‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 48 sur 398 · Mêmes chartes du CartuL de la Trin, de Vendôme · texte numérisé non relu

Mêmes chartes du CartuL de la Trin, de Vendôme

3. CartuL Trin, Vend,, n«6: « Cumque puer honorem suum recepisset, ex consilio consulis Fulconis, qui eum tenuerat... »

4. L'abbé Simon, dans son Hist, de Vendôme, t. I, p. 38, et, d'après lui, Pétipny, Hist, archéoL du Vendômois, 2« éd., p. 258, expliquent cette conduite par une révolte des colons de la foret de Gâtines que Bouchard aurait été impuissant à calmer; et Pétigny, toujours poussé par cette idée que Foulque Nerra n'a cessé d'agir en ennemi des comtes de Vendôme, va même jusqu'à déclarer que le comte d'Anjou était très vraisemblablement l'instigateur de cette révolte. Mais sur quels textes s'appuie l'abbé Simon? — Après avoir rapporté les détails fournis par la notice n» 1 du CartuL de la Trin, Vend., éd. Métais, il ajoute : « Voilà ce que raconte le manuscrit de Saint-Georges de Vendôme ; mais le manuscrit de l'abbaye dit que ceux du bas Vendômois, qui avaient joui des terres du comté, s'opposèrent à l'entreprise de Bouchard et qu'ils s'attroupèrent pour lui résister et que ce jeune comte ne se sentant pas assez fort pour les mettre à la raison, forma le dessein de remettre, avec le consentement de sa mère, le comté de Vendôme entre les mains de Geoffroy Martel. » Et il ajoute, p. 39, en note : « Le manuscrit de Saint-Georges fait par M. Dubellay, chantre de cette église, parle bien de la démission du comté de Vendôme entre les mains de Martel, mais il dit n'en savoir pas la raison. Il parait par le manuscrit de l'abbaye qu'il n'y en eut point d'autre que celle que nous venons de dire.» De ces deux passages, il nous semble ressortir assez clairement que le ms. de Saint-Georges de Vendôme donnait la version du n« 1 du CartuL Trin. Vend, et que le ms. de la Trinité de Vendôme (ms. de « l'abbaye ») donnait la version du n« 6 du

et de celui du roi Henri I®"", il fit hommage de son comté à Geoffroi MarteP.

Quand il mourut, Adèle vint trouver ce dernier avec son second fils, Foulque TOison, que GeofTroi, en sa qualité de suzerain, investit régulièrement du comté, tout en stipulant qu'il laisserait à Adèle la jouissance d'une moitié des domaines. Le jeune comte de Vendôme ne se contenta pas longtemps de cette situation : il voulut se débarrasser de sa mère pour exercer sa domination sur l'ensemble du comté. Adèle s'en vint tout éplorée solliciter Tappui de GeofTroi Martel et lui vendit sa part des domaines vendômois. GeofTroi somma alors Foulque l'Oison de cesser ses violences : à cette sommation, le comte de Vendôme répondit en prenant les armes et en dévastant les territoires vendus par sa mère. GeofTroi le déclara rebelle, prononça sa déchéance pour manquement au devoir féodal, et triomphant de sa résistance, confisqua tout le comté -, Dès lors il y agit en maître incontesté, disposant des fiefs, construisant dans sa capitale une

même CartuL : or, loin de parler de « révolte des colons de Gèlines », ce n« 6 dit, au contraire : « Undocum veniret (Burchardus) ad forestam de Wastino, videns eam pluribus in locis extirpatam et a multis invasoribus invasam, domos ab eis in ca conslructa incendit et messes quas ibidem seminaverant, ut erat justum, suo in usu colligi fccit. » C'est très probablement d'un contresens que dérive toute cette histoire de la révolte des colons de Gàtines.

1. Carlul, delà Trin. de Vend,, n«6 : « Post haec igitur, pucro matreque volontibus et Henrico rege Francorum, donatur honor iste, de quo loquimur Gaufredo comiti, filio Fulconis, avunculo pueri. Eo quidem pactoGaufredus comesarege percepit honorcm quatenus etmalerct puer ejus ab eo tenerent ; quod et factum est quandiu vixit isdem puer. » Voir aussi le n® 1 du même CartuL, qui, à partir d'ici, n'est (}u'un résume (inexact) du n<>6.

2. Nous résumons les mêmes n®» du Cariul.de la Trin, de Vend, L'abbé Simon, Hist, de Vend., t. I, p. 45-46, déclare (et il est suivi par tous les historiens sans exception : Pétigny, Port, Compain, etc.) que GeofTroi Martel battit Foulque l'Oison « dans la plaine d'Huisseau, à une lieue de Vendônw » ; mais il no cite à l'appui do cette assertion aucune autorité et nous ignorons si son dire mérite quelque crédit.

Halphen. — Le comté d'Anjou. . 5

6ti LE COMTÉ d'aNJOU

abbaye nouvelle, celle de la Trinité de Vendôme, et exploitant lui-même tous les domaines du comte ^

La domination directe des comtes d'Anjou en Vendômois ne devait guère d'ailleurs survivre à Foulque Nerra, au su duquel tous les événements précédents avaient eu lieu ^ : en 1050, semble-t-il, Geoffroi Martel finit par consentir à restituer le comté confisqué à Foulque TOison ^; mais ce. comté était devenu un état vassal et Tinfluence angevine y était définitivement implantée.

Du côté du Maine, les comtes d'Anjou devaient obtenir un succès plus franc encore. Orderic Vital ^ aflîrme que déjà Foulque Nerra « subjugua » Hugue II ^ par la violence ; nous ne

1. Voir les chartes du CariuL de la Trinité de Vendôme, éd. Métais, anlérieures à 1050 et les n°» 103, 116, 118 du Carlul. de Mnrmoutier pour le VendômoiSy éd. de Trémauli.

2. C'est ainsi qu'au n° 6 du CarluL Trin. Vend. (éd. Mêlais, t. I, p. 17), il est dit : « Gumque mortuus esset (Burchardus)... et mater cum alio fralre suo, nomine Fulcone, reverleretur ad patrem (Fulconem Nerram) et ad fratrem suum, comilem Gaufredum, etc. » : c'est en présence de Foulque Nerra, avec son consentement, que Geoffroi Martel investit donc Foulque l'Oison. La brouille entre Foulque et son fils n'est survenue que plus tard, à propos de l'affaire d'Aquitaine. Ici d'ailleurs, Pétigny (notamment p. 257-258) nous semble avoir bien compris les faits. Au contraire. Port, Dictionn.y t. H, p. 252, Kate Norgate, England under Ihe angevin kings, t. I, p. 172, Lair, Eludes critiques, t. ï, p. 85, etc., nous paraissent avoir présenté les faits d'une manière très inexacte.

3. Voir la charte n° 96 du Catalogue d'actes. L'acte semble faux, mais la date de 1050 qu'il donne pour la restitution du comté de Vendôme est acceptable et repose, sans doute, sur des données sérieuses.

4. Orderic Vital, ÏV, 12, éd. Le Prévost, t. II, p. 252 : « Post mortem Hugonis, quem Fulco senior sibi violenter subjugarat... »

5. Nous adoptons ici pour les comtes du Maine une numérotation nouvelle. M, Flach a, en effet, au t. III de ses Origines de l'ancienne France, p. 543-545, attiré l'attention sur les impossibilités de la succession des comtes du Maine jusqu'alors admise ; mais il a fait de nouvelles erreurs qui nous obligent à revenir rapidement sur ce point. Iluguo I'*'*, fils de

saurions dire, il est vrai, ni quelle portée il convient d'attribuer à cette expression, ni quelle confiance le chroniqueur — très postérieur, on le sait, — mérite sur ce point. Mais ce qu'il y a de certain, c'est que Herbert « Eveille-Chien », qui succéda, vers 1015, à Hugue II dans le comté du Maine, se montra d'abord un auxiliaire fidèle et docile du comte d'Anjou : nous avons déjà vu le rôle éminent qu'il joua en cette qualité à la bataille de Pontlevoy, le 6 juillet 1016 <.

Toutefois, quelques années après, sans que nous en saisissions bien les motifs, d'amicaux, ces rapports devinrent hostiles '^.

David, est cité dès 9S4 au CariuL de Saint-Père de Chartres, éd. Guérard, t. I, p. 199 ; en 967 et en 971 dans deux chartes de Saint-Julien de Tours publ. par M. de Grandmaison, Bibl.de VEcole des' Chartes, ann. 1886, p. 229, et au temps de Tévêque Sigefroi (971-997) dans deux chartes de Sain t-Pierrc-dc-la -Cour au Mans éditées par dom Piolin, Histoire de r église du Mans, t. III, p. 630-631. Cf. les Actus pontificum Cenomannis in urbe degentium, éd. Busson et Ledru, p. 353-355. Hugue !•' eut trois fils, Hugue II, Foulque et Herbert Bacon. Les deux premiers sont nommés à côté de leur père dans les chartes précitées de Saint-Julien de Tours et de Saint-Pierre-dc-la-Cour ; quant au troisième, il est dit frère de Hugue II dans deux chartes du Cartul. de Saint-Videur au Mans, éd. Bertrand de Broussillon, p. 4 et 6. Hugue II, fils de Hugue I'^, est cité comme comte avec son frère Foulque en 992 au n'*71 des Charles de Saint-Maixent, éd. Richard, t. ï, p. 78 ; en 1014 et 1000-1015 avec son frère Herbert Bacon dans les deux chartes déj.^ indiquées de Saint- Victeur au Mans. Il a pour fils Herbert Éveillo-Chien (« neveu de Herbert Bacon », disent les Actus, éd. Busson et Ledru, p. 363), lequel donne à son tour le jour à Hugue III, époux de Berthe et comte de 1036 à 1051.

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