Voir ci-dessus, p
2. Ce n'est que vraisemblable. M. Schwabe admel que Léon IX ne leva jamais niTinterdit ni Tcxcommunication et même que GeofTroi Martel resta excommunié jusqu'à la fin de sa vie [Studieriy p. 85-86) ; M. Brôcking {Die franz. Politik Leos IX, p. 79, n. 1) a avec raison, selon nous, considéré l'opinion opposée comme infiniment plus probable.
3. Le transfert de Gervais sur le siège de Reims n*aura lieu qu'après la mort de Léon IX, dans le courant de l'année 1055, et ce sera seulement alors qu'un nouvel évèque sera élu au Mans : voir ci-dessous, n. 5.
4. Sudendorf, Bererujarius Turonensûs, lettre n? 8, p. 212-214 : cette lettre est antérieure, non seulement à la mort de Léon IX (19 avril 1054), mais au 15 août 1052, date à laquelle la paix était faite entre GeofTroi et le roi (voir ci-dessus, p. 76, n. 3).
5. Gervais fut, en effet, transféré sur le siège de Reims à la mort de l'archevêque Gui, et GeofTroi Martel, à cette nouvelle, fit procéder à l'élection d'un nouvel évoque du Mans ; ce fut un abbé angevin, Bougrin [Vulgrinus)y abbé de Saint-Serge d'Angers, qui fut choisi (voir les Actus pontificum Cenomannis in iirbe degentium, éd. Busson et Ledru, p. 373). Cette élection eut lieu le 31 août 1055, puisque Bougrin, mort le 10 mai 1065 (Soles de Vobit, de Saint-Serge, p. 108 du Recueil d'annales angevines et vendômoises), fut évèque neuf ans, huit mois, onze jours, suivant les Actus pontificum Cenomannis in urbe degentium, p. 374.
126 LE COMTÉ d'aNJOL*
après, GeofFroi Martel ait pu prendre très nettement la défense de Bérenger, et par cela même de son protecteur Tévêque d* Angers, contre un parti qui avait à sa tête le pape lui-même ^
Personnellement d'ailleurs le comte ne manquait pas de prestige ; non pas que Foulque Nerra et Geoffroi Martel aient été des bomipes supérieurs, mais par leur énergie, leur audace, par leur piété ardente, quoique grossière, par leur violence même ^ ils en ont imposé à leur entourage et ont laissé une trace profonde dans Timagination populaire.
Gela est surtout vrai de Foulque Nerra : plus vive fut chez les contemporains l'impression produite par ce prince extraordinaire qui, après avoir succédé à son père dès Tâge de dix-sept ans à peine ^, occupa le pouvoir jusqu'à sa soixante-dixième année, étonnant jusqu'au bout le monde par son ardeur infatigable, et que la mort vint surprendre sur les grands chemins, à Metz, au retour d'un Iqintain pèlerinage en Terre Sainte (21 juin 1040) ^. Geoffroi Martel, au contraire, enlevé prématurément à l'âge de
1. Voir dans Sudendorf. Berengarius Turonensis, p. 215, n" 10, une lettre écrite au nom de GeofTroi Martel pour prendre la défense de Bérenger auprès d'Hildebrand. Cette lettre, postérieure au concile de Tours de 1054, se place au début de Tannée 1059, au moment où Bérenger se rend au concile de Rome de Pâques 1059 (voir Schwabe, Studien, p. 88).
2. Voir, à cet égard, pour Foulque Nerra, une charte très significative au Livre noir de Saint-Florent de Saumur, fol. 129 {Pièces juslif.j n® 6), et pour Geoffroi Martel le CartuL de Saint-Aubin d'Angers, éd. Bertrand de Broussillon, t. II, p. 209 : «... Hesit in hoc comes Gaufridus et, ut qui prevalebat utens sua vi constanter immo violenter, pro potestate asseruit quia... » Cf. le passage de r//ûl. c/e Sdm<-jp/ore/i/ cité ci-dessous, p. 131,
3. On se souvient, en effet, qu'il était né vers 970 et avait succédé à son père en 987 : voir ci-dessus, p. 8-9.
4. Sur la date de sa mort, voir ci-dessus, p. 10, n. 1. Sur les circonstances et le lieu de cette mort, outre le passage de Foulque le Réchin déjà cité au même endi*oit, voir Raoul Glaber, IV, 9, éd. Prou, p. 113-114 :
cinquante-cinq ans S après un court règne personnel de vingt ans, rendit simplement le dernier soupir dans son lit, à Tabbaye de Saint-Nicolas d'Angers, où il avait revêtu Thabit monastique (14 novembre 1060)^, sans avoir pu, malgré ses nombreux mariages^, s'assurer une postérité. Moins riche aussi en
a Preierea Fulco, Andegavorum cornes, de quo superius quedam retulimus, ter Iherosolimam jam perrexerat veniensque Mettensem urbem, ibidem obiit » (texte paraphrasé par les Gesta, 3* réd.) ; CartuL de Cormery, éd. Bourassé, charte n® 35 : a Annoab incarna tione Domini M^LIV*»... florente quoque in principatu, tam in Andecava regione qiiam in Turonica, bellicosissimo comité Gauffredo, Fulconis comitis filio, illius videlicet Fuiconis qui obiit peregre dum rêver teretur a sepulcro Domini... » C'est, bien entendu, à Metz en Lorraine et non à Metz en Gàtinais (qu'on n^eût pas qualifié iir/>s), comme le suppose miss Kate Norgate {England under the angevin kings, t. I, p. 168, n. 3), que mourut Foulque ; suivant la 3* rédaction des Gesla consulum, ses entrailles y furent déposées dans le cimetière de la cathédrale (Chron. den comten d'^Anjou^ p. 117) ; mais son corps fut rapporté en grande pompe en Anjou et inhume, suivant ses dernières volontés, à Tabbaye de Beaulieu près Loches (Foulque le Réchin, hc, cit, ; Raoul Glaber, IV, 9, éd. Prou, p. 114; Miracles de saint Nicolas^ dans le Catalogus eodicum hagiogr, latin, BibL Paris, , t. III, p. 160; n^ 78 du Catalogue d''actes). L^emplacement du tombeau de Foulque Kerra était encore marqué à Beaulieu, au xviii* siècle, par un monument d'époque tardive : voir Appendice V.