‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 107 sur 398 · Ibid,, p · texte numérisé non relu

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5. Ibid., p. 380-381 ; Orderic Vital, IV, 12, éd. Le Prévost, t. II, p. 254- 2î)5 ; Chron. anglo-saxonne, éd. Plummer, 1. 1, p.' 209 : « 1073. On Ihisum geare Willelm cyng laedde Engliscne hère Frencisce ofer sœ gewan et land Mans hit Englisce men swyde amyrdon win geardas hi for dydon. » Cf. n» 8 du Cartul. des abbayes de Saint-Pierre de la Couture et de Saint- Pierre de Solesmes : « Anno ab incarnacione Domini millesimo septuage-

Foulque le Réchin cependant ne se tint pas pour battu : en même temps qu'il envoyait des renforts aux seigneurs qui s'étaient enfermés dans Dol pour résister non moins, semble-t-il, à Guillaume le Conquérant qu'au duc de Bretagne Hoël (sept.-oct. •1076) ^ et retenait ainsi Guillaume dans le nord, il se jetait sur la Flèiîhe, dont le seigneur, Jean, était le principal défenseur de la

simo [terciô] (voir ibid,^ n° 9), III kalendas aprilis peticione Raynaudi abbatis roborata est hec carta a Guillermo rege Anglorum apud Bonam Villam, qui Guitlermus Cenomannensis civitaiis lune principatum tenebat. »

1. Annales dites de Renaud : « MLXXVI. In mense septembris cornes Normannorum, qui et rex Anglorum, Willelnius obsedit in Britanniis castrum quod dicitur Dolum. Quod cum diu obsedisset, nichil profecit, sed etiam, machinis suis succensis, ab eo infructuose discessit, defendentibus illud fortibus Andecaitorum militibus » {Recueil d^ annales angev, et vendôm., p. 88). Pour la date, voir encore une charte établissant qu'en pctobrel076, Philippe I"*, de passage à Poitiers, se rendait à Dol pour aller en faire lever le siège (Recueil des actes de Philippe i", éd. Prou). Cf. Freeman, History of the norman conquest^ t. IV, p. 630-632 et p. 848- 850. Freeman prétend, en se fondant sur les Annales dites de Renaud, dans le ms. desquelles Tévénement est indiqué par une erreur de copie sous la fausse date de MLXXXVI, qu'il y a eu un siège de Dol postérieure 1076 ; ce serait seulement à ce siège que les Angevins auraient pris part. Mais il faut sans hésitation, comme nous Tavons fait dans notre édition, corriger dans les Annales MLXXXVI en MLXXVI, puisque les Annales de Saint'Serge copiant un ms. meilleur (on le constate ailleurs encore) des Annales dites de Renaud, donnent bien cet<e dernière date {Recueil d'annales angev,, p. 92). S'appuyer sur la Chron. de Saint-Brieuc {Uist. de Fr,, t. XII, p. 567) n'est pas plus pmbant, puisqu'elle n'est que la mise en œuvre faite au xv« s. des « annaux », qui donnent la date de 1076 {Ifist. de Fr., t. XI, p. 413. Cf., pour la capture d'Hoël en 1077, les Ilist, de Fr,, t. XII, p. 561). Quant à Orderic Vital, sur lequel déjà dom Lobineau, Ilist. de Bretagne, t. I, p. 104, se fondait pour admettre un second siège de Dol en 1086, parce que cet auteur (IV, 17, éd. Le Prévost, t. II, p. 291) donne le mariage de Constance, fille du Conquérant, avec Alain Fergent comme une suite de ce siège, il faut l'écarter aussi ; car ce n'est pas la seule confusion qu'il commette en cet endroit. — Enfin pour ce qui est de l'intérêt que Guillaume le Conquérant pouvait avoir à assiéger Dol et les Angevins à défendre la place, on le comprendra aisément si l'on admet avec dom Lobineau, op, cit., t. I, p. 101, que Raoul de Montfort, ennemi du Conquérant, s'y était enfermé.

cause normande dans le Maine ^ Mais Jean de la Flèche, qui avait eu le temps de demander du secours en Normandie, put lui résister, et Foulque, grièvement blessé, dut se retirer et abandonner l'entreprise 2.

Ce ne fut qu'un arrêt momentané. La lutte reprit presque aussitôt et occupa les années suivantes sans que nous en saisissions bien toutes les phases: Foulque avait pour allié le duc de Bretagne Hoël, et cette fois, c'était contre Guillaume lui-même qu'il allait avoir à se mesurer. Celui-ci parvint à protéger la Flèche 3. Vers 1079, semble-t-il, une trêve fut conclue^; mais en 1081 , soutenu parles Bretons*, Foulque, grâce à une vigoureuse offensive, ressaisit et détruisit la Flèche ^ et marcha à la ren-

1. Orderic Vital, IV, 12, éd. Le Prévost, t. II, p. 256. Pour la date, voir les Annales de Saint-Aubin : « MLXXVI. Exercitus de Fissa » (Recueil (Tannales angev. et vendant,, p. 5), et voir ci-dessous, n. 3.

2. Orderic Vital, loc, cit., ne fait qu'un des deux sièges de la Flèche ; mais il montre Jean parvenant dès le début à résister. Une charte [Catalogue (Fades, n» 233) montre Foulque le Réchin, grièvement blessé à la suite d'une chute de cheval devant la Flèche, obligé de lever le siège et de se faire transporter à Angers en barque.

3. Les Annales dites de Renaud, à Tannée 1081, relatant la prise de la Flèche par Foulque le Réchin, disent que « rex Anglorum ei antea, gente maxima congregala, excusserat » (Recueil d'ann, angev, et vend., p. 88), ce qui pourrait même peut-être faire supposer une première prise de la Flèche par le comte d'Anjou vers 1078, si Orderic Vital, toc. cit., n'affirmait que gr&ce à l'arrivée de Guillaume le Conquérant, Foulque ne put s'emparer de la place.

4. Une charte du CartuL de Saint-Vincent du Mans, éd. Charles et Menjot d'Elbenne, t. I*', col. 68, n« 99, commence ainsi ; a Eo tempore quo Willelmus rex Anglorum cum Fulcone Andegavensi comité juxta castellum Vallium treviam accepit... » La charte est antérieure au 9 novembre 1080, el Ton ne peut, semble-t-il, songer aux événements de 1076. Mais il ne s'agit pas, comme le croient à tort les éditeurs de la charte, de la paix de Blanchelande, laquelle est de 1081 et non de 1078, et ceci rend à peu près impossible l'indentification du « castellum Vallium », tant les endroits de ce nom sont nombreux dans la région.

5. Annales dites de Renaud: « MLXXXI... Comes Andecavorum Fulcho Junior obsedit castrum quoddam quod Fissa Johannis dicitur atque cepit necnon succendit » [Recueil d'ann. angev. et vendôm., p. 88).

contre de l'armée normande ^ : les deux armées se trouvaient en présence dans la plaine de Blanchelande ; un combat était imminent, quand des moines et un cardinal ^ s'interposèrent et parvinrent à faire conclure une transaction : Robert Courtebeuse, reconnu comte du Maine, prêtait hommage à Foulque le Réchin et, pour répondre de la paix, Guillaume donnait en otage son frère, le comte de Mortain (1081) ^.

1. Orderic Vital, IV, 12, éd. Le Prévost, t. II, p. 257 : « Andegavenses vero et Britones, comperto régis et agminum ejus adventu non fugenint, sed potius Ligerim fluvium audacter pertransierunt et transvecti, ne timidiores spe fugiendi segnius praeliarentur, scaphas suas destruxenint. » Freeman a déjà remarqué {op. cit,, t. IV, p. 561) que Ligerim était très certainement une erreur d*Oi*deric pour Liderim, le Loir ; sans quoi la prétendue marche offensive de Foulque eût été une fuite honteuse. Miss Kate Norgate (op. cit., t. I, p. 257) a fait, d'autre part, observer que la Flèche étant sur la rive droite du Loir, la traversée du fleuve était bien un recul ; mais, suppose-t-elle ingénieusement, peut-être s'agissalt-U de faire face à Tennemi après un mouvement tournant accompli par celui-ci pour surprendre Tarmée angevine par le sud. En réalité, les hypothèses les plus diverses sont ici de mise : ou bien Orderic Vital en parlant de la traversée du fleuve « Ligerim » avait une conception complètement fausse des mouvements des deux armées et il ne faut retenir de ce qu'il dit que le fait d'une offensive hardie de Foulque, et dans ce cas, on pourra admettre qu'il s'est ensuite avancé assez loin vers le nord ; ou bien on supposera qu'Orderic aura oublié que la Flèche était sur' la rive droite du Loir et qu'il avait par suite déjà fallu traverser la rivière pour prendre la place ; ou bien encore on admettra qu'après avoir pris la Flèche, Foulque avait tout d'abord regagné la rive gauche du Loir et qu'il le lui fallut alors retraverser, et dans ces deux derniers cas on aboutira à la même conclusion que dans le premier pour la suite de la campagne ; ou bien enfin on admettra l'hypothèse de Miss Norgate et l'on placera la rencontre des deux armées au sud du Loir.

2. Freeman, op. cit., t. IV, p. 562, suppose qu'il s'agit du cardinal Hubert, agent d'Hildebrand en Normandie (?).

3. Les Annales dites de Renaud, après avoir rapporté la prise de la Flèche de 1081, ajoutent que Guillaume « a Fulcone bello lacessitus, obsidibus pacis pro flde datis fratre suo, consule videlicet Mauritanie {corr. Mauritanii), et filio suo et multis aliis, recessit » (Recueil cTa/i/i. angev, et vendôm., p. 88). Il s'agit évidemment de la paix dont parle Orderic Vital, IV, 12, éd. Le Prévost, p. 257-258 : après avoir montré Foulque devant la Flèche, puis Guillaume ie Conquérant arrivant avec une forte armée, il

Entre le Normand et Foulque Taccord n'était et ne pouvait être qu'apparent : Tévêque du Mans Arnaud étant mort le 29 novembre de cette même année 1081 ^ ce fut Hoël, un des favoris du défunt, qui fut élu à sa place ^ ; et alors les mêmes difficultés qui s'étaient produites au moment de la nomination d'Arnaud se renouvelèrent, Foulque le Réchin employant contre l'archevêque de Tours Raoul de Langeais la menace, s'il consentait à consacrer l'élu. Le pape Grégoire VII, tout comme jadis Alexandre II, gourmanda l'archevêque, lui ordonnant de couper court à tout

ajoute : « Dum utraeque acîes ad ambiguum certamen pararentur... quidam Romanae ecclcsiae cardinalis presbyter et relLgiosi monachi adsuat, principes utriusque legionis diviuitus animati adeunt, obsecrant et redarguunt etc. » On aboutit finalement à la paix : « Rodberto juveni, régis filio, cornes Andegavensis Cenomannense jus concedit cum toto honore quem idem a comité Herberto cum Margarita sponsa sua suscepit. Denique Rodbertus Fulconi debitum homagium, ut minor majori, legaliter impendit... Haec nimirum pax, quae inter regem et praefatum comitem in loco qui vulgo Blancalanda vel Brueria dicitur facta est, etc.. » Les deux textes se complètent Tun l'autre et les Annales dites de Renaud y que ni Freeman, ni Miss Kate Norgate n'ont su interpréter, donnent la date du traité placé par tous les érudits jusqu'ici en 1078, sans aucun argument à Tappui. Quant à l'endroit où ce traité fut conclu, suivant qu'on adoptera l'une ou l'autre des hypothèses présentées p. 184, n. 1, on le cherchera au nord ou au sud du Loir : dans le premier cas, on pourra supposer avec Freeman (op. ci/., t. IV, p. 561) qu'il s'agit de Blanchelande en Sonnois au pays de Domfront; dans le second cas, on admettra qu'il s'agit de la lande sise au sud de Thorée près de la Flèche (voir Cauvin, Géographie ancienne du diocèse du Mans^ p. 8, \^ < Alba Landa », et la carte de Cassini).

1. Annales de Vendôme y ^d^ïïs le Recueil d'annales angev, et vendôm., p. 65 ; Actus pontif, Cenomannis in urbe degentium^ éd. Busson et Ledru, p, 382 etlan. 1.

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