CR. St., 4 juin
2. Meyer, Erlebnisse, II, 93. Kônyi, Dedk, V, 223 (journal de Lonyay).
4, à fe L'ÉLABORATION DU COMPROMIS 483
chercha, fidèle à son habitude, à rejeter sur d’autres la responsabilité ; la bataille était perdue lorsqu'il fut appelé au commandement, la Constitution hongroise aux trois quarts restaurée, et il n'y avait plus qu'à accepter dans les questions économiques aussi les conséquences de cette situation ‘. L'excuse ne vaut pas grand chose, puisque Beust ne chercha même pas à négocier, qu'il accorda à la Hongrie, sans aucun effort, aucune tentative de compensation, la nomination du ministère, et rendit ainsi sa position imprenable. L'Autriche, n'ayant plus le choix qu'entre la soumission à la Hongrie et une crise économique générale avec une banqueroute certaine, se trouvait mise par la négligence ou Le calcul peut-être des ministres impériaux chargés de la représenter, à la merci de la Hongrie; c'était pour elle la «carte forcée » *, dont les députés se plaignirent si vivement lorsqu'ils furent appelés à enregistrer les conséquences de la situation créée par la suflisance et la légèreté de Beust *.
La parité aurait dû, semble-t-il, entraîner comme conséquence logique le partage par moitié des frais du dualisme ; les deux États, contractant à titre égal, auraient dû contribuer dans les mêmes proportions aux dépenses communes de leur union. Mais ce n’est pas ainsi que les Hongrois l’entendaient, et, ce qui est plus curieux, même l'immense majorité des Autrichiens acceptait que le partage fût inégal, et leur moitié de la monarchie plus chargée que l’autre. Cette singularité s'explique par l’état d'esprit des deux contractants. Les Hongrois n'avaient jamais songé qu'à la Hongrie ; ils ne considéraient la monarchie que du point de vue de la Hongrie; elle assurait, et elle seule pouvait assurer à la Hongrie les moyens de jouer un rôle dans la politique européenne, d’être un grand État ; c’est pour cela qu’ils voulaient qu’elle vécût : mais les sacrifices qu'ils lui consentaient trouvaient leur limite rigoureuse dans l'intérêt hongrois. En Autriche, au contraire, — non pas seulement chez les Allemands, mais aussi chez les Slaves — il subsistait comme une sorte d'attachement sentimental à l'ancienne