Reëi dra Riegra, IV
3. Srb, Pol. dëj., 1, 482. Rieger avait fait allusion à cette attitude au début de son discours: « Comme rapporteur de la minorité, mon rôle serait proprement de réfuter les arguments apportés par nos adversaires contre notre opinion. Mais, de ce côté, ma tâche a été rendue trop facile, car nous n’avons pas entendu même un argument contre notre opinion. Ces Messieurs pensent sans doute que, lorsqu'on a la majurité, on n’a pas besoin d'arguments; mais les convenances au moins exigeaient que, s'ils ne voulaient pas pour leur part présenter des arguments, du moins ils écoutassent les arguments qu’on leur oppose, et ne s’absentassent pas d’une façon aussi ostensible qu'ils l’ont fait hier. » Les journaux allemands cherchèrent à justifier cette attitude en disant que, puisque les députés tchèques manquaient d’égards aux Allemands en leur parlant une lingue qu'ils ne comprenaient pas — le tchèque — alors qu’eux- mêmes savaient l'allemand, les Allemands ne leur devaient pas plus d’égards. Un journal de Vienne déclara qu’à la Diète on ne devait parler qu’allemand (Srb. Pol. dëj., 1, 178 note). L'exaspération des passions nationales produite par les brusques changements de la politique gouvernementale au cours de ces sept années se manifesla plus que jamais dans cette Diète. Le gouvernement y avait contribué, en nommant un grandmaréchal incapable de prononcer une syllabe de tchèque et un vice-grandmaréchal qui ne pouvait qu’écorcher cette langue sans paraître comprendre ce qu’il disait. Les Tehèques insistant pour le respect de l'égalité des langues, il fallut faire traduire en tchèque par un fonctionnaire les énonciations du bureau, ce qui donna encore lieu à des protestations. Mais autrefois, dirent les Allemande, vous compreniez ce que le grand-maréchal Nostic disait en allemand. « Si jusqu'ici ncus n’avons pas exigé cette traduction, » répondit Zeithammer, « c'était par pure bonne volonté. Mais le temps est venu où il nous faut maintenir intégralement tout notre droit. » TouzimskŸ, Ceské stätni prävo za vlady Beustovy, Osvèta, 1887, I, 249.
grois, dit-il, va procéder à une revision des Constitutions de la monarchie et du royaume: l’une est de la compétence de la représentation de tout l'Empire, l'autre de celle de la Diète. Ce Reichsrath est issu d’une loi électorale injuste pour notre nation. Au nom de notre droit publie et de notre nationalité, dans l'intérêt de la monarchie et de la dynastie, nous protestons contre toutes ses décisions, nous les déclarons sans valeur et sans force pour le peuple bohème, et nous les combattrons avec toutes les armes du droit et de la loi. Puis les députés tchèques sortirent de la salle, et la majorité procéda à l'élection des députés au Reichsrath ‘. Les choses se passèrent de même en Moravie et en Carniole, et, grâce au jeu du système de Schmerling comme à une fournée de pairs, Beust obtint le Reichsrath qu'il lui fallait pour enregistrer le résultat de ses négociations avec la Hongrie.
Ce nouveau Reichsrath se réunit le 20 mai. Parmi les députés, 118 membres de la gauche, Allemands libéraux, Italiens de Dalmatie et Ruthènes, faisaient face à 68 opposants fédéralistes, Polonais, Croates, Slovènes et Allemands cléricaux du Tirol : les Tchèques manquaient. Herbst était le vrai chef des libéraux ; il disposait sans réserve des quarante députés de la Bohême *. II s'était résigné au dualisme *, à la condition que le centralisme restàt intact en Cisleithanie et que la victoire de la Constitution hongroise profitàt à l’autrichienne. La plus grande partie des députés allemands adopteraient ce programme par intérêt national, par sentiment anticlérical, et aussi parce que les intérêts commerciaux et industriels qu'ils représentaient exigeaient le maintien de l’union douanière et économique avec la Hongrie, la meilleure cliente de l'Autriche. Les centralistes obstinés étaient peu nombreux parmi les députés, plus à la Chambre des seigneurs, où l'ancienne bureaucratie était si fortement représentée. Mais, là aussi, la résignation au dualisme l’emportait déjà visiblement. Carlos Auersperg, nommé président par l'empereur, et pourtant l’un des adeptes les plus convaincus de la doctrine centraliste de Schmering, exprima dans son discours d'ouverture le souhait que l'avenir adoucit «la douleur du patriote autrichien contraint désormais d'avoir un cœur partagé ».