Voir ci-dessus, p
2. Orderic Vital, IV, 12, éd. Le Prévost, t. II, p. 252 : « Herbertus, Cenomannorum comes... cognominari Evigilans Canem pro ingenti probitate promeruit. Nam post morlem Hugonis, patris sui, quem Fulco senior sibi violenter subjugarat, in cumdem arma Icvans, noctumas expeditiones crebro agebat et Andegavenses homineset canes in ipsa urbe vel in munitioribus oppidis terrebat et horrcndis assultibus pavidos vigilare cogebat » ; Ibid,, III, éd. Le Prévost, t. II, p. 102 : « Post obitum Herberli... qui vulgo Evigilans Canem cognominabatur, propter gravissimas infesta tiones, quas a perfidis afTinibus suis Andegavensibus incessanter paticbatur. » Cf. Adémar de Chabannes, III, 64 : « Tune temporis, comes Andegavensis Folco, cum manifeste superare nequirct Arbertum, Cenomannis comitem... »
Finalement, Foulque attim son ennemi dans un guet-apens : il lui donna rendez-vous à Saintes, qu il voulait, disait-il, lui sousinféoder * pour mettre un terme à leur différend. Herbert s'y rendit sans défiance; mais le comte d'Anjou, loin de chercher à traiter, le fit prisonnier dans, la nuit du 7 au 8 mars 102S et l'enferma dans le château -. Au dire d'Adémar de Chabannes, la comtesse d'Anjou Hildegarde aurait eu mission de faire subir le même sort à Tépouse de Herbert ; le coup aurait manqué et Foulque, dans la crainte de voir les seigneurs manceaux se soulever contre lui sous la conduite de leur suzeraine, n'aurait pas osé se débarrasser du comte du Maine par un meurtre, comme il l'avait d'abord projeté ^. Au bout de deux ans, il se décida donc à remettre Herbert en liberté ^ ; mais il exigea au préalable de lui
1. Nous avons vu ci-dessus, p. 54, que Foulque tenait Saintes en fief du duc d'Aquitaine.
2. Adémar de Chabannes, lïl, 54 (éd. Chavanon) : « Dolo acciit eum capitolium Sanctonae urbis, quasi in l)eneficio urbem ipsam ci concederel ; et incautum et nihil mali suspicantem, inclusum capitolio, ncfanda eum cepit traditione, primae ebdomadae quadrag-esimae secundo die. » — Nous établissons la date de 1025 en nous fondant sur ce double fait que 1® d'après les Annales de Vendôme (p. 61 de notre Recueil)^ Herbert était en liberté en 1027, et que 2° d'après Adémar de Chabannes, la captivité dura deux ans (« bicnnio carceratum diligenlissimc custodivit »). D'autre part, depuis le début de Tannée 1026, Foulque a été trop occupé par la guerre de Touraine pour qu'on puisse placer cette capture après 1025. Nous nous séparons donc sur ce point de la plupart des auteurs et surtout de M. Chavanon, qui, dans son édition de la chronique d'Adémar, place l'événement en 1029 (!). — Quant au mois et au quantième, nous les établissons en tenant compte des deux rédactions A et // (éd. Chavanon, p. 189 et p. 206) de la chronique d' Adémar : d'après //, l'événement eut lieu, de nuit et le premier dimanche de Carême ; d'après A, il eut lieu le lundi de la première semaine de Carême : cette différence vient très certainement de ce que l'événement eut lieu dans la nuit du premier dimanche au premier lundi de (Carême, soit, en 1025, dans la nuit du 7 au 8 mars.
3. Adémar de Chabannes, III, 64 (éd. Chavanon) : « Uxor vero ejus (Fulconis) uxorem Arberli dolo templavit caperc ipso die, antequam virum captum audiret ; sed ad eam quidam anticipavit prodere cautelam. Ideo Folco uxorem Arberti et principes timens, non est ausus eum inlerficere. »
4. Ibid, : a Biennio carceratum diligentissimc custodivit et a manibus ejus Dominus innocentem cripuit. »
une prestation ou un renouvellement d'hommage ^ et des otages qui répondraient de sa fidélité ; et bien que ces otages, enfermés au Lude, lui eussent été enlevés Tannée même par le comte de Rennes Alain ^, toute velléité d'indépendance parut dès lors étouffée chez le comte du Maine.
La mort de Herbert Eveille-Chien, survenue en 1036, et Tavènement de son fils Hugue III, encore en bas âge, vinrent malheureusement compromettre pour quelque temps Toeuvre de Foulque Nerra. En effet, au moment même où mourait Herbert, Tévêque du Mans Avesgaud était remplacé par son neveu, Gervais de Château-du-Loir. Entre ce dernier et le tuteur de Hugue III, Herbert Bacon, frère de Hugue II, une lutte éclata aussitôt: Herbert Bacon, craignant Gervais, refusait de le laisser entrer au Mans ; Gervais voulait, de son côté, expulser de la ville son adversaire et gouverner au nom du jeune Hugue III ^, Le fils de Foulque Nerra, Geoffroi Cartel, qui était alors maître du Vendômois \ fut sollicité d'intervenir dès deux côtés à la fois ^ ; quoique à ce moment même en guerre contre son propre père, il ne craignit pas de prendre parti pour Herbert Bacon et de marcher contre Gervais ^. Il fut battu par ce dernier, qui le
1. Voir sur ce point noive Etude sur la chronique de Foulque le Béchin (Bibl. delà Faculté des lettres, t. XIII), p. 20-21.
2. Annales de Vendôme (p. 61 de notre Hecueil) : « MXXVII... Eodem ipso anno, Britto Alanus, Lus obsidens, a Fulcone obsides omnes, quos ei Herbertus dederat cxtorsil. » — Sur rallianccde Herbert et d'Alain, antérieurement à 1027, voir un passage des Actus pontificum Cenomannis in urbe degentiuniy éd. Busson et Ledru, p. 3;')8 .
3» Sûr tous ces événements, voir les Actus pontif, Cenomann., éd. cit., p. 363, et une note importante dans les Ilist, de /»>., t. XI, p. 632 c .