croates, éblouis par les rêves de fraternité slave, grisés par les souvenirs de leur passé, naïvement confiants dans la reconnaissance de la cour, s'étaient refusés à toute concession à la Hongrie. Ils commirent la même faute que les Tchèques, ne virent pas que Sadowa avait entièrement changé la situation de la monarchie et de la dynastie, que l'accord avec la Hongrie était devenue pour les Habsbourg la plus pressante des nécessités, que tout y serait sacrifié. L'adresse de décembre 1866, qui réclamait pour la Croatie une entière indépendance de la Hongrie, fut fort froidement accueillie à Vienne ; on y dit carrément aux députés croates que les services rendus par Jelaëié n'étaient plus regardés du même œil qu'en 1848 *. La Diète fut prorogée. Les comitats s’agitèrent, mais Andrässy se montra énergique, et la cour s’abstint soigneusement d'encourager les Croates. « C’est à la manière dont Votre Majesté agira dans la