Fischhof, Oest. u. die Bürgschaften
déplorassent « le grand malheur du dualisme » ‘, les événements leur avaient prouvé qu'entre l'idée centraliste et le constitutionnalisme, il y avait incompatibilité. La Constitution autrichienne n'avait pas pu triompher de la Constitution hongroise. Les Hibéraax espéraient maintenant qu'elle pourrait s'appuyer sur elle, limiter en tout, devenir aussi large, aussi libérale, aussi sûre, aussi solide qu'elle. Aux centralistes, à Skene notamment, qui reprochait au projet de Compromis d'enlever au Reichsrath la plus forte garantie du constitutionnalisme, le vote des budgets les plus importants pour le gouvernement, et qui déclarait préférer au dualisme l'union personnelle ?, Berger répondait: «€ L'union personnelle, ce n’est pas autre chose que la bouderie du centralisme qui a échoué: ce n’est pas en boudant, par le désespoir, avec de l'acide prussique, que l'on fait de bonne politique... Etablissez aujourd’hui l'union personnelle, et en face du roi de Hongrie il n'y aura plus d’empereur d'Autriche — peut-être un archiduc d’Autriche, peut-être un roi de Bohème, peut-être un comte de Tirol, mais plus d'empereur d'Autriche. Seule la masse compacte de la moitié occidentale de l’État peut, par sa compacité même, offrir le contrepoids nécessaire à la moitié orientale compacte. Établissez l'union personnelle sans affaires communes — et c’est la définition de l'union personnelle — la moitié occidentale de l'Empire se décompose en ses atomes, les forces centrifuges y dominent ; et c'est pourquoi je vois dans l'union le début de la décomposition de l'Empire... Je vois aussi dans le dualisme une garantie de liberté et dans le centralisme précisément le plus grand ennemi de la liberté. La centralisation nous a démontré qu'elle ne peut en Autriche qu'être absolutiste ou pseudo-constitutionnelle. Mais le dualisme prouvera qu'on ne peut pas détruire deux régimes constitutionnels dualistes, tourner deux Constitutions à l’absolutisme, en supprimer l'appareil, le cercle d'action, les fonctions. Il ne reviendra plus, le vieux temps où l'on était au-delà de la Leitha constitutionnel tant bien que mal, alors que de ce côté-ci on pouvait sans gêne être absolu... Je vois dans le dualisme une garantie de liberté : chacune des moitiés de l'empire garantira le constitutionnalisme de l’autre *. » Et Kaiserfeld lançait aux centralistes impénitents l'apostrophe : «Si fractas illabatur orbis, impavidum ferient ruinae — ce n’est pas une devise d'homme d'État ‘.»