‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 337 sur 369 · XII : 1867, S8 5 et · texte numérisé non relu

XII : 1867, S8 5 et

L'AUTRICHE-HONGRIE Gor

nistration des consulats, avec les deux ministres du commerce. Ceux-ci ont le droit de correspondre directement avec les consulats, qui doivent leur répondre. — Le ministre de la guerre dirige l'administration de l’armée et de la marine communes. Il n’a pas d'action sur les deux armées territoriales ‘. Les lois militaires sont du ressort des deux ministères de la défense nationale : le ministre de la guerre intervient dans leur préparation pour indiquer les besoins de l’armée commune, qu'il représente, mais il n'a pas de rôle actif et direct à jouer en cette question. — Le ministre commun des finances n’a guère comme tel qu'un emploi de caissier et, parfois, d’intermédiaire entre les deux ministres des finances des deux pays : il prépare, avec leur concours, le budget commun. En 1859. comme il était celui des ministres communs qui avait le plus de loisirs, on lui a remis, sous la surveillance du conseil commun, l'administration des provinces turques dont le congrès de Berlin a confié l'occupation à la monarchie : c'est devenu l'essentiel de sa tâche, etil est en réalité, aujourd'hui, avant tout ministre pour la Bosnie et l’Herzégovine *. — Les mi-

1. Il y a, en Autriche-Hongrie. trois armées : l’armée commune, l’armée territoriale autrichienne (Landwehr), l’armée territoriale hongroise (Honvéd). La première est une armée complète, avec armes spéciales, trois classes actives, sept classes de réserve ; la seconde et la troisième n’ont que de l'infanterie et de la cavalerie. deux classes actives et dix classes de réserve ( dont les deux dernières comprennent aussi les anciens réservistes de l’armée). Sur un contingent moven de 180.000 hommes, l’armée en prend 103.0M. l’armée territoriale autrichienne (en service actif). 10.400, l’armée territoriale hongroise {dans les mêmes conditions) 12.500. L'armée commune comprend 110 régiments ct 26 bataillons d'infanterie : 42 régiments de cavalerie : 56 régiments et 20 batteries d'artillerie de campagne. 6 régiments et 3 bataillons d'artillerie de forteresse, 15 bataillons du génie, 4 régiment de chemins de fer. L'armée territoriale autrichienne, 26 régiments d'infanterie, 6 régiments et 3 escadrons de cavalerie, L'armée territoriale hongroise. 28 régiments d'infanterie et 10 de cavalerie. — L'unité de ces trois armées est assurée par l'unité du commandement suprême (l'empereur et roi) rt de lPétatmajor général (état-major de l’armée et corps des généraux): les corps d'officiers sont distincts. Le commandement se donne en allemand, sauf dans l’armée territoriale hongroise, où il est magvar (croate pour les régiments croates). — Toute cette complication d'organisation vient uniquement de ce que les Hongrois, en 1867 et 4868, obligés de consentir à l’unité de l’armée, ne voulurent pas cependant renoncer entièrement au droit du pays d’avoir une armée nationale. De là. la création de l’armée territoriale hongroise, et — par parallélisme, par symétrie — d’une armée territoriale autrichienne, qui. elle, n’a aucune raison propre d'exister.

2, On n'a jamais demandé au ministre commun des finances d’être un finincier. Depuis 4882, on lui demande, par contre. d’être un spécialiste en questions d'Orient : M. de Källay a créé la tradition en ce sens,

nistres communs ne peuvent pas être en même temps ministres de l’un des deux États. L'empereur et roi les nomme et les révoque. Ils sont individuellement et solidairement responsables de leurs actes devant les Délégations, qui peuvent les renvoyer devant une haute cour spéciale, formée par moitié de citoyens autrichiens et hongrois. — La loi hongroise leur interdit expressément d’'exercer aucune influence sur les affaires particulières des deux États ; par contre, ils sont soumis à l'influence des ministères hongrois et autrichien : les deux ministres de la défense nationale et les deux ministres des finances exercent dans les affaires communes une action qui n'est pas prévue par un texte légal, mais qui dérive de la nature même des choses ; l'ingérence des deux ministres du commerce est consacrée expressément par la loi ; celle des deux présidents du conseil résulte à la fois des dispositions légales et de la logique de l’organisation de la monarchie. Ce sont eux, en pratique, qui exercent sur la politique générale de la monarchie l'influence que la loi du Compromis attribue aux deux ministères : «le président du conseil hongrois », a-t-on dit avec raison, «est en même temps le ministre des affaires étrangères du pays ‘. » C'est pourquoi le conseil des ministres communs comprend, en fait sinon en droit, cinq membres au moins: les trois ministres communs et les deux présidents du conseil ; et souvent il est renforcé par l’adjonction de deux ministres spécialistes, le plus souvent les ministres des finances. — Les noms et les titres ne doivent pas faire illusion ; bien que la monarchie soit regardée au dehors comme supérieure aux deux États, bien que lee ministres qui la représentent tout entière semblent remplir un oflice plus haut, exercer un pouvoir plus grand que ceux qui ne représentent qu'une de ses moitiés, bien qu'il paraisse plus relevé d’être ministre austro-hongrois, ministre commun, ou, comme dit le terme allemand — contre lequel les Hongrois ont toujours protesté — « ministre d'Empire », que ministre autrichien ou hongrois, le ministère commun occupe en réalité une position qui, en droit. n’est pas supérieure, et, en fait, est inférieure à celle des deux ministères d'État * ; toute la logique du Compromis exige qu'il en soit ainsi. L'institution d'un contrôle parlementaire sur les ministres char-

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