‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 349 sur 369 · Kônyi, dans Deutsche Revue, avril 1890, S · texte numérisé non relu

Kônyi, dans Deutsche Revue, avril 1890, S

avec une ironie à laquelle Beust dut être doublement sensible, il lui infligeait, par un journal inspiré, cet avertissement très clair: « Le comte de Beust est un homme d'État avisé: il ne veut sûrement que ce qu'il peut, et il ne peut que ce que la Hongrie veut ‘. » Pendant la période critique de la guerre franco-allemande, depuis la déclaration de guerre jusqu’à la nouvelle de Sedan, c'est Andrässy qui, par sa résistance aux projets de Beust, décide la politique de la monarchie *. C’est son action à ce moment qui, entraînant dans sesconséquencesla retraite de Beustetsa propre entrée au ministère des affaires étrangères, assura définitivement dans ces questions la prépondérance hongroise, La théorie n’a fait que consacrer la pratique en s’attachant, surtout depuis le conflit politico-religieux de 1895, à distinguer de plus en plus dans le ministre commun les deux qualités de ministre autrichien et de ministre hongrois, et en cherchant à réduire la communauté à une simple identité de la personne physique, sans aucune confusion des deux personnes juridiques du ministre autrichien et du ministre hongrois. La marche de cette évolution doctrinale est instructive. Elle part des principes proclamés dans la loi XII : 1867, indépendance et souveraineté, € qualité d’État » de la Hongrie *. Le Compromis a pour idée dominante de sauvegarder cette qualité d'État, celle-ci implique « l'individualité internationale » ; la Hongrie doit donc réduire le rôle de la monarchie au strict nécessaire, sinon elle s’absorberait dans cette individualité étrangère, elle ne serait qu'une province. On commence par ravaler le ministre des affaires étrangères au rôle de simple agent de transmission dans les questions extérieures qui ne sont pas nécessairement communes, par exemple dans les questions politicoreligieuses. Ensuite, on dénie au ministère commun Île titre de « gouvernement » : que gouvernerait-il ? La monarchie? Mais elle n'existe pas; « c’est une absurdité juridique et une aberration que l'idée d'un Empire austro-hongrois comme État d'ensemble. » Les ministres communs ne sont que des organes communs des deux États : ils sont des ministres à la fois autrichiens et hongrois ; mais, dans leur action au nom de la Hongrie, ils n'agissent que comme ministres hongrois, car la souveraineté de la Hongrie est absolue, et l'unité de l’État hongrois, qui est entière, implique l'entière unité de son gouvernement; de telle sorte que les ministres

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