Voir ci-dessus, p
3. D'après les Aclus pontificum Cenomannis in urbe degentium^ éd. Busson et Ledru, p. 376, ce soulèvement est postérieur au dépari de Guillaume le Conquérant pour l'Angleterre, en septembre 1066 ; d'autre part,
encore en 1068, Robert Courteheuse était reconnu comme comte dans le Maine, ainsi que le prouve la charte n° 15 du Cartul, de Saint-Pierre de la Couture et de Saint-Pierre de Solesmes. Mais dès le 2 avril 1069, Hugue, fils d'Azzon, était dans la région, comme le prouve le n^ 216 du Cartul, de la Trin» de Vendôme^ éd. Métais. L'appel à Azzon par les Manceaux doit donc se placer vers 1068.
4. Actus pontif. Cenomannis in urbe degentium^ éd. Busson et Ledru, p. 377 : « Erat autem uxor ejusdem marchisii Gercendis nomine, filia Ilerberti Cenomannorum illustrissimi comitis, qui vocatus est Evigila Canem. » Orderic Vital, loc, cit,, p. 252, a encore fait des confusions ici et cru que Gersent était fille et non sœur de Hugue III.
5. Nous avons dit (ci-dessus, n. 3 ) que dès le 2 avril 1069, Hugue, fils d'Azzon, était dans la région.
LÀ POLITIQUE DE PODLQDE LE RÉCHIN 181
avaient pourchassé les garnisons normandes et réduit Tévêque Arnaud à se sauver en Angleterre pour implorer le secours du Conquérant * .
Le bon accord des Manceaux n'avait malheureusement pas été de longue durée : le jour où les largesses d'Azzon avaient dû s'arrêter faute de ressources, ses partisans l'avaient abandonné, et lui, se souciant peu de prolonger plus longtemps l'aventure^ était reparti pour l'Italie, se contentant de laisser sa femme Gersent et son fils Hugue sous la protection de GeofTroi de Mayenne *. Le désaccord entre le parti représenté par ce dernier et la masse n'avait fait alors que s'accentuer : les habitants du Mans avaient formé une « commune » et e ntamé la lutte avec les seigneurs, pendant que Geoffroi de Mayenne, devenu l'amant de Gersent, renvoyait le jeune Hugue et parvenait par surprise à s'emparer du donjon du Mans ^. '
Le Maine n'était plus, au milieu de ce désordre, qu'une proie à la merci du premier occupant : appelé par le parti populaire, Foulque le Réchin accourut avec une armée et reprit le donjon du Mans, d'où Geoffroi de Mayenne s'était enfui (1072 env.) * ; mais il ne poursuivit pas plus loin ses avantages et laissa ainsi le champ libre à Guillaume le Conquérant. Celui-ci, n'étant plus retenu en Angleterre, marcha en toute hâte contre les révoltés, en 1073, força Fresnay à se rendre, reçut la soumission du vicomte de Beaumont, du seigneur de Sillé et enfin de tous les Manceaux ^. L'autorité de Robert Courteheuse était rétablie.