‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 328 sur 369 · Brote, Die rum. Frage · texte numérisé non relu

Brote, Die rum. Frage

orthodoxe. Toutes les fois que la majorité gouvernementale s’est trouvée épuisée, soit par une œuvre trop grande, soit au contraire par une série de fautes, au lieu de céder une place que nul autre parti n'était à même de prendre, elle s'est refaite en absorbant des éléments nouveaux, en rajeunissant son personnel, et parfois aussi en changeant sa politique. Le parti libéral étant, dans la Hongrie dualiste, le seul parti de gouvernement possible, tout homme politique qui avait l'ambition de faire œuvre non pas seulement de critique, mais de création, d'appliquer un programme et des doctrines, était comme amené nécessairement à y entrer ; ainsi s'expliquent la fusion de 1875 entre les deäkistes et le centre gauche, l'entrée de Szilägyi dans le parti libéral en 1889, la fusion de 1899 avec le parti national. La première eut le moins de résultats politiques, mais, par contre, le plus de résultats personnels ; en quelques années, la clientèle personnelle de Tisza prit la place des deäkistes, et la sage politique hongroise de Deäk devint avec Tisza la politique de la gentry magyare. Szilâgyi ramena dans le parti libéral un peu de l'esprit deäkiste ; ce fut lui en particulier qui entraina ses collègues hésitants dans la voie de la nouvelle législation religieuse, inspirée des idées formulées par Deäk '. De la troisième fusion, enfin, sont sorties les lois électorales nouvelles, qui ont purifié, en partie au moins, le Parlement, en empêchant les élections à prix d'argent et l'exploitation des mandats commesource de bénéfices pécuniaires. Surtout, les fusions ont radicalisé le parti libéral au point de vue national. C’est là que son évolution est le plus sensible, depuis Deäk et Andrässy, qui, si énergiques qu'ils fussent dans la défense de l’État hongrois, laissaient aux institutions communes un caractère commun, jusqu'aux auteurs du dernier programme militaire du parti libéral, du comte Apponyi, qui en fut l’inspirateur, à M. de Széll, qui s’en fit le parrain devant le Parlement, et au comte Tisza, qui, après avoir longtemps résisté, y souscrivit en son entier, Ce programme *, tout en respectant la communauté actuelle de l'armée, a pour but déclaré d'y fortifier l'influence hongroise selon le principe de la parité, et spécialement de donner aux troupes hongroises de plus en plus le caractère que leur assigne le texte mème du Compromis, € armée hongroise comme partie intégrante de l’armée commune », et non plus seulement régiments hongrois de l'armée commune. Dans cette vue, il insiste sur l'obligation légale de n'employer dans les troupes

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