‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 340 sur 369 · Cité dans Kmety, A0zj0g · texte numérisé non relu

Cité dans Kmety, A0zj0g

auraient été permanents, et le fonctionnement du ministère commun serait devenu pratiquement impossible. En cas de crise grave, devant une menace de guerrre, par exemple, si le ministère avait dû s'adresser aux deux Parlements pour obtenir des crédits militaires, « n’aurait-il pas été vraisemblable qu'on eût vu l'ennemi participer à la fin de ces négociations ? » Ce fut lui qui trouva la solution moyenne, celle des Délégations ; il la trouva presque subitement ‘, et sans être influencé, semble-t-il, par des précédents qui existaient tout au moins sur le papier *. Elle lui semblait la seule propre à concilier sous la forme constitutionnelle l'existence d’un ministère commun avec le principe de l'indépendance de la Hongrie. Il faut un ministre des affaires étrangères, et il en faut un seul. S'il n’y en avait pas, ce serait l’absolutisme ; s’il yen avait deux, ou ils feraient double emploi, ou ils s'annuleraient l’un l’autre. Puisqu’il en faut un, il faut des Délégations, pour qu'il soit responsable devant elles, ne pouvant pas l'être devant les deux Parlements et leurs quatre Chambres. Ces Délégations sont « des commissions internationales qui, sur la base de la parité, décident dans les affaires communes, et dans elles seules, et donnent à la nation bien plus de garanties que n’en présenterait le traitement des affaires par voie diplomatique ou par la voie des ministères * ».

Commissions internationales, ces deux mots définissent à merveille la nature des Délégations. Elles sont internationales, c'est-à-dire qu'elles ne forment pas un organe commun ; elles sont «les Délégations », deux corps indépendants, l'un autrichien, l’autre hongrois, qui peuvent se réunir dans un seul cas, bien déterminé — celui d’une séance commune — et, même dans ce cas, ne se confondent pas. Si elles pouvaient être envisagées comme un organe Commun, on reviendrait, par un détour, à ce Parlement central, dont la Hongrie a énergiquement rejeté l’idée. Mais elles ne sont pas un Parlement ; elles sont au contraire deux commissions représentant deux Parlements. Les textes ne le disent nulle part expressément, mais ils le laissent partout entendre, et l'interprétation hongroise et autrichienne

1. Ce problème le préoccupait constamment. « Au cours d’une promenade à cheval dans le voisinage de son château de Terebes, il arrèta brusquement son cheval en plein galop, et cria, dans une excitalion joyeuse: « Ça y est.» Ainsi naquirent les Délégations. » Okolicsäanyi, Deutsche Revue, mai 1890, 168. M. de Okolicsänyi est un ancien secrétaire d'Andrässy.

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