‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 321 sur 369 · Tb · texte numérisé non relu

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au roi memoranda ou protestations ; comme l’a dit un président du conseil en semblable occurrence, « le roi ne fait pas de politique, c'est le ministre qui la fait ». On s'est, pour ne pas s'être placés à ce point de vue, beaucoup indigné, en dehors des cercles magyars, de voir que François-Joseph avait refusé, en 1892, de recevoir la députation roumaine porteuse du célèbre Memorandum, et l'avait fait renvoyer à son président du conseil. Mais pouvait-il faire autrement sans manquer à son devoir de monarque constitutionnel, el sans déchaîner une grave crise politique ? Le Memorandum attaquait non seulement le gouvernement hongrois et sa politique, mais les lois mêmes et la Constitution, en particulier la loi d'union avec la Hongrie : était-ce le rôle du roi qui règne en vertu de ces lois et de cette Constitution, qui gouverne par ce ministère, d'accepter un pareil document, et de paraître ainsi, ne fût-ce qu'un moment, l’approuver ? Rien ne démontre que François-Joseph ait de grandes sympathies pour la politique de magyarisation : mais, tant que le pays légal l’approuve, que peut-il faire d'autre que de l’adoucir peut-être un peu par son influence personnelle sur les ministres ? Agir autrement, se mettre en opposition ouverte avec la majorité parlementaire en Hongrie, ce serait rouvrir l'ère de la politique personnelle et absolue, l'ère des crises, dont le souverain a eu assez de peine à sortir en 1867. On dira que l'intérêt de la justice l'exige ; mais François-Joseph serait excusable de penser que l'intérêt de sa maison et de ses États l’interdit. Ainsi, par prudence politique et par respect du principe constitutionnel, la couronne se trouve du côté des Magyars contre les nationalités ; et comme son opposition seule pourrait mettre en péril la politique magyare (car les nationalités n’ont jamais rien pu en Hongrie qu'avec l'appui de la dynastie), son consentement donne aux Magyars la force qu'ils ne trouveraient pas suflisante en eux-mêmes pour orienter vers leur idéal d’une Hongrie souveraine, indépendante. constitutionnelle et nationale, la politique de l'État hongrois.

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