Brote, Die rum. Frage
572 LE coMPROoMIS (1865-1867)
et la sincérité du vote. Bien qu’elle ait été loyalement appliquée par le gouvernement de M. de Széll, les élections générales de 1901 présentèrent encore, en tout, sept morts et dix-sept blessés ?. C'était cependant un grand progrès. Elles modifièrent la force respective des partis, d’une façon plus conforme à l'opinion exacte du pays, et rouvrirent ou plutôt entrebâillèrent à nouveau aux députés des nationalités la porte du Parlement hongrois. Une réforme plus radicale est à l’ordre du jour, réclamée depuis longtemps par les partis magyars d'opposition, qui comptent qu’elle leur serait très favorable. Elle se justifierait de plus d’une manière. Le nombre des électeurs va en diminuant sans cesse : ils étaient 824.000 en 1879 et 871.000 en 1899: si l’on tient compte de l'accroissement de la populat'on durant cette période, la proportion s’est abaissée de 6 à 5.250, Un quart des électeurs dépendent directement du gouvernement comme fonctionnaires ou employés de l'État. Un député radical, en 1902, demandait une réforme totale, avec suffrage universel, scrutin secret et vote à la commune. Le premier ministre, M. de Széll. se montra favorable à une réforme, mais en excluant d’avance le suffrage universel, qui mettrait en danger l'hégémonie magyare. Le président du conseil actuel, le comte Tisza, pour désarmer l’obstruction, a dû, en octobre 1903, promettre l'ouverture d’une enquête sur la réforme électorale. Il n’est pas probable qu’elle aboutisse à des résultats qui modifient beaucoup l’aspect national du Parlement hongrois : il restera sans doute encore longtemps un Parlement presque exclusivement magyar et où, en tous cas. les partis magyars seuls sont de véritables facteurs politiques.
Ces partis se groupent sur des programmes non pas politiques mais constitutionnels et diffèrent spécialement par leur conception des rapports de la Hongrie avec l'Autriche. Ce trait s'explique par l'histoire. [n’y a pas quarante ans que la lutte contre l'Autriche pour l'existence nationale a cessé d’être le motif dominant de la politique hongroise, pas trente ans que la Hongrie est entiérement rassurée sur la solidité de ses conquêtes de 1867. La classe politique en Hongrie. la moyenne noblesse. est par tradition et par éducation une classe de juristes. habituée aux distinctions subtiles et aux raflinements d’argumentation:; les mœurs, les goûts. les habitudes, les relations sociales unissent le personnel politique magyar ; l'interprétation de l'histoire et des lois presque seule le divise. On ne peut donc pas classer les partis en Hongrie d’après leur plus ou