‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 323 sur 369 · Gümôüry, !, c · texte numérisé non relu

Gümôüry, !, c

teurs incertains n'ont pas voté, et il a pu aussi plus d'une fois. dit-on, grâce à la disposition qui établit l'élection par acclamation lorsqu'aucun concurrent n’a été proposé pendant la première demiheure, escamoter des sièges au profit du parti qu'il favorise ",

Les nationalités finirent par s'abstenir presque entièrement de voter; en 1887, un seul député roumain avait pu être élu, qui refusa également d'occuper son siège et de résigner son mandat ?. Ce n’est qu'aux dernières élections, en 1901, qu une poignée de députés des nationalités, slovaques surtout, à fait sa réapparition au Parlement hongrois. Les partis d'opposition magyars éprouvaient tous aussi les inconvénients de cerégime: les radicaux kossuthistes, les nationaux plus modérés du comte Apponyi, les catholiques du parti populaire. Non seulement les diverses finesses du système provoquaient leurs plaintes, mais le terrorisme véritable qui avait fini par s'établir, Les troubles électoraux sont classiques en Hongrie : les gourdins et autres armes plus dangereuses jouent souvent un rôle dans le vote, surtout avec un système qui groupe dans une seule ville, et dans des emplacements souvent étroits, tous les électeurs d’une circonscription. Il ne coulait pas seulement du vin, mais du sang. Les élections générales d'octobre 1896, où le parti catholique populaire entra pour la première fois vraiment en lutte, furent marquées par un ensemble de manœuvreset de violences particulièrement éclatant ; il y eut 32 morts et 70 blessés ; mais le gain net de la majorité gouvernementale dépassa Go sièges, sans que probablement il y eût eu un véritable changement dans l’état d'esprit du pays. C'est sous l'impression de ces scandales que fut votée en 1899 la loi nouvelle destinée à assurer la liberté

1. Brote. Die rum. Frage. 77. — Un cas typique est l'élection de Jaszherény, en 1901. Jaszberény est la circonscription du comte Albert Apponyi, qui y jouit d’une popularité considérable ; en revanche, il était détesté de tous les ministères libéraux jusqu'au ministère Széll (1849). Sous le ministère précédent (Bäanfy). les listes électorales furent soigneusement arrangées en vue d'assurer son échec. Tous les « trucs » que permet la législation furent employés: le scrulin dura trente heures pour 2.000 électeurs (à Budapest dix heures pour 10.000), et lorsque la manœuvre eut échoué, le président du bureau refusa de proclamer le comte Apponyi élu. Le piquant de la chose est que cet assaut, le plus violent donné au comte Apponyi, a eu lieu après qu’il était entré dans la majorité et après le vote des lois sur la pureté des élections. — Zeit, XXIX, 21. — Kälal, O maddrisaci Slovenskha, Osvèta, 4898, II, 673-7, présente un tableau des élections en Slovaquie qu’on inclinerait à croire chargé, si l’on n'avait, par les documents qui viennent d’être cités, la preuve que les choses ne se passent pas autrement dans des circonscriptions roumaines et mème magyares.

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