Cernÿ, Boj za prävo
le Parlement. Palackÿ proposa la petite ville de Kremsier, en Moravie, qui par son isolement et son calme, contrastait heureusement avec Vienne. Le Parlement y fut convoqué pour le 15 novembre.
Cependant Windischgrätz préparait avec lenteur et méthode le siège de Vienne. Comme en juin à Prague, il ne lui suffisait pas de reprendre la ville, mais il voulait l’humilier, écraser à jamais l'hydre révolutionnaire, faire apparaître l'armée comme le restaurateur de l’ordre moral et social, Aux députés qui cherchèrent par des pourparlers à éviter l’effusion de sang, il opposa une formule qui lui était chère : «Je ne négocie pas avec des rebelles. » Le gouvernement allemand, à la demande de l'assemblée de Francfort, envoya deux commissaires pour examiner l'opportunité d'une médiation de l'Empire entre le gouvernement et le peuple autrichien ; ils furent, par Windischgrätz comme à Olmütz, reçus poliment, et poliment éconduits : l'Autriche ne voulait pas qu’on se mêlât de ses affaires. Aïnsi la lutte se trouva circonscrite entre l'armée impériale et la capitale révoltée. Était-elle même révoltée ? Une grande partie de la population ne demandait qu'à se soumettre : la résistance n'était guère entretenue que par les étudiants et le prolétariat ; sans la lenteur calculée de Windischgrätz, il n'y eût peut-être pas eu de sang versé, Les Hongrois hésitèrent longtemps, par scrupule légal. à franchir la frontière de leur pays, de sorte qu'ils se portèrent trop tard au secours de Vienne : ils furent arrêtées par Jelaëié, qui avait rejoint Windischgrätz. Vienne, occupée par les troupes impériales le 31 octobre, fut mise en état de siège, et les représailles commencèrent. Elles frappèrent surtout les soldats impériaux déserteurs et les journalistes radicaux. L'exemple le plus démonstratif fut fait sur Robert Blum, le député démocrate allemand, que la gauche du Parlement de Francfort avait, avec trois collègues, envoyé porter à Vienne ses encouragements. Il se croyait inviolable, puisque le Parlement avait conféré l’immunité à ses membres. Windischgrätz voulait se borner à l’expulser, pour ne pas susciter de diflicultés diplomatiques au futur ministère de Schwarzenberg ; mais Schwarzenberg lui-même conseilla de ne tenir aucun compte de cette prétendue immunité, de la considérer comme sans valeur pour l'Autriche ", et Blum, condamné à mort par un conseil de guerre, fut fusillé. Ce défi à l'Allemagne révolutionnaire inaugurait la nouvelle politique de l’Autriche.
1. Arneth, Schmerling, 221-8. Hübner, Ein Juhir meines Lebens, 288.
Le soulèvement de Vienne, en mars, avait déchaîné la révolution dans toutes les parties de la monarchie. La restauration par la force de l'autorité impériale dans la capitale rebelle marqua l'achèvement de la reconquête de l'Autriche cisleithane, et ouvrit la période de la lutte à mort contre la Révolution en Hongrie.
Vienne soumise et la guerre déclarée à la Hongrie, la cour peut démasquer ses vrais desseins, rompre complètement avec le système suivi depuis la Révolution. Elle poursuit désormais ouvertement son double but : la restauration de l'Autriche dynastique, et l'achèvement de l'Autriche une.
Un nouveau ministère fut tout d’abord constitué. Il se présenta le 27 novembre devant le Parlement à Kremsier. Trois noms le caractérisaient : Schwarzenberg, Stadion et Bach. Ils représentaient trois écoles politiques : Schwarzenberg, le diplomate militaire, élève de Metternich ; Stadion, l’ancien gouverneur de Trieste et de Galicie, type d'administrateur autrichien, tous deux appartenant à la plus haute aristocratie ; Bach, l'avocat roturier, l'un des chefs de la Révolution en Mars. Celui-ci ne voyait dans la monarchie que Vienne ; Stadion connaissait surtout les provinces : Schwarzenberg n'avait vécu en Autriche que des semaines ou des mois, ignorait tout de l’intérieur, ne considérait que l'extérieur. Ces trois hommes si différents s'étaient mis d'accord sur un programme, et, instruits par les dissensions intestines de leurs prédécesseurs, avaient résolu d'affirmer en toute occasion leur solidarité ‘. Sur toutes les questions du moment, leur déclaration indiquait les grandes lignes d’une politique bien arrêtée. Le ministère veut une Autriche constitutionnelle, libre et forte. fondée sur le droit égal et le développement sans obstacles des diverses nationalités, avec le lien commun d'un fort pouvoir central. Les peuples du royaume lombard-vénitien trouveront, après la conclusion de la paix, dans une union organique avec cette Autriche constitutionnelle, la plus sûre garantie de leur nationalité. Les peuples de la Hongrie se sont soulevés, au nom de l'égalité nationale, contre un parti « dont le but dernier est le bouleversement total et la séparation d'avec l'Autriche » : ils demandent le maintien de la monarchie et la garantie de leur