Marezali, II. Jôzsef
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Erbfolgekrieg, 1, 168.
tout le gouvernement hongrois, subissent très profondément l’influence de ce conseil « d'en haut », pour employer l'expression française, qui, sous des noms divers. a fonctionné sans interruption depuis la formation de la monarchie, et auquel on peut donner le titre — qui d’ailleurs ne fut jamais ofliciel — de « conseil de la couronne d'Empire » '. C'est une sorte de conseil privé, où le monarque convoque toute personne dont il lui plaît de prendre l'avis sur une question importante. A partir de Marie-Thérèse, il se double d’un conseil d’État, dont les membres, rigoureusement exclus de tout autre emploi, n'ont pour fonctions que de donner au souverain des avis sur les matières qu'il leur soumet : le conseil d'Etat a une section hongroise *, et certains des conseillers hongrois sont parmi ses membres les plus actifs. An commencement du xix° siècle apparait le ministère d'État et de conférence, dans lequel encore la Hongrie est représentée. Comment en serait-il autrement ? Comment l'union inséparable et indivisible en face de l'étranger n'aurait-elle pas eu sa répercussion à l'intérieur ? Comment la monarchie entière ne serait-elle pas intéressée à la solution des affaires les plus importantes de chacun de ses pays ? et, si elle l'est, comment ne se serait-il pas créé un organe pour répondre à ce besoin nouveau ? De fait, cet organe existe depuis le commencement même de la monarchie, et il n'a fait que se perfectionner. Il achève l'organisation du gouvernement central de la monarchie. Nécessairement, il exerce une influence sur les affaires de la Hongrie : la chancellerie est à Vienne, et ne peut se soustraire à ces progrès de l'unité. Souvent elle est invitée expressément par le roi à soumettre à la conférence intime les mesures qu'elle propose; pour certaines affaires. cette consultation est sous-entendue comme de droit. Le chancelier lui-même, en général, siège à la conférence intime, souvent avec d’autres Hongrois. C’est elle qui arrête les propositions royales pour la Diète, les instructions à donner au chancelier pour les négociations avec les députés *. On voit même le gouvernement autrichien intervenir encore plus ouvertement dans les affaires intérieures de la Hongrie : c’est le
4. Tezner, Der üst. Kaisertitel, das uw. St.-R., #3. On peut comprendre sous ce nom générique successivement le conseil intime, la conférence intime, le conseil d'État, le ministère d’État et de conférence.
2. Depuis Joseph II seulement. Auparavant le conseil affectait de re pas s’occuper officiellement de la Hongrie. Hock-Bidermann, Der üst. Staatsrath, 26, 109.
3. Tezner, Der üst. Kaïsertitel, das uw. St.-R., 101. Mème, une fois au moins, la chancellerie hongroise reçoit des instructions de l’autrichienne, Erbfolgekrieg, I, 463.
chancelier autrichien qui installe le conseil de la Lieutenance lors de sa création ‘, et souvent, au moins jusqu'à Charles VI, les commissaires du roi à la Diète ne sont pas des Hongrois. C'est la preuve que la tenue des États en Hongrie ou l’organisation du gouvernement hongrois sont considérées comme des questions qui intéressent la monarchie tout entière, qui relèvent, non pas du roi de Hongrie, mais du souverain de toute la monarchie.
Cette vue est si juste, la situation nouvelle que la Pragmatique Sanction a faite à la Hongrie est si claire, que les Diètes, ces représentants attitrés de l'indépendance nationale, non seulement se plient à cet état de choses, mais cherchent même à lui donner : la consécration légale, tout en multipliant les précautions pour que le pays ne soit pas lésé dans ses droits et puisse au contraire exercer sur toutes les aflaires plus ou moins communes une influence proportionnée à son importance et à ses intérêts. Dans leur politique vis-à-vis de la monarchie et de ses organes centraux, on peut distinguer deux périodes. La première est celle de la négation pure: la Hongrie ne reconnaît pas. sur son territoire, compétence à d’autres autorités que des autorités hongroises: leur action est déclarée illégale, et le roi prié d'y mettre un terme. Cette période va à peu près jusqu’à l'adoption de la Pragmatique Sanction : la Hongrie morcelée n’a constitué pendant très longtemps qu'une faible partie de la monarchie : elle doit craindre de n’y pouvoir pas défendre son existence: elle a fait, d’ailleurs, et continue de faire l'expérience d’un régime de terreur, illégal, étranger. Avec la paix de Szatmär apparaissent les premiers caractères de la nouvelle période, qui s'accentuent jusqu'à l'adoption de la Pragmatique Sanction. La Hongrie a désormais une tout autre importance dans la monarchie, et elle y va avoir une autre situation *. Au lieu de la pure négation, où il serait absurde de s’obstiner, apparaît une politique qui reconnaît l'existence des autorités centrales, et demande seulement qu'une place y soit faite aux Hongrois. L'indépendance de la Hongrie, telle que la proclament après tant d'autres les lois de 1790-1, s'entendrait ainsi simplement de la forme du gouvernement intérieur ; elle interdirait l'application à la Hongrie du régime absolutiste et bureaucratique introduit dans les « autres provinces » : mais elle n'exclurait point le fonctionnement des autorités centrales dont l'existence découle nécessairement de l'existence même de la