‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 36 sur 398 · Voir Pfister, Robert le Pieux, p · texte numérisé non relu

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5. Raoul Glaber, III, 2 (éd. Prou, p. 58), raconte le meurtre en faisant formellement de Foulque Nerra l'instigateur du crime: « Veneruntque missi a FulcOne, Andegavorum comité,... fortissimi milites duodecim, qui supradictum Hugonem ante regem trucidaverunt. » Dans la lettre de Fulbert de Chartres que nous citons plus loin, on voit que les meurtriers se réfugièrent sur les domaines du comte d'Anjou, et s'adressant à Foulque, Fulbert les appelle « tui satellites ».

alors un véritable scandale : à la cour, on considérait Foulque lui-même comme coupable de lèse-majesté *. Un synode fut réuni à Chelles le 16 mai 1008 : les archevêques de Sens et de Tours et onze évêques y assistaient 2. La plupart voulurent prononcer sur-le-champ Texcommunication du comte ; Fulbert de Chartres intervint, obtint un délai de trois semaines et écrivit à Foulque une lettre, où il lui disait entre autres : « Nous avons obtenu du roi que, si tu te rends à son tribunal, sa vengeance ne frappera ni la vie ni les membres des coupables, mais seulement leurs biens. Nous t^nvitons donc à conduire en justice dans le délai fixé les auteurs de cet abominable forfait ou tout au moins à les chasser de tes états par considération pour le roi ; et quant à toi, viens te justifier, comme tu las fait promettre par labbé de Saint-Aubin, et apaiser le courroux du roi en te soumettant humblement » ^. Foulque, pénitent et désireux sans doute d'obtenir le pardon du Seigneur, abandonnant tous ses projets, n^hésita pas à prendre une seconde fois le chemin du Saint Sépulcre ^.

Les hostilités ainsi interrompues recommencèrent brusquement en Tan 1016. A cette date, Eude II de Blois marcha sur Montrichard : Foulque, informé de la chose, part aussitôt à sa rencontre avec son allié, le comte du Maine Herbert Éveille-Chien ; il envoie ce dernier en expectative à Bourré sur le Cher, et pendant que

i. Voir la lettre de Fulbert de Chartres publiée dans les Histor. de Fr., t. X, p. 476: « Tarn horrendo facinore praesentiam domini régis tui dedecoravere satellites, ut mundani judices asserant capitale te quoque reum majestatis, qui cis postea patrocinium tuum et receptacula praebuisti. »

2. Cf. Pfister, Robert le Pieux, p. 66 et 67, n. 2, et du même, De Fulberti vita et operibus, p. 59.

3. Fulbert, lettre citée, loc, cit. Nous nous sommes inspiré de la traduction de M. Pfister {Robert le Pieux, p. 67), en la corrigeant sur certains points essentiels.

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