‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 317 sur 369 · Kônyi, Dedk, VI · texte numérisé non relu

Kônyi, Dedk, VI

parle pas seulement, mais qu'elle pense et sente en hongrois ‘. Sans doute, ce n'est pas ce que voulait la loi des nationalités ; mais la loi des nationalités — dit-on — n'exprime pas la libre volonté du peuple magyar; dans la situation délicate des premiers temps du Compromis, la Hongrie était obligée de s'imposer nombre de restrictions, pour ne pas grossir ses difficultés. D'ailleurs, le principe fondamental de la loi est l'unité politique de la nation hongroise ; et, évidemment, ce principe fondamental prime et invalide toutes les dispositions de détail qui lui sont contraires. La loi était inexécutable par sa rédaction même; et, d’ailleurs, elle était contraire à l'intérêt vital du peuple magyar. Il faut que la «consolidation nationale» soit complète pour qu'aucune crise ne puisse plus la mettre en question. Les Hongrois ne sont pas maitres de leur ambition: elle leur est impérieusement dictée par la nature. Pour être, il leur faut régner sur tout le territoire hongrois. S'ils réduisaient leur vue du monde à l'Alfôld et au pays situé au delà du Danube, ils pourraient vivre un certain temps encore comme groupe ethnique; mais, comme nation, leur existence serait finie. C’est donc une nécessité impérieuse pour eux d'achever la transformation de l’ancien État Ghistorique » en un État «national » ?. — «Les Hongrois », a écrit Laveleye, « n’aperçoivent guère que ce qui est conforme à leurs désirs; pour ce qui les contrarie, ils sont aveugles *. » Il faut songer à ce trait du caractère national pour comprendre les arguments nouveaux dont s'appuie la politique

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