‹ Le compte du rossignol (réimpression de l'édition de Jean de Tournes) avec une introductionChapitre 16 sur 20 · DU SERPENT ET DE LA LIME · texte numérisé non relu

DU SERPENT ET DE LA LIME

Ung Serpent de toute force Sy s'efforce

Pour une Lime ronger;

A l'entour sa queue a torse‘, Se renforce,

Et la cuide en fin manger.

« Cuides-tu rompre et changer,

Abreger

Mon dur fer? ce dist la Lime.

L’acier qui se faict forger Trop legier

Contre mon povoir j'estime.

Que fais-tu, meschante beste ?

Dentz et teste

Rompras ains que me grever.

Qui blesser aultrui s’apreste Et s’arreste

Il void sa force achever.

LES FABLES 71

Avant donc que d’estriver ‘, N’eslever, Regarde à qui tu prens guerre, Et vueille noyse eschever, Ou priver Te verras d'honneur aquerre. »

Page 1