‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 268 sur 369 · Kônyi, Dedk, V, 99-105. Lederer, Andrässy · texte numérisé non relu

Kônyi, Dedk, V, 99-105. Lederer, Andrässy

laissées ». Sa popularité s'en accrut subitement. Quelques jours après, Tisza, toujours en quête de surenchères, invita le gouvernement à présenter un projet qui accordàt des secours aux combattants de 1848-1489, à leurs veuves et à leurs orphelins, en invoquant l'exemple que venait de donner le roi. Ce serait, lui répondit Andrässy, perpétuer le souvenir de discordes civiles qu'il faut se hâter au contraire d’effacer ; ce ne serait pas imiter le roi, mais le blesser ; on pourrait croire que l'auteur dela proposition n'a eu en vue que de contrebalancer l'effet produit par la générosité du souverain et d'embarrasser le ministère ‘. Une majorité énorme ? rejeta cette motion perfide. Le parti de Deäk, encore dans tout l'éclat de son triomphe, pouvait dédaigner les attaques de l'opposition. Il avait restauré l'État hongrois; il ne lui restait plus qu'à conclure un accord définitif avec la Gisleithanie pour que la reconstruction de la monarchie fût achevée.

Beust avait eu la tâche moins facile qu'Andrässy. A la haine que lui portaient les Slaves, les Allemands n'opposaient encore qu'une demi-confiance. La chute de Belcredi les avait un peu reconciliés avec lui; mais, dualistes par nécessité, ils restaient au fond du cœur des centralistes à peine résignés, etils lui en voulaient vaguement de détruire leur ancien idéal. Il désirait avec raison constituer immédiatement, pour être dans la logique du dualisme, un ministère parlementaire cisleithan ; maïs les chefs des libéraux allemands, Herbst, Giskra, Hasner, refusèrent toutes ses oflres, soit par défiance de lui, soit pour des raisons personnelles *, soit par pudeur centraliste. Même parmi les fonctionnaires, il essuya des échecs ; car il exigeait que le projet hongrois sur les affaires communes fût adopté sans aucune modification en Autriche, et peu d'Autrichiens acceptaient cette condition humiliante et dangereuse même pour l'avenir du Compromis ‘. Beust eut alors recours à quelques fonctionnaires de couleur politique neutre. Le plus notable était le comte Taalle, compagnon d'enfance et de jeux de l'empereur, alors gouverneur de la Haute-Autriche, et qui ascepla sans doute dès lors un poste de ministre, comme douze ans plus tard il le fit encore, pour rendre un service personnel au souverain.

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