‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 75 sur 369 · Verh. des 0st. Reichtags, IV · texte numérisé non relu

Verh. des 0st. Reichtags, IV

nationalité ; leur cause est juste ; « le ministère les soutiendra par tous les moyens dont il dispose ». Son but est « l'établissement d’un nouveau lien qui unisse en un grand corps d’État tous les pays et toutes les races de la monarchie... Le maintien de l'unité de l'Etat autrichien est un besoin pour l'Allemagne comme pour l'Europe... Lorsque l'Autriche rajeunie et l'Allemagne rajeunie auront pris figure nouvelle et qui puisse durer, il sera possible de déterminer la forme politique de leurs rapports réciproques. Jusque là, l'Autriche continuera à remplir fidèlement ses devoirs fédéraux. » ' — Les phrases constitutionnelles et les promesses d'égalité nationale masquent mal, dans ce document, le programme de la vieille politique autrichienne : unité absolue à l’intérieur, hégémonie en Italie eten Allemagne. Cette déclaration frappe par son assurance, sa hauteur, sa fierté, surtout si on les compare aux forces réelles dont la monarchie disposait à ce moment. Mais c’est tout le système de Schwarzenberg : moins ses ressources sont grandes, plus son audace s’étale ; il provoque son adversaire pour lui en imposer. Usé par des aventures de toute sorte. il cherchait à ranimer par des parties dangereuses ses nerfs émoussés ; dans ces jeux violents, «il aimait encore moins le gain que le risque » *. La violence lui plaisait pour elle-même : l’armée était le dernier mot de sa politique.

Mais il manquait encore à l’armée un chef suprême, à la monarchie un véritable empereur. Le 2 décembre, le Parlement, convoqué subitement en séance extraordinaire, apprenait, de la bouche de Schwarzenberg, que, le matin même, Ferdinand Je avait abdiqué., François-Charles renoncé à la couronne, et François- Joseph I°" pris possession du trône impérial. Dans l'impossibilité physique où se trouvait Ferdinand d’exercer le pouvoir, son entourage, sa femme en particulier avait pensé souvent à le faire abdiquer *; mais Windischgrätz, consulté, avait recommandé de réserver cet acte pour un moment opportun. Ce moment était arrivé ; la nouvelle politique qu'inaugurait Schwarzenberg avait besoin d’un empereur à montrer aux soldats et au peuple *, et d'un empereur dégagé de toute compromission, libre de toute parole donnée dans les graves questions politiques qui restaient à résou- .dre. François-Charles était trop semblable à son frère, il avait été

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