R. St., 3 juin 1867 (Sturm
nouvelles, et on peut en éroire Beust, bien qu’il aime d’ordinaire se vanter, lorsqu'il raconte qu'il lui fallut pas mal d’efforts pour en obtenir la sanction ‘. Elle fut donnée enfin, à toutes les lois, le même jour, le 21 décembre 1867. Le dernier obstacle qui s’opposait encore à la formation d’un ministère parlementaire en Autriche avait ainsi disparu. Tandis que Beust, Becke et John devenaient ministres communs des affaires étrangères, des finances et de la guerre, le ministère cisleithan était constitué, sous la présidence du prince Carlos Auersperg, avec les principaux chefs du parti libéral allemand : Giskra à l’intérieur, Herbst à la justice, Hasner aux cultes et à l'instruction, Brestel aux finances, Berger sans portefeuille. Ces cinq ministres donnaient au cabinet son caractère propre: ils lui valurent le nom sous lequel il est connu dans l’histoire de l'Autriche ; le ministère des roturiers *. Giskra et Brestel avaient déjà joué un rôle dans les Parlements de 1848, l’un à Francfort, l’autre à Vienne, et s'étaient désignés par là aux foudres de l’absolutisme, qui avait entravé leur carrière *. Herbst et Hasner, sans titres si lointains, avaient joué un grand rôle sous Schmerling. Leur collègue du commerce, Plener, était l'ancien ministre des finances de Schmerling. En dehors du président du conseil, «le premier gentilhomme de l'Empire ». deux ministres seulement représentaient la classe qui jusqu'alors avait été par droit de naissance en possession du gouvernement de la monarchie, et avec laquelle l'empereur avait coutume de traiter les affaires publiques : les comtes Potocki et Taaffe. Potocki, l’un des plus riches magnats polonais, avait reçu le portefeuille de l’agriculture pour représenter la Galicie dans le cabinet ; mais, en