‹ Le compte du rossignol (réimpression de l'édition de Jean de Tournes) avec une introductionChapitre 17 sur 20 · DU CHIEN ET DU COQ · texte numérisé non relu

DU CHIEN ET DU COQ

Un Chien et un Coq se sont mis Ensemble ainsi que bons amis, Pour aller en pelerinage :

Un jour en faisant leur voyage, Que le soleil estoit couché,

Le Coq s’est bien et beau juché Dessus un haut arbre tout verd, Et le Chien, pour estre à couvert, Et passer le temps tenebreux,

Se mit dans l'arbre, qui fut creux.

Or advint que, sur la mynuict,

Le Coq à son resveil tout duict Chanta, dont un Renard voisin Accourt, et luy dit : « Beau cousin, Qui prenez là haut vos esbats, Venez vous en chanter cy bas.

— I] me plaist, puisque le voulez, Dit le Coq : donques appellez

Le portier, à fin que je sorte. »

LES FABLES

Le Renard alla à la porte

Du tronc creusé, où il esveille

Le Chien, dont il a grand merveille, Quand il le void de luy si prés.

Lors il s’en fuit, et Chien aprés,

Et le Coq par ce bon tour là,

Tout asseuré, demeura là.

LES FABLES

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