‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 283 sur 369 · Neue Gesetzgeb., 1, 580-1 (Kaiserfeld · texte numérisé non relu

Neue Gesetzgeb., 1, 580-1 (Kaiserfeld

k. Beer, Finanzen, 349-69. — Parmi ces fautes de détail, il faut faire une place spéciale à celle qui fut commise au sujet de la Banque. Dans l’état des finances autrichiennes, c'était une question capitale. Beust et Becke se contentèrent d’une promesse de Lônyay de respecter les privilèges de la Banque jusqu’à ce que la question eût été réglée par traité — et il n’en fut plus parlé au cours des négociations du Compromis.

L'ÉLABORATION DU COMPROMIS 487 attenter à ce qu’elle déclarait être le droit des Diètes. Elle renversa même la présomption de compétence établie en 1861 au profit du Reichsrath. et, énumérant limitativement ses attributions, elle restaura en faveur des Diètes la présomption contraire du Diplôme ; c'était une avance non seulement aux Polonais, qui prenaient part à la discussion, mais aux Tehèques retirés dans la passivité. D'assez larges concessions furent, à la demande des Polonais et contre la résistance de la Chambre des seigneurs, faites aux Diètes dans le domaine de l'instruction publique. Malgré les manœuvres, les protestations et les injures de la minorité ultracentraliste !, les dispositions conciliantes dominaient dans l’Assemblée, non seulement vis-à-vis de la Hongrie, mais même, quoique plus timides, vis-à-vis des nationalités slaves. Il ne manquait aux députés que de voir la cause du malaise constitutionnel dont souffrait l'Autriche, ou d'oser la dénoncer. C'était les lois électorales de Schmerling. Elles avaient fait la faiblesse du Parlement autrichien contre la cour et contre la Hongrie ; restreintes à la Cisleithanie, elles ne devenaient pas meilleures; elles continuaient à empêcher la Constitution de prendre racine dans le peuple, le Parlement, dont.elles viciaient l’origine, de devenir une force en face de l'empereur. Elles avaient leur grande part de responsabilité dans l'échec de l'unité constitutionnelle ; elles allaient l'avoir non moins grande dans l'évolution qui devait détraquer et disloquer le dualisme. Tant qu'elles subsistaient, un régime vraiment libéral et constitutionnel était impossible en Autriche. Schmerling avait créé une pseudo-majorité, mais il n'avait voulu faire avec elle qu'un pseudo-constitutionnalisme; les parlementaires de 1867 crurent pouvoir mettre en harmonie avec une pseudo-majorité un véritable constitutionnalisme *. Il ne fallut pas longtemps pour faire éclater leur erreur.

La revision libérale de la Constitution de 1861 était le prix dont le Reichsrath se faisait payer l’acceptation du Compromis. Quelque pénible que fût aux libéraux allemands le sacrifice de leur ancienne idée de l'Autriche, de « l'idée d'Etat qui a élevé l'Autriche, petite marche frontière entre l'Erlaf et la Leitha, au grand empire de l'Elbe à l’Adriatique », si profondément qu'ils

1. Hanisch, un des députés de la Bohème le plus enragés en faveur du centralisme, ne se lassait pas de répéter que les Magyars étaient des barbares, leur langue une langue de barbares, que le régime nouveau jetterait en proie à la barbarie ceux dont la mission historique était d'apporter à cette barbarie même la culture allemande, Neue Geselzgebung, 1, 588, 589, 591.

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