‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 64 sur 398 · Ibid,, no · texte numérisé non relu

Ibid,, no

4. Ilisl. de Saint-Florent, p. 279 des Chron, des églises d'Anjou. Sur le Chardonnet, Campus Spinosus, plus tard quartier de Saumur, voir Port, Dictionn., t. III, p. 360, et t. I«% p. 626. — En 1030 déjà on pouvait transporter dans la nouvelle église du Chardonnet le corps de saint Florent [Ilist, de Saint-Florent, ibid.) et en 1041 on pouvait procédera la dédicace {ibid., p. 292).

diocèse le premier personnage de l'ordre ecclésiastique et dont le prieur marchait immédiatement après le doyen du chapitre cathédral ; son église était le lieu obligatoire de consécration pour chaque évêque nouvellement promu ; enfin elle était soustraite aux interdits qui n'atteignaient pas le diocèse tout entier*. Depuis la fin dû x' siècle, elle avait vu les donations affluer et avait commencé à établir des prieurés un peu de tous côtés : aux Alleuds 2j auLion-d'Angers^, à Craon^, àChampigné-sur-Sarthe^,

1. Tous ces privilèges sont énumérés aun<» 20 du Cartul, de Saint- Aubin , éd. Bertrand de Broussillon (28 février 972). Cf. ibid., n« 558.

2. Dès le temps de Tabbé Gautier (1036-1055) on trouve mention du prieur des Âlleuds {Cartul. de Saint-Aubin, n° 205 : Ascelinus, decanus de Alodis). La donation de l'église des Alleuds aux moines de Saint-Aubin semble avoir été faite en 974 par la comtesse Adèle (Cartul, de Saint-Aubin^ n® 3, analyse placée en tête par le ijédacteurdu cartulaire) ; cependant dans le corps de la pièce consacrée aux donations de cette comtesse, Téglise des Alleuds n'est pas mentionnée : or on possède cette pièce en original aux Archives de Maine-et-Loire, H 100, n® 73. D'autre part, dès la fin du XI* s. (avant la composition du cartulaire, par conséquent), on rapportait bien à la comtesse Adèle la donation de Téglise en question (Cartul. de Saint- Aubin, n<» 203 : ann. 1082-1101) et Tauteur des Annales de Saint-Aubin {Recueil d'annales angevines, p. 1) partageait cette manière de voir.

3. C'est en 1006-1028 que le trésorier de Saint-Maurice d'Angers Gui fit don aux moines de Saint-Aubin de l'église du Lion pour y fonder un prieuré, « ut eam monastice religioni pro arbitrio et posse suo interiori et exteriori cultu coaptarent » {Cartul. de Saint-Aubin, n*» 160). Gui dota richement le prieuré et nous y voyons les moines installés très peu après {Cartul. de Saint-Aubin, n^ 162). Nous n'avons cependant pas relevé de prieur avant Garnier, mentionné en cette qualité dans une charte des années 1082-1106 {Cartul., n» 172). .

4. Les moines installèrent dès le début un prieuré à Craon : voir Cartul. de Saint-Aubin, n® 721, et cf. Cartul. de la Trinité de Vendôme, éd. Métais, n^ 96, 97 ; or la donation de l'église Saint-Clément de Craon eut lieu au temps de l'abbé Hubert (1000-1027) : voir le môme n«> 721 du Cartul. de Saint-Aubin et cf. Bertrand de Broussillon, La maison de Craon, i. l, p. 18.

5. On trouve mention d'un prieuré constitué à Champigné dès le temps de l'abbé Gautier (1036-1055). Voir Cartul. de Saint-Aubin, n» 104 ; « Donavit abbas Walterius et monachi Sancti Albini Hucberto dimidiam curtem Campigniaci, excepta mansione et curte et ortis quos ibi habent in dominico, per talem conventum ut de toto bosco ipsius curtis monachus qui ibi in oboedientia erit faciat ibi bosoniam suam, etc. »

à Vaux V, à Méron 2, à Trêves 3, à Saille S à Saint- Remy-la-Varenne ^, à Brion ^ et peut-être aussi à la Pèlerine '^, à Château-Gontier * ; plusieurs églises dépendaient

1. Saint-Aubin possédait le domaine depuis 970-977, par donation du roi Lothaire [Cartul, de Saint-Aubin, n*» 937. Cf. n»» 938, 940) ; la constitution du prieuré date de Foulque Nerra : «... Iterum monachi resumpserunt I supradictam terram, annuente comité Fulcone et Gaufrido, filio ipsius, et ' ipsam commendarerunt obedientiam Magnardo monachoj ut edificaret eam monachiliter » [Car lui, de Saint^Aubin, n" 940).

2. On ne trouve pas mention formelle d'un prieuré avant le temps de Tabbé Gautier (1036-1055), mais les termes d&ns lesquels il est alors mentionné supposent une existence plus ancienne. Voir Cartul. Saint-Aubin^ ïï° 227 : «... pro hoc dederunt monachi qui tune apud Maironem mo rabantur, Ascelinus scilicet et Gurhannus, etc. »Cf. n» 231 (1055-1093) : « Tempore quo Fulcradus monachus preerat Mairono, etc. » Cf. aussi n<* 213, etc. L'histoire du domaine de Méron est clairement résumée dans Port, Dictionnaire^ article : Méron.

3. Le domaine appartenait anciennement à Saint-Aubin (voir Port, Dietionn.j t. in, p. 629); mais la première mention du prieuré n'est pas antérieure à 1056-1060 [CartuL de Saint-Aubin, n»» 218 et 219). Les termes du n** 219 du CartuL supposent cependant un prieuré depuis quelque temps constitué.

4. Du n» 906 du CartuL de Saint-Aubin (ann. 971) semble ressortir qu'un prieuré existait à Saille déjà avant Foulque Nerra.

5. Le domaine, donné indivis à Saint-Aubin et Saint-Lézin d'Angers par Foulque le Roux en929-930 (Car< h ^ de Saint- Aubin, n<> 177), avait été partagé en iOii (ibid., n^» 178 et 197). Dès 1060 env. au plus tard, le prieuré apparaît comme constitué : voir le n° 189 du CartuL de Saint- Aubin, où il est question de Robert Cadefaldus, « Varenne obedientiarius ».

6. La fondation du prieuré de Brion est des années 1039-1055 (Câr/u/,rfe Saint-Aubin, n^ 376).

7. On ne trouve pas mention d'un prieuré de la Pèlerine avant le troisième tiers du xi« siècle {CartuL de Saint-Aubin, n» 374), maisla possession de l'église et du domaine par Saint- Aubin remonte à la fin du x« siècle (CartuL de Saint-Aubin, n» 3 : 974, donation de la comtesse Adèle) et il semble bien qu'un prieuré s'y soit de bonne heure constitué.

8. La première mention du prieuré est contemporaine de celle du prieuré de la Pèlerine {CartuL Saint-Aubin, n^ 678, ann. 1082-1106), mais la donation de l'église .et du domaine avait été faite à Saint-Aubin dès la fin du x« siècle {ibid., n«>» 1 et 677).

d'elle ^ ; enfin, en même temps que croissaient ses richesses^ le nombre des moines qui venaient lui demander asile n'avait cessé d'augmenter 2.

L'abbaye de Saint-Serge d'Angers, quoique en moins belle posture, commençait cependant, elle aussi, à sortir de la misère et de l'abandon où elle avait ^té si longtemps plongée. L'évêque Renaud en avait relevé les bâtiments, y avait appelé des moines ^, leur avait donné un abbé particulier^, enfin s'était employé à

i. Notamment celles de Chartrené et des Ponts-de-Cé et la chapelle Saint-Hilaire du Mont {Cariul. de Saint-Aubin, n'** 3, 130,244). On ne constate Texistence d'un prieuré à Chartrené qu^en 1077 (ihid., n° 242).

2. Le nombre des moines est de cinquante-sept, plus Tabbé, en 1036 {fiarluL de Saint- Aubin, n*» 27), de quatre- vingt-.six en 1060 (ibid,, n« 30) et il sera de cent cinq en 1082 {ibid,, n^ 31).

3. Robert le Pieux, confirmant les donations faites à cette occasion, s^exprime ainsi : « Est autem Andegavis abbatia distans a civitate milliario semis versus orientem in honore sanctorum Sergii et Bacchi dedicata, in qua misit monachos Rainaldus, praefatae civitatis episcopus... » {Hiat. de Fr,, t. X, p. 583). Plus tard (en 1041-1047), l'évêque Hubert s'exprime ainsi : « Hune sancti loci et per venerabilemantiquitatem revcrendi casum magnifiée excellentiae vir, predecessor noster beatae memoriae Rainaldus presul, non ferens, instaurare incaepit et monachorum ibi quantulam catervam sub abbate degentium ordinavit » (Bibl. d'Angers, ms. 837, ancien 754, n« 1, orig.).

4. On a nié l'existence d'abbés particuliers à Saint-Serge avant la nomination de Bougrin, sans doute influencé par ce fait que la liste des abbés du monastère insérée au xrii<' siècle dans le manuscrit des Annales de Saint-Serge [Recueil d^annales angev, et vendôm., p. 109) ne donne pas le nom de ses prédécesseurs ; mais il faut remarquer que l'auteur de cette liste, d'ailleurs assez peu exacte, n'a pas la prétention de remonter plus haut que l'épiscopat de Hubert de Vendôme. En outre, quels ont été, suivant les érudits auxquels nous faisons allusion, les premiers abbés de Saint-Serge au XI* siècle ? — Ils n'ont pas nié, et pour cause, qu'il y en ait eu; mais ils ont prétendu que les deux prédécesseurs de Bougrin avaient été communs à Saint- Aubin et à Saint-Serge. C'est là Topinion qu'on trouvera exprimée dans la très médiocre Historia regalis abbatiae SS. Sergii et Bacchi prope Andegavum d'Alex. Fournereau (iîetjwc (/e« Soc.savantes, 5« série, t. II, 1870, 2» semestre, p. 373et suiv.), admise sous réserves par Hauréau(Ga//ia c/irù/., t. XIV, col. 643)etsans aucune réserve par Cél. Port (Dictionn,, 1. 1, p. 67). Cette opinion non seulement ne s'appuie sur rien, mais est formellement contredite par les textes. Le premier abbé de Saint-Serge après la restauration s'est

leur recréer des domaines ^ Son successeur, Hubert, en y nommant comme abbé le célèbre Bougrin (Vulgrinus) et en lui donnant la (c celle » de Saint-Maurille de Chalonnes, relevée elle aussi de ses. ruines, en avait définitivement assuré la prospérité 2. Saint'Maur de Glanfeuil suivait le mouvement ^ ; Marmoutier

bien appelé Renaud, tout comme l'abbé de Saint-Aubin en fonctions de 988 à 996 environ ; mais dans la charte où apparaît Renaud, abbé de Saint- Serge, il est simplement qualifié « venerabilis abbas Rainaldus ex caenobio sanctorum Christi martyrum Sergii et Bachi » (charte du ^*' C&rtuL de Saint-Serge, n« 16, copiée dans le ms. de la Bibl. nat. lat. 5446, p. 239, et Coll. dom Housseau, vol. 11^, n® 347). De plus, si la date de Tan 1000 généralement adoptée pour la restauration de Saint-Serge d'après une note publiée p. 134 des Chron.des églises d'Anjou (nous n'avons pu en retrouver la source) était exacte, ce qui est possible sans être certain, il s'ensuivrait queTabbatiat de Renaud de Saint-Serge aurait commencé quand Renaud, abbé de Saint-Aubin, avait disparu. Pour Hubert, successeur de Renaud à Saint-Serge, il y a impossibilité plus absolue encore à toute identification avec Hubert ou Humbert, abbé de Saint-Aubin : ce dernier a été abbé de Saint- Aubin , de 1000, ou plutôt 999, à 1027 (voir Cartul, de Saint-Aubin, n«» 25 et 26), tandis que l'abbé de Saint-Serge Hubert était encore en fonctions en 1040 (charte de Saint-Serge aux Arch. de Maine-et-Loire, H 857, n° 1, orig. des ann. 1040-1045; autre charte copiée d'après le 1*" Cartul. de Saint-Serge, n^ 28, dans le ms. de la Bibl. nat. lat. 5446, p. 245, et dans la Coll. dom Housseau, vol. 11^, n<> 421) ; enfin, de même que Renaud, Hubert, abbé de Saint-Serge, est qualifié « abbé du monastère de Saint-Serge », sans plus. Inversement, dans les chartes de Saint -Aubin relatives aux abbés Renaud et Humbert, il n'est pas question pour eux d'autres fonctions que l'abbatiat de Saint-Aubin.

1. Voir le diplôme de Robert le Pieux publ. dans les Hist, de Fr., t. X, p. 583, et la charte de l'évêque Renaud copiée d'après le l*"" Cartul. de Saint-Serge, n» 16, dans Bibl. nat., ms. lat. 5446, p. 239, et Coll. dom Housseau, vol. II S n'»347.

2. La charte par laquelle l'évêque Hubert nomme Bougrin, moine de Marmoutier, abbé de Saint-Serge et donne, en outre, à cette abbaye le monastère de Chalonnes est conservée en original à la Bibl. d'Angers, ms. 837, ancien 754, n<* 1 ; Mabillon l'a éditée partiellement dans ses Ann. ord. S. Bened., IV, iv, n» 73, en la datant à tort de 1036 : elle est des années 1041-1047, car elle porte le quantième du 1*** mars, est postérieure à l'avènement de Geofîroi Martel (21 juin 1040) et antérieure à la mort de l'évêque Hubert (1047).

3. La plupart des chartes du Cartul. de Saint-Maur, éd. par Marchegay,

commençait à essaimer sur le sol angevin ^ ; les monastères nouvellement fondés, et surtout Saint-Nicolas d'Angers et Notre- Dame-de-la-Gharité (plus tard appelée le Ronceray) ^, voyaient les donations affluer ; bref, la vie religieuse, qui semblait au X* siècle prête à s'éteindre, avait repris de toutes parts avec plus de force que jamais.

Ce n'était pas seulement la vie religieuse qui avait repris ; c'était aussi la prospérité générale. On verra, en effet \ qu'à cette même époque les comtes, pour appuyer leur politique de conquêtes, furent amenés à construire sur le sol angevin une grande quantité de nouveaux châteaux forts et que leurs vassaux imitèrent cet exemple : ce fut pour les paysans comme autant de points de ralliement ; exposés en rase campagne aux pillages et aux attaques, ils accoururent en masse autour de ces châteaux protecteurs : des bourgs ainsi naquirent, qui peu à peu devinrent des villes *.

Plus encore la renaissance des établissements religieux devait hâter ce mouvement : à côté de chacun d'eux, à côté des monas-

Archives d Anjou, t. I"'', sont fausses (voir celles que nous citons au Catalogue (Tactes) ; mais elles tiennent sans doute lieu de pièces perdues et le fond peut en être exact, à le prendre en gros.

1. Les prieurés de Chemillé et de Saint-Quentin-en-Mauges furent fondés vers 1040; ceux de Chalonnes et de Daumeray entre 1040 et 1047 ; ceux de Champtoccaux, de Montjean, de Carbay, vers 1050 : voir Marchegay, Archives (T Anjou, t. II, préface.

2. Voir notamment au Catalogue d^ actes les nombreuses chartes de donations des comtes d'Anjou à ces deux monastères.

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