Cf. Masaryk, MNase nynèjsi krise, LX-LXI
2. D'ailleurs, ils ont gardé sur plus d’un point les prétentions et les idées de l’ancien parti de l'État.
loin. Mais le vrai pangermanisme n'existe pas chez eux. Existe-t-il davantage comme pangermanisme extérieur? Les cadres que la fantaisie d'amis trop zélés ou d’ennemis trop défiants trace à la future annexion allemande enserrent toute la Cisleithanie, sauf la Galicie avec la Bukovine et la Dalmatie : au total 15 millions d'hommes, dont plus de 16 sont catholiques, plus de 8 sont Slaves. L'Allemagne ne s’effraierait peut-être plus autant aujourd'hui qu'il y a dix ans de grossir sa population catholique ; mais les Slaves la tenteraient sans doute moins. Elle devrait compter aussi avec l'appui que prêterait à leur résistance la population paysanne des provinces des Alpes, catholique renforcée et autrichienne fanatique. Enfin, il est certain qu’une pareille annexion ne pourrait être que la suite d'une conflagration européenne ; et celle-ci présenterait pour l'Allemagne trop d'inconvénients et de dangers pour que l'on puisse admettre que, de gaïîté de cœur, elle la provoquât en vue d’un profit aussi problématique que cette incorporation à l'Empire de nouveaux éléments étrangers à l’idée nationale et rebelles à l'assimilation prussienne. Ces faits évidents commencent à être reconnus même par les partis qui ont eu autrefois intérêt à entretenir la crainte du péril pangermanique : M. Foït, délégué tchèque, a déclaré à la dernière Délégation autrichienne que le péril pangermanique est un fantôme’. — L'ouverture de la succession d'Autriche ne pourrait être dangereuse que si elle déchainait à l’intérieur une explosion de passions séparatistes qui encourageraient les convoitises des puissances voisines ; mais, si cette explosion ne doit pas se produire, les convoitises elles-mêmes, supposé qu'elles existent, se garderont de provoquer un conflit. En réalité, la dynastie des Habsbourg est soutenue en Autriche, non pas uniquement, non pas surtout par un loyalisme béat, mais par l'idée politique qu'elle représente seule : elle dure, parce que c'est par elle que s'exprime la nécessité politique en vertu de laquelle la monarchie qu'elle a fondée il y aura bientôt quatre siècles a subsisté jusqu’aujourd'hui, et subsistera sans doute encore longtemps, à moins d’un bouleversement de tout l’ordre et de tout l'équilibre politiques de l'Europe actuelle. C’est pourquoi, selon toute vraisemblance, l'avènement du successeur de Francois- Joseph aura lieu dans une situation moins troublée, plus calme, plus régulière que n'avait eu lieu, au bruit des canons de la guerre civile, l’avènement de François-Joseph.
I faut donc compter que le problème austro-hongrois continuera