Schulthess, Europ. Geschichtskal
2. Brote. — L’argumentation résumée dans le texte est celle que donne Beksics. Die rum. Frage, 51 (citation d’un discours de Beksics), dans 4 mag. nemz. tort. X, 6715, 825. — Elle emprunte sa valeur au fait que l’auteur, fonctionnaire et directeur d’un journal officieux, confident de Tisza aussi, peut être considéré comme initié au sens de la politique de magyarisation, — Les arguments qu’il donne contre la loi des nationalités font songer à ceux qu’invoquaient contre les lois de 1848 les défenseurs du point de vue autrichien, de Bach (en septembre 1848) jusqu’à Lustkandi : absence de consentement libre, manque de titre pour engager l’avenir, tout y est. ;
3. Revue des Deux Mondes, 1% juin 1866, p. 526. — Un exemple curieux et typique de la vérité de cette observation est fourni par un débat à la délégation hongroise (22 février 1904). M. Ugron, chef de l’extrème gauche ultra-nationale, qui réclame le commandement en magyar dans les troupes hongroises, insistait sur l’irrésistibilité de l'idée nationale : c’est elle qui a fait de la Roumanie et de la Bulgarie des États indépendants, de l'Allemagne un empire universel. « Parce qu'il y a 54 millions d’Allemands, » interrompt un délégué. CIL y a aussi 20 millions de Hongrois, et cela suffit », répond M. Ugron. Que, sur ces 20 millions, 10 au moins soient indifférents, sinon hostiles à l’idée nationale hongroise, il ne le voit pas, parce que cela le « Contrarie ». Zeit, 24 février 1903, soir, p. 3.
de la magyarisation. La loi des nationalités, dit-on aujourd’hui, a sacrifié avec une incroyable légèreté l'intérêt de la langue d'État une ; déjà la prescription que les autorités doivent, dans leurs rapports avec les parties, employer la langue de celles-ci, est diflicile à observer, «et on peut se demander s’il ne serait pas plus juste, puisque l'État donne dans la plus large mesure à tous les moyens d'apprendre la langue de l’État, d'exiger que les citoyens emploient dans leurs rapports avec les autorités uniquement la langue officielle de l'État ‘. » Autant dire — ce qui serait singulier dans un État constitutionnel — que les citoyens sont là pour la commodité des fonctionnaires, au lieu que ce soit le contraire. La contradiction, ou, si l’on veut, la saute de logique ne serait pas plus forte que de conclure de l'unité politique de la nation à la nécessité de l'unité linguistique. Le principe de l'unité politique et de la langue d’État avait été, paraît-il, souligné avec autant de rigueur dans la loi des nationalités sur les instances de Tisza ; Deäk s'était sagement limité dans les conséquences qu'il en tirait ; mais, par ce principe, d’autres, plus radicaux que lui, allaient pouvoir justifier, en apparence, une politique toute différente.
Ce furent, ces autres, Tisza et ses amis de l’ancien centre gauche. Ils représentaient par excellence les idées du chauvinisme magyar, du terroir, qui se tempéraient chez les deäkistes de culture européenne, chez les kossuthiens de velléités révolutionnaires et cosmopolites. Leur opposition aux déâkistes les avait contraints à chercher pour réussir les programmes facilement populaires : où en auraient-ils trouvé de plus favorables qu’un programme national ? Lorsque, par la fusion de 1875, le parti de Deäk et le groupe de Tisza réunis eurent formé le parti libéral, et lorsque Tisza fut devenu chef de gouvernement, la magyarisation devint un des buts essentiels de sa politique, Dans la législation, dans l'administration, dans la justice, on la voit tracer ses cercles concentriques. L'instruction est naturellement son champ principal. La loi des nationalités a déjà attribué à la langue magyare exclusivement l'enseignement supérieur ; mais elle laissait aux nationalités un assez vaste terrain dans l'instruction secondaire et primaire, où les Églises surtout pouvaient fonder ou entretenir des institutions autonomes. Dans la première, une loi de 1883, dans l’autre une loi de 18739 cherchèrent à assurer l'influence dominante de l’État, en magyarisant le per-