AVANT-PROPOS VII
A la suite de longues luttes il 'perdit sa santé et jusqiïà sa voix, et se vit, à l'approche de la vieillesse, entouré de ruines et réduit au silence. Il songeait à la retraite, quand la guerre éclata.
La grandeur du péril, l'enthousiasme de la nation lui rendirent ses juvéniles ardeurs. Quand il vit d'irréconciliables adversaires venir à lui les mains tendues, et l'union sacrée rapprocher, par un miracle de patriotisme, des partis jusque-là acharnés à se combattre, il eut un sursaut de joie. Quoi! cette guerre maudite serait-elle la messagère de la paix religieuse ; reconstituerait-elle la patrie française dans son unité territoriale et morale ? Si tels étaient les desseins de la Providence, qu'il soit deux fois béni le sang qui va être versé pour la rédemption et la réconciliation nationales !
Il est mort avec cette suprême espérance , léguant à la génération nouvelle £ exemple d'une vie qui est une admirable leçon.
De cette leçon se dégagent des enseignements plus que jamais opportuns. Sous un régime où le Parlement est tout et peut tout, cesser de participer à la bataille politique, c'est abdiquer ; mais la lutte suppose une organisation sur le terrain légal, avec l'unité pour base et la discipline pour ciment. Dans un temps où l'athéisme d'Etat devient un fléau national, le combattre est un devoir de conscience et de salut public, mais, pour le combattre, il faut ne pas laisser les intérêts de personnes ou de partis se glisser derrière des intérêts religieux,