‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 362 sur 369 · Touzimskÿ, Osvèta, 1892. II · texte numérisé non relu

Touzimskÿ, Osvèta, 1892. II

son intérêt égoïste. Elle ne commet, sans doute, aucune violation précise et positive de l'engagement de 1867; elle a profité des avantages qu'il lui offrait, mais elle n'a pas empêché les Autrichiens de suivre son exemple ; elle n'est pas responsable des divisions qui les affaiblissent et condamnent leur pays à occuper dans la monarchie un rang inférieur ‘. Mais les résultats n’en sont pas moins là, funestes pour cette conscience d’une communauté d'intérêts sans laquelle les deux États de la monarchie n’ont pas de raison de vouloir rester alliés. Le problème que posait leur alliance est un des plus malaisés à résoudre de la politique. «Il est diflicile d'unir deux êtres humains, dont chacun a sa fin propre, dans un mariage heureux, de telle façon que chacun y reste libre, y puisse développer et épanouir son individualité, et cependant identifie le but de sa vie avec le but de la vie de l’autre. Quelle difficulté, quelle impossibilité même, s’il n'y a pas entre les deux d'inclination réciproque, d'amour réciproque, et par suite d'équité, d’indulgence et de patience ! Chez les peuples, cette condition préalable ne se trouve jamais réalisée *,» car les peuples sont, par nature, égoïstes. Un régime comme celui qu’établit pour la monarchie austro-hongroise l'accord de 1867 ne peut durer que siles deux États trouvent dans l’alliance une garantie de leurs intérêts assez complète, assez évidente, pour déterminer chaque peuple aux sacrifices de sentiment qu'exige de lui l'union. On trouve dans l'histoire plus d'un problème analogue au problème austro-hongrois, et plus d’un essai de solution : ce qu’on n’y trouve pas, c’est une solution qui aitcomplètement réussi *. —Onnel'y trouve davantage après l'expérience du Compromis.

Cette conscience d’une communauté d'intérêts, qui est la base nécessaire de la communauté de certaines institutions, pouvait exister en 1867. Dans le premier Compromis, tous les avantages n'étaient pas d’un seul côté. La Hongrie avait la primauté politique, mais les accords économiques mettaient l'Autriche à même de profiter de sa supériorité industrielle et commerciale. Il y avait ainsi, malgré tout, entre les deux États, une certaine égalité, une harmonie qui facilitait l'entente. Mais les dispositions mêmes du Compromis la condamnaient fatalement à se rompre. La Hongrie devait nécessairement être séduite, aussitôt qu'elle aurait assuré

4. — Andrâssy, Die Citate des Frhrn. v. Dipauli, Neue Freie Presse, 9 avril,

1898, matin.

2, Andrässy, Ungarns Ausgleich mit Oest, 77.

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