‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 267 sur 369 · Kônyi, Deük, IV · texte numérisé non relu

Kônyi, Deük, IV

2. Loiseau, L& Hongrie el l'opposition croate, Revue des deux Mondes, 1895, 1% Nov., 103. Hoica, Nynè$i pol. situace v Charratsku, Osvèta, 1892, II, 768-70. Marezali, Enchiridion, 905.

règne passé et la légitimité de son règne futur, il faisait au principe au nom duquel la Hongrie avait vaincu, le principe de la continuité du droit, la plus haute et la plus éclatante des concessions. Elle ne suflisait pas à l'opposition, car l'extrême gauche et la gauche modérée cherchèrent à soulever des difficultés à propos de l’abdication de Ferdinand et de la renonciation deFrancois-Charles. L'une demandait que ces deux personnages adressassent au Parlement hongrois leur abdication et leur renonciation, comme ils auraient dû déjà le faire en 1848 ; l'autre, que tout au moins le souverain déclarât formellement convenir que l'abdication et la renonciation auraient dû se produire dans la forme indiquée par les adresses de 1861. Le gouvernement et la majorité se contentèrent d'insérer dans la loi une acceptation après coup de ces deux actes et une réserve en faveur des droits de la Hongrie contre toutes les conséquences qu'on pourrait prétendre tirer de la façon dont ils s'étaient accomplis en 1848. Andrässy n'eut pas de peine à montrer que cette déclaration formelle, sanctionnée par le souverain qu'on allait couronner, répondait mieux au vœu du Parlement de 1861 et garantissait mieux les droits du pays que les renouvellements d'abdication et de renonciation que l'opposition voulait exiger. Elle donnait aussi d'une question délicate, où le souverain était intéressé jusque dans sa dignité personnelle, une solution qui ménageait tous les intérêts et tous les droits, et qui ne pouvait pas laisser de dangereuses rancunes '. Le couronnement s'accomplit au milieu d’une joie universelle. La présence des diplomates étrangers, celle d'une députation du Reichsrath attestaient l'importance de cet acte et le rôle nouveau que la Hongrie allait désormais jouer dans la monarchie. La réconciliation entre les Magyars et la dynastie, dix-huit ans après la déclaration d'indépendance, était complète. Une amnistie générale rouvrait les portes du pays aux victimes de l'ancien système, et le couple royal consacrait le don de joyeux avènement que, suivant l'usage. lui avait offert la représentation nationale, à des secours qui devaient être distribués aux invalides et aux familles des morts de l’armée insurrectionnelle de 1848-1849. Aucun acte ne pouvait témoigner d'une façon plus loyale et plus digne de la sincérité avec laquelle le roi acceptait l'ère nouvelle et toutes ses conséquences, montrer mieux combien il était résolu, selon ses propres expressions, à effacer € non seulement les suites des tristes événements du passé, mais aussi les souffrances qu'ils avaient

Page 1