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Tant qu'il s'était agi de l'accord politique avec la Hongrie, c’étaient, du côté autrichien, les intérêts dynastiques qui avaient été au premier plan; désormais, dans la discussion des accords économiques, c'étaient les intérêts des peuples. Ils allaient apercevoir la répercussion de la nouvelle organisation politique sur toute la vie économique et financière de l'Autriche, sur leur commerce, sur leurs impôts. Des solutions qui allaient être adoptées dépendait en grande partie l'avenir, la solidité du nouveau régime. La question de la Dette avait été en 1848 la première source de conflits entre les deux États de la monarchie. Si, sur ce point si important, nous laissons, disait Trefort, un des spécialistes hongrois en matière économique, subsister des difficultés entre le roi de Hongrie et l'empereur d'Autriche, nous en revenons à la situation de 1848 ‘. Ces arrangements matériels touchaient encore par un autre côté à la politique. La monarchie autrichienne, depuis des siècles, vivait de crédit. Une grande partie de sa Dette était placée à l’extérieur. L'étranger ainsi était directement intéressé à la solution de ces questions. La Hongrie, mûrie par l'expérience, ne voulait pas recommencer sa faute de 1848. Deäk avait indiqué dans son adresse de 1861 la solution mixte, qui respectait le droit sans blesser l’équité. En droit, les dettes contractées par l’absolutisme ne lient pas le pays ; mais, pour des raisons d'équité, il est disposé à en assumer une part proportionnée à ses forces et à l'utilité qu’elles ont eue pour lui. Ce fut, il le remarquait luimême, la seule de ses aflirmations qui ne rencontra aucune contradiction. Cinq ans de réflexion n'avaient pas modifié les dispositions du pays, bien au contraire; Tisza et Ghyezy, dans les contreprojets qu'ils avaient soumis aux Quinze et aux Soixante-sept, acceptaient toutes les idées de la majorité sur la contribution de la Hongrie à la Dette, l’union commerciale et douanière, le partage des dépenses afférentes aux affaires communes suivant des quotes-parts; ils proposaient seulement d'autres modes de procéder, qu'ils jugeaient propres à préserver et à bien marquer aux yeux de l'étranger l'indépendance de la Hongrie. Leurs projets d'accords économiques étaient aussi illogiques que leurs projets d'accords politiques. On nous parle, disait Kautz*, un des économistes de la majorité, de nous entendre avec les autres États de Sa Majesté sur la Dette, et en mème temps on veut que la Hongrie fixe à elle seule la charge qu’elle assumera; la con-