‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 34 sur 398 · Richer, IV, 92 (éd. Waitz, p · texte numérisé non relu

Richer, IV, 92 (éd. Waitz, p

5. Richer, IV, 93 (éd. Waitz, p. 171). — Pour la date, cf. ci-dessus, n. 2: Eude étant mort le 12 mars 996 et ayant eu le temps de quitter langeais pour aller à Meaux, puis à ChÀteaudun et de là à Tours, le siège a dû être levé avant la fin de février 996.

Tavaniage : il restait maître de Langeais ; Eude P' en était réduit à demander humblement la paix *. La mort ne devait d'ailleurs pas tarder à le surprendre (12 mars 996) 2.

1. Richer, IV, 94 (éd. Waitz, p. 172): dans ce chapitre, Richer nous apprend qu'Eude, qui avait remis des otages (répondant de son abstention de toute hostilité), cherche à traiter avec le roi et h se faire pardonner ses attaques (et sa participation au complot d*Asselin).

2. Cette date a été justement établie par M. Lot, Hugues Capet, p. 178; mais nous ne pouvons accepter la chronologie adoptée par cet auteur pour les événements que nous venons de rapporter. Il admet (p. 174-178) : 1° que la construction de Langeais est du milieu de Tan 993 ou du commencement de Tan 994; 2^ qu'Eude vint tenter de prendre la place dès 994, qu'il en fut détourné par Tan'ivée de Tarmée royale, qu'il conclut sa trêve avec le roi dans l'automne de l'an 994; 3'» que la trêve conclue avec le roi n'entraîna pas la cessation des hostilités entre Eude et Foulque, mais qu'au contraire Eude, après avoir gagné Meaux et avoir séjourné à Cbàteaudun, vint à nouveau assiéger Langeais au début de Tan 996 (d'où la charte du 12 février 996, citée p. 27, n. 2) et s'en empara sans doute : car « selon les Gesia Ambaziensium dominorum^ Eudes II, fils de Eudes !<>■', a possédé Langeais, et Foulques profita de sa défaite et de sa mort en 1037 pour reprendre cette forteresse ». k^ C'est alors qu'Eude se sentant mourant, « dépêcha auprès de Hugues et de Robert pour leur offrir ses supplications et leur pix>mettre réparation de ses torts passés. » II mourut avant le retour de ses envoyés (12 mars 996). — Cette manière de présenter les faits a d'abord le défaut grave de se concilier mal avec le texte de Richer, la seule sourée qui nous renseigne sur cette histoire. En effet, Richer, dont le récit est ici très serré, déclare formellement qu'une fois la trêve signée avec le roi, Eude, tout de suite après s'être retiré à Meaux et de là à Châteaudun, a été saisi par la maladie, non pas au moment où il .assiégeait Langeais, mais au moment où il s'employait à libérer — en offrant à Hugue Capet des conditions satisfaisantes de paix,*des réparations convenables pour le tort qu'il lui avait fait — les otages qu'il lui avait remis en attendant la signature de cette paix. En outre, si la trêve avec le roi avait été conclue en 994, comment serait-ce seulement en 996 qu'Eude se serait employé à exécuter ses promesses pacifiques ? 11 aurait attendu bien longtemps ; nous venons de voir que Richer indique tout juste le contraire. Il y a plus : Richer nous montre Eude content de pouvoir s'éloigner de Langeais « indemnis » ; il nous le montre s'en allant à Meaux, allant séjournera Cbàteaudun: comment, le roi une fois parti, si la trêve n'avait pas compris Foulque luimême, Eude ne se serait-il pas empressé de reprendre avec plus d'ardeur le siège de Langeais, puisque la place, avant Tarrivée du roi, était prête à se rendre? Aurait-il attendu un an et demi avant de poursuivre ses avantages ? Aurait-il ainsi laissé à Foulque le temps de renforcer la garnison de Langeais? Que d'invraisemblances ! Au reste Richer (éd. Waitz, p. 172)

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Avant même qu'Eude I®' eût rendu le dernier soupir, Foulque avait repris sa marche envahissante ^ La mort de son adversaire, qui ne laissait pour lui succéder que deux jeunes enfants sous la tutelle dé la comtesse Berthe, leur mère, ne fit que le provoquer ; il envahit délibérément la Touraine ^ et put même, grâce au concours d'Audebert, comte de la Haute-Marche et du Périgord, mettre la main sur Tours (996) ^.

montre Foulque Narra « troublant la paix » au Inoment où Eude n'est pas encore mort ; il n'y a dond aucun doute que la trêve conclue par Hugue Capet avec Eude entraînât pour les deux camps la cessation de toute hostilité. L'attitude humble d'Eude, qui cherche à apaiser le courroux royal, est assez significative, elle aussi. Enfin les Gexta Ambaziensium dominorum n'ont pas ici, nous Pavons dit, la moindre autorité: il n'y a donc rien à en tirer quant à la soi-disant conquête de Langeais par les comtes de Blois. — Nous reconnaissons qu'on est, en effet, tenté de placer dès 994 la construction de Langeais et la tentative d'Eude pour s'en emparer ; mais puisque Eude assiégeait encore la place le 12 février 996, force est de reculer d'un an tous les événements. Au surplus, il a fallu un certain temps: i^ pour que Foulque accomplit en Touraine les incursions dont parle Richer ; 2° pour qu'il construisit Langeais et y mît une garnison ; 3<* pour qu'il allât solliciter le secours royal ; 4<* pour qu'Eude envoyât un peu partout (en Poitou, en Lorraine, en Flandre) recruter des troupes; 5® pour que l'armée royale arrivât.

1. Richer, IV, 94 (éd. Wattz, p. 172), nous montre la désolation des Blésois au moment où ils sentent qu'Eude n'a plus que peu de jours à vivre « eo quod dominum inconsultum amittcbant et natis dominandi spes nuUa relinqueretur, cum reges patri adhuc animo irato perstarent et Fulco insolentiae spiritu pacem multifariam turbaret. »

2. Richer, notes de la fin (éd. Waitz, p. 180), nous montre, en 997, Robert le Pieux venant reprendre à Foulque Tours « et alia quae pervaserat. »

3. Richer, ibid : « Rotbertus rex, ducta Berta uxorc, in Fulconem, qui Odonis adversarius fuerat, fertur et ab eo urbem Turonicam et alia quae pervaserat vim recipit. » Chron. de Saint- Julien de Tours (éd. Salmon, dans Chron. de Touraine^ p. 228) : « Circa hoc tempus Landegavis castrum a Pulcone comité constniitur, civitas Turonis ab eodem obsidelur, sed non multo post a Berta regina, matre Odonis, recipitur » (Sur la date donnée par ce texte, voir p. 26, u. 2). Adémar de Chabannes, Chron, ^ III, 34:

Mais un revirement s'était produit à la cour royale : Hugue Capet était mort et cette mort avait été suivie du mariage de Robert avec Berthe de Blois. Robert, embrassant le parti de sa nouvelle épouse, prit dès lors la défense des jeunes Thibaud II et Eude II, (ils et successeurs d'Eude P**, et vint lui-même reprendre Tours (début de 997) *.

« Urbem quoque Turonis obsidibne affectam in deditionem (Aldebertus) accepit et Fulchonî comiti Andegavensi donavit. » Cette prise de Tours par Foulque Nerra est postérieure à la mort d*Eude II de Blois (12 mars 996) ; d'autre part, elle se lie aux événements précédents ( voir notamment le texte de la Chron. de Saint-Julien de Tours) ; enfin nous allons voir que la ville fut reprise à Foulque au début de 997 : or, suivant les chroniques que nous avons citées, il ne Tavait eu que fort peu de temps entre les mains. — C'est lors de cette occupation de Tours que Foulque viola le cloître de Saint-Martin de Tours (voir Pièce Justif, n<» 5). — Si Ton en croyait Aimoin, Miracles de saint Benoît^ III, 7 (éd. de Certain, p. 147), Foulque aurait auparavant promis son alliance à Audebert contre )e duc d'Aquitaine : il représente, en effet, Audebert venant attaquer Poitiefs et attendant, entre autres secours, celui du comte d'Anjou : u Intérim Hildebertum tam ipsum Hugonem quamque caetera exspectantem auxilia praecipueque Fulconem Andegavensem comitem... » M. Lot (Hugues Capet, p. 181) admet de tous points ce récit, et M. Richard (Comtes de Poitou, p. 142) suppose même que Foulque avait été le provocateur d'Audebert. Nous avouons que la phrase d' Aimoin nous laisse sceptique : l'ensemble des relations des comtes d'Anjou avec les ducs d'Aquitaine à cette époque (voir chap. suivant) semble se concilier mal avec une hostilité déclarée de Foulque contre Guillaume le Grand, à moins d'admettre peut-être (mais alors on tombe dans la pure hypothèse) que la concession de Saintes faite par le duc au comte d'Anjou (voir ci-dessous, p. 54, n. 2) a été le prix de la paix. M. Richard d'ailleurs semble avoir eu le sentiment de cette contradiction, qu'il cherche à expliquer tant bien que mal par le mariage de Guillaume avec Aumode, parente du comte d'Anjou [op. cit., p. 149). Bien que contemporain, Aimoin, qui ignore le siège de Tours, a fort bien pu confondre les deux événements.

1. Voir les textes de Richer et de la Chron, de Saint-Julien de Tours cités n. précédente ; Adémar de Chabannes, Chron., III, 34 : « Urbem quoque Turonis... Fulchoni comiti Andegavensi donavit; sed ille ingenio doloso vicecomitis et civium amisit post paululum et iterum Odo Campanensis eam recuperavit. » (Les deux mots en italique ne se lisent que dans le ms. C: sur cette divergence, voir Lair, Études critiques, t. II, p. 163-166, et surtout Lot, Hugues Capet, Append. VIII, p. 351-359.) On voit qu' Adémar attribue uniquement aux habitants de Tours et à leur vicomte la délivrance de la ville, au lieu que les deux premières chroniques Tattribuent

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Pendant les années qui suivent, le détail des événements nous échappe : nous voyons seulement les partisans du jeune comte de Blois Eude II profiter d'une absence de Foulque, parti en pèlerinage à Jérusalem à la fin de Tan 1002 ou en 1003 ^, pour assaillir à leur tour le comté d'Anjou - et Foulque, rentré dans ses états, riposter en envahissant le Saumurois, en pillant les terres de Tarchevéque de Tours et en construisant la forteresse de Montrichard sur le Cher en face de celle que Geudouin de Saumur venait de bâtir à Pontlevoy ^ ; nous voyons enfin Foulque

au roi : les deux versions se contredisent moins qu'elles ne se complètent. Quant à la date, elle est fixée par les deux premières chroniques qui placent la reprise de Tours après la mort de Hugue Capet (24 octobre 996) et après le mariage du roi Robert avec Berthe (début de 997 : voir Appendice IV), voire même avant la fuite de Gerbert (vers mai 997: voir Lot, Hugues Ca.pet, p. 290), — M. de Grandmaison (Bulletin monumental, XL, p. 36) et, d'après lui, MM.'Pfister (op cit.^ p. 228) et Lex (loc, cit., p. 205 ;Ji part, p. 21, n. 6) établissent une connexité, que les documents n'indiquent nullement, entre la reprise de Tours par le roi Robert et le grand incendie qui, le 25 juillet 997, consuma le faubourg de Châteauneuf. M. Lot vient de prouver surabondamment que ces auteurs étaient dans l'erreur [Hugues Capet, p. 359-360); nous renvoyons à sa démonstration.

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