Zeit, XVIII
rifiques. Même, les puristes du droit constitutionnel y trouvent à -reprendre, leur reprochent de fortifier en réalité la communauté ‘. La seconde série, au contraire, est faite de réformes à la fois plus pratiques et radicales. Sous le ministère du baron Bänffy, les rangs du corps d'ofliciers de l’armée commune s'ouvrent à des élèves de l’école militaire de l’armée territoriale hongroise *; ainsi pénétrera dans ce corps un peu d'esprit hongrois. Des résultats de la dernière campagne d'obstruction, certains sont déjà acquis, certains autres ne seront présentés au Parlement que plus tard. La restriction de la compétence du ministre commun de la guerre au profit du ministre hongrois de la défense nationale, l'extension des droits de la langue hongroise dans la justice et l’administration militaires, la mise à exécution méthodique d’un plan destiné à fournir à l’armée le nombre d'ofliciers hongrois nécessaire pour que les troupes hongroises soient commandées uniquement par des ofliciers hongrois, et à assurer en même temps à la langue hongroise une place importante dans l'enseignement des écoles militaires communes situées sur le territoire hongrois, forment un ensemble de succès positifs qui dépassent de beaucoup tous ceux que la Hongrie avait remportés jusqu'ici. L'établissement d'un tribunal hongrois du grand maréchal de la cour *, qui prendra pour la Hongrie la place du tribunal du grand maréchal siégeant à Vienne, est une victoire de moindre portée sans doute, mais d'un grand effet cependant ; c'est une reconnaissance nouvelle, dans le domaine de la cour, des principes de la parité et de la souveraineté de la Hongrie. L'amour-propre hongrois aurait préféré voir ces concessions faites spontanément au lieu d'être arrachées. IL aurait voulu, au lieu d'une pure et simple encore qu'entière correction constitutionnelle, voir dans la dynastie du sentiment national, et une pénétration de l'esprit hongrois *. Il serait diflicile cependant s'il ne constatait pas avec satisfaction le chemin fait par la dynastie elle-même depuis le Compromis, s'il ue comparait pas à l'ordre du jour de Chlopy (sept. 1903), où le monarque aflirmait à l'armée sa ferme résolution de la conserver commune et une, les concessions militaires de février et mars 1904, et s'il ne considérait pas avec orgueil la distance qui sépare la situation de la Hongrie en 1867 de celle qu'elle a conquise aujourd'hui.