‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 66 sur 398 · Port, ibid.y p · texte numérisé non relu

Port, ibid.y p

6. Pour toute la description qui suit, voir Péan de la Tuillerie, Description de la ville d'Angers, éd. Cél. Port (Angers, 1869, in-12), avec les notes ; Thorode, Notice de la ville d'Angers, éd. E. L[ongin] (Angers, 1897, in-8'*), avec les notes ; G. d'Espinay, Notices archéologiques : Angers, dans \si Revue de l'Anjou, nouv, série, t. VII-XIII, 1872-1875, et en vol., Angers, 1875, in-8<* ; Port, Dictionnaire, v® Angers ; voir enfin Farcy et Pinier, Le palais épiscopal d'Angers dans Revue de l'Anjou, t. XXX, 1895. — Nous suivrons ces auteurs, n'indiquant nos références que là où nous nous éloignons d'eux.

7. Cette distinction n'est pas faite par les archéologues modernes. Elle est cependant très nettement indiquée dans les textes : il y est question comme de deux parties distinctes de la civitas et du burgus Andegavensis,

garnissant le sommet de la colline et dominant la Maine presque à pic, était resserrée dans d'épaisses murailles datant de Tépoque barbare * et percées de quatre portes : la porte Angevine, an nord, la porte Hugon, à Test, la porte Chanzé, au sud, la porte de Pied- Boulet, à Touest. Le bourg, qui, en contre-bas de cette étroite enceinte, arrêté à Touest par la Maine, s'était étendu le long de là route du Mans, avait à son tour été, avant la fin du x« siècle ^, enfermé dans une enceinte, où deux portes avaient été seulement pratiquées pour laisser passage aux routes qui débouchaient de la cité : la porte Boulet, en face de celle de Pied-Boulet, sur la route du Lion-d^ Angers, et la porte Girard, en face de la porte Angevine, sur la route du Mans ^. — Dans cette double enceinte la ville étouffait : le bourg n'était guère qu'un long mais étroit couloir et la cité suffisait à peine à contenir les édifices multiples qui s'y étaient autrefois bâtis, tels que le château des comtes, avec la petite chapelle Sainte-Geneviève ^, qui, à côté delà porte Chanzé, dominait la Maine au sud, le palais épiscopal, à côté de la porte Angevine, l'église cathédrale Saint-Maurice et la petite église Saint-Aignan ^.

Aussi, bien avant Foulque Nerra, .Angers avait débordé en dehors de ses murailles : partout aux alentours s'étaient construites des églises comme Saint-Pierre, Saint-Martin, Saint-

Voir, par exemple, les n»» 36 (924) et 76 (1060-1081) du Cartul. de Saint- Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, et aussi le n^ 47 (1080 env.) du Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay, où il est dit expressément qu'on sort de la civitaa pour se rendre à la porte Boulet. D'ailleurs, encore au XVI II*' siècle, Péan de la Tuilier ie (loc. cit,) distingue nettement la « cité » de la « ville ».

i. Du v« siècle, suivant M. d'Espinay. Cf. Farcy et Pinier, loc, cil,, p. 127.

2. Cette enceinte daterait même du ix« siècle, suivant M. d'Espinay.

3. Miss Kate Norgate a donné d'Angers à cette époque un plan d'une grande inexactitude au t. I, p. 164-165, de son England under the angevin kings,

4. Voir la charte n<* 25 du Cartul. de^ainl-Laud, éd. Planchenault.

5. L'église Saint-Aignan était au cœur de la cité : voir Annales de Saint-Serge, ann. 1132 [Recueil cTa/in. angevines et vendant., p. 95).

96 LE COMTÉ D*A?IJOU

Michel du Tertre, Saint-Micfael-Ia-Palud, à lest, Saiot-Eyroult, au sud, Saint-Samson, aa nord, oa bien des monastères comme Saint-Aubin, Saint-Lézin, Saint-Serge. Mais les bourgs, qui correspondaient à ces ^lises et à ces monastères, avaient été ruinés évidemment en même temps que ces établissements mêmes ; en présence de la menace perpétuelle des pillards normands ou bretons, il avait fallu fuir cette banlieue et chercher ailleurs un refuge. Tous ces bourgs ruinés ou disparus se reconstituèrent ; de l'autre côté de la Maine, autour des deux nouvelles abbaves de Notre-Dame-de-la-Charité et de Saint-Nicolas, il en naquit de nouveaux ^ ; un pont de pierre fut bâti pour les relier à la cité ^ et quand Tun d*eux brûla quelques années, plus tard (1088), il avait pris une assez grande extension pour que les annalistes angevins pussent en noter Tincendie comme un événement important^. De même, sur la rive gauchede laMaine, les maisons s^entassèrent si rapidement le long de la route des Ponts-de-Cé, qu'en 1032, lorsque le fèu prit à l'église Saint-Maurice, il put se propager jusqu'au monastère de Saint- Aubin et le détruire presque en entier ^.

1. Voir notamment CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n*» 42 à 63. Au n» 5 on voit que le bourg de Notre-Dame-de-ia-Charité iqui n'existait pas encore en 1028, car il n*en est pas question au n® 1), existait dès 1040.

2. Port, Diclionn,, t. I, p. 105, a justement fait remarquer que sur remplacement de ce Grand Pont un pont ^vait certainement existé à Tépoque romaine ; mais le pont romain ou bien avait été détruit, ou bien était un simple petit pont de bois. La première hypothèse est la pins vraisemblable, car dans une charte du Ronceray où il est question du pont de pierre que, vers 1028, Foulque Nerra et Hildegarde firent construire en cet endroit, on s'exprime ainsi : <« Pon» Meduane, quod lapideo opère iiiultisque sumplibus inter ipsum monasterium etcivitatem construxerunt » (CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n» 63) : de ces expressions il semble ressortir que, sans ce pont de pierre, la nouvelle abbaye n'eût pas été reliée à la ville. Sur celte construction, voir encore ibid,, n» 4 : Hildegarde et Foulque donnent aux nonnes des pêcheries « de loto ponte Meduane, quod videlicet lapideo opère conslruximus ».

3. Annales dites de Renaud et Ann. de Saint-Aubin, p. 6 et 89 du Recueil dannales angev, et rendôm,

4. Ann, de Sainl-Aubin, de Vendôme, de Renaud, et Obit, de Saint-Serge,

ibid.y p. 3, 46, 61, 86, 107 ; Chron, de Saint-Maixenl, p. 391 des Chron, des églises d'Anjou. — Remarquons en terminant ce chapitre que si les vilains ont bénéficié de ce mouvement général de renaissance, ce n'a été qu'indirectement ; on ne voit pas qu'à cette époque on ait, pour les attirer dans les bourgs nouvellement créés, exonéré des plus lourdes charges ceux d'entre eux qui viendraient y habiter. A l'appui de cette idée, M. Flach, Origines de Vancienne France, t. II, p. 168-169, n'a pu citer que la fausse charte de fondation de Beaulieu (voir Appendice IV) et à la p. 165, n. 1, il a interprété à tort la charte n» 269 du Carlul. du Ronceray, éd. Marchegay, comme une concession faite en faveur des vilains, alors qu'elle est faite en faveur du monastère. Nous ne parlons même pas de M. de Salies qui, dans un élan de lyrisme imprévu, déclare reconnaître en Foulque Nerra un souffle civilisateur puissant (Hist. de Foulques Nerra, Introd.).

Halphen. — Le comté d'Anjou.

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