IV. CONCLUSIONS
A priori, il peut paraître que le système d'enregistrement est onéreux. Sans doute, il serait possible de simplifier l'écriture comptable, quoique personne ne conteste plus aujourd'hui la valeur qu'il faut attribuer aux comptes soldés en permanence et l'importance d'un contrôle de l'enregistrement fait avec chaque écriture. A la clôture périodique des comptes et à la répartition irrationnelle du travail dans le temps qu’elle occasionne, chacun préfère le contrôle permanent de l'exécution budgétaire et la possibilité de connaître en tout temps, avec exactitude et rapidité, la situation comptable de
l'un quelconque des secteurs de l'activité de l'Etat. En revanche, on a suggéré parfois de remplacer le calcul du mouvement par l'unique reprise du solde ancien en valeur inversée, comme on le fait dans maintes comptabilités, cette opération conduisant également au zéro de la position 11. Toutefois, l'efficacité du contrôle de la reprise des soldes en serait sensiblement diminuée, par suite de la tendance inconsciente à répéter, au moment du contrôle, l'erreur qui est à la source d'une reprise fausse. En outre, le mouvement des comptes, base utile d'appréciation des faits et seul moyen d’auto-vérification intégrale du bilan, ne serait plus calculé. La moins-value qualitative du rendement que comporterait une simplification de l'écriture l’emporte sans doute sur l'avantage d'une économie de temps à l'enregistrement.
Nous estimons que les auteurs de la réforme comptable ont très justement apprécié les principaux éléments du problème qui se posait. Entre la décentralisation et la centralisation, ils ont choisi un moyen terme heureux: ils ont concentré tous les travaux arithmétiques et l'exécution de l’ordonnancement aux Services de caisse et de comptabilité, tout en laissant aux offices les responsabilités qui leur reviennent et l'initiative des opérations économiques.
En fait, l'organisation comptable n'est jamais terminée ; aussi doit-on relever combien favorable est la solution adoptée, car l'unification des ordonnances et la centralisation de l'analyse comptable préparent la voie à un perfectionnement de la statistique financière de la Confédération. Or, si la question comptable envisagée sous l'angle du contrôle de l'exécution budgétaire et de la gérance des biens est résolue en grande partie, on commence à s’apercevoir que les données statistiques que l’on peut extraire de la comptabilité ne sont plus en rapport avec les tâches de l'Etat ; on éprouve de plus en plus le besoin de connaître l'origine des revenus et la fin des dépenses de l'Etat, en considérant l'appartenance à un secteur social, économique ou géographique, des contribuables et des bénéficiaires de l'activité de l'Etat. Ce sera le devoir de demain d'y pourvoir par une organisation adéquate.')
1) Cf. p. 112 et ss. : les classifications économiques.