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7. Foulque le Réchin, dans sa chronique, attribue formellement la construction du château de Montreuil-Bellay à Foulque Nerra et son témoignage est entièrement confirmé par celui de l'auteur de la Chronique de Méron^ qui, écrivant au milieu du xiie siècle, déclare formellement que le château de Montreuil-Bellay a été bâti par untomte d'Anjou, qui l'a inféodé au premier seigneur du lieu (Ckron. des églises d^ Anjou, p. 85.): «...antequam castrum Mosterioli a comité Andecavorum fuisset constructum et praedecessoribus Giraudi illius datum. » Ce comte d'Anjou ne peut être que Foulque Nerra, contemporain du premier seigneur de Montreuil-Bellay,

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ou fait élever par quelques-uns de ses fidèles les châteaux dé Montrésor et de Sainte-Maure *. Au sud, il s'était fortifié à Mirebeau, vers 10052, et peut-être aussi à Faye-la- Vineuse, à Moncontour, à Passavant, à Maulévrier ^. A Touest, où il s'était agi

i. Pour ces deux derniers châteaux, nous n^avons que le témoignage de Foulque le Réchin, lequel dit fonnellement qu'ils ont été élevés par Foulque Nerra. Nous avons montré dans notre Elude sur la Chronique de Foulque le Réchin^ lac. cit.^ p. 27-28, ce que cette assertion avait de vraisemblable.

2. Voir le diplôme de Robert le Pieux publié dans les Hist. de Fr,, t. X, p. 577, et dont l'original existe encore aux Archives dlndre-et-Loire, H 75 : « Ipse namque Fulco comes construxit suo tempore in comitatu Turonico castellum quoddam, quod vocatur Mons Basonis, in terra ipsius coenobii et alterum construxit castellum in comitatu PictavOj quod vocatur Mirebellum, terrae ipsius coenobii proximum, etc. » Ce diplôme est des années 1002-1006 (Pfister, Robert le Pieux, Catalogue, n» 24). Foulque le Réchin, dans sa chronique, cite aussi le château de Mirebeau comme ayant été construit par Foulque Nerra.

3. Pour ces quatre châteaux, on n'a que le témoignage de Foulque le Réchin : « In Pictavico Mirebellum, Montem Consularem, Faiam, Musterolum, Passavantum, Malum Leporarium [aedificavit] » (éd. Marchegay et Salmon, p. 377.) Dans notre Étude sur la Chron. de Foulque le Réchin, loe. cit,, p. 28-31, nous nous sommes efforcé de montrer ce que celte assertion avait de vraisemblable. Toutefois plusieurs rectifications doivent être apportées à ce que nous avons dit alors : 1° En ce qui concerne Passavant, c'est par suite d'une singulière distraction que nous en avons noté la destruction en 1010, en nous appuyant sur le témoignage de Hugue de Flavigny {Uist. de Fr,, t. X, p. 206O-207A.). H ne peut être question chez cet auteur de Passavant en Poitou. Rien ne permet de supposer l'existence du château de Passavant avant l'époque du premier seigneur, sur lequel nous reviendrons plus loin. — 2° En ce qui concerne Faye-la- Vineuse, de nouvelles recherches nous ont amené à penser que les affirmations de Bourassé {Notice sur Faye-la- Vineuse, dansles Mém.Soc, arch, de Touraine, t. III, 1847, p. 161 et suiv.) et de Carré de Busserolle (Diction/*. d'Indre-et-Loire, t. III, dans les Mém. Soc. arch, de Touraine, t. XXIX) quant à l'existence de seigneurs de Faye avant le début du xi* siècle étaient dénuées de fondement : ces auteurs ne donnant aucune indication précise, il est difficile de critiquer leurs dires, mais il semble bien qu'ils aient en vue pour établir Texistence de Landri de Faye, d'Ebbon et d'Érard des textes du xi*s. mal interprétés (L/rre noir de Saint-Florent, f<>» 39 v° et 43 r®). La première mention d'un seigneur de Faye que nous ayons trouvée est de 1031 au plus tôt et rien ne prouve l'existence d'un château à Faye-la-Vineuse avant cette date.

d'occuper les Mauges, Foulque et Gçoffroi avaient pris soin d'établir sur chaque point dont ils prenaient possession quelque nouvelle forteresse : Montrevault, vers Tan 1000 ^ ; un peu plus loin, Montfaucon, vers 1026 ^-^ enfin Saint-Florent-le- Vieil 3. Au nord, c'avait été les châteaux de Château-Gontier, vers 1007 *, de

1. Voir une charte de Saint-Serge d'Angers, de Tan 1058» copiée dans la Collection dom Housseau, vol. II*, n° 582, où il est rappelé que Foulque Nerra avait, pour construire son chÀteau de Montrevault, enlevé à Téglise Saint-Maurice d'Angers des domaines donnés par Tévêque Renaud et situés dans les Mauges. Le don de Renaud se place vers Tan 1000 : voir le diplôme du roi Robert, n« 8 du Catalogue de Pfister, Robert le Pieux.

2. "ifist. de Saint-Florent (Chron. des églises d'Anjou^ p. 281) : « Denique Fulco cornes versus Toarcenses in jus Sancti Florentii castellum ex monte et nidofalconum nuncupatum instituit, quod duodecim, coacti a monachis Espevan degentibus, cum aliis operariis peregerunt. » Cela se place immédiatement après l'infructueuse tentative faite par Eude II de Blois pour reprendre Saumur (1026).

3. Ibid.y p. 282 : « Fulco vero cum filio Goflfredo et uxore Agnete... Glomnam Montem tetenderunt et in occidenti parte montis castellum determinaverunt. » Chron. de Nantes, éd. Merlet, XLVII, p. 139-140 : » Insuper abbatiam Sancti Florentii Namnetici territorii... Fulco comes recenier abstuleratet castellum ibi... fecerat. » Le château ne fut achevé que sous Geoffroi Martel, comme le prouve une charte souvent citée du Livre noir de Saint-Florent de Saumur, f» 54 r* et v«, éditée par Marchegay dans la Bibl, École des Chartes, t. XXXVI, 1875: Geoffroi le Barbu, en 1061. y dit : « Avus meus et avunculus castellum terraeque cumule ac lignis magnae altitudinis asilum circa monasterium Beati Florentii, quod vêtus dicitur, construxerunt, etc. » Voir ci-dessus, p. 52.

4. Voir la charte de Saint-Aubin n<> 1 du Carlul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon : « Anno ab incarnatione Domini MVII, Gaufridus Martellus natus est et pater ejus Fulcho, nobilissimus comes Andecavorum, filius Gaufridi fortissimi comitis qui cognominatus est Grisia Gonella, firmavit castellum super Meduane fluvium in curte quae vocatur Basilicas... Firmato itaque castello eoque ut poterat munito, ex nomine cujusdam villici sui iltud Castrum Gunterii appellavit. » Nous disons seulement que c*est vers 1007 que ce chftteau a été construit, parce que la date de 1007 est peu sûre (voir ce qui a trait à la naissance de Geoffroi Martel, ci-dessus, p. 10, et le Catalogue d^actes^ n° 53). Foulque le Réchin, dans sa chronique {loc. cit.), note la construction de Château-Gontier par Foulque Nerra.

Baugé *, vers le même temps, de Mateflon ^ et de Dur-

1 . Foulque le Réchin, dans sa chronique [loc. cit.), attribue à Foulque Ncrra la construction du château de Baugé. Dans notre Etude sur cette chronique {loc. cit., p. 3i-32), nous avons cherché à montrer ce que cette affirmation avait de vraisemblable. Mais pour avoir suivi avec trop de confiance les indications fournies par Marchegay dans ses Recherches sur le Vieil-Baugé {Revue de V Anjou et Maine-^t-Loire, série I, 2» partie, 1852, p. 277), nous avons avancé plusieurs assertions inexactes : il faut, plus nettement qu'on ne Ta fait, distinguer Baugé et le Vieil-Baugé. C'est le Vieil-Baugé (appelé Baugé tout court, tant que l'autre n'exista pas) qui fut en la possession des seigneurs de Beaupréau, descendants de Josselin de Rennes. Baugé, où fut bâti le château de Foulque Nerra et qui devint le centre de la région, ne cessa pas, au contraire, pendant tout le xi« siècle, d'appartenir au comte d'Anjou personnellement : le comte y eut prévôt et voyer (voir notre étude sur les Prévôts et voyers du Xî^ siècle dans le Moyen Age, 2« série, t. VI, 1902, p. 297 et suiv.), y tint fréquemment sa cour, y eut des vassaux et des tenancierâ ; enfin on sait que Baugé fit partie des domaines que Foulque le Réchin hérita de GeoiTroi Martel (voir spécialement, pour l'époque de Foulque Nerra, lesn^» 112,301 du Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay ; 254, 265, 272, 284 du Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon ; 216, 514 du Cartul. de la Trin. de Vendôme, éd. Métais, etc...) Or ces observations permettent de rendre à peu près certain le fait de la construction du château de Baugé par Foulque Nerra : en effet, en 999 (charte n9 12 du Catalogue d'actes) Balgiacus, simple villa, désignant encore le Vieil-Baugé, on en peut conclure qu'il n'y a pas à ce moment d'autre Baugé ; en 999, le château de Baugé n'existe pas. D'autre part, ce même château (qui* nous l'avons vu, ayant appartenu dès l'origine au comte, n'a pu être construit que par le comte) a certainement existé du temps de Foulque Nerra, comme on le voit au n° 301 du Cartul, du Ronceray, éd. Marchegay : « Venerabilis comitissa Hildegardis dédit S. Marie molinum unum in stangno Balgiaci castri, in tempore Fulconis comitis. » Conclusion : c'est bien Foulque Nerra qui a construit le château de Baugé. — Quant à la date de la construction, Marchegay {loc. cit.) et Port {Dictionn., I, p. 227) supposent qu'il faut la chercher entre 1015 et 1025, cette construction se rattachant, selon eux, à la conquête du Saumurois par Foulque Nerra »(?).

2. Voir le n*» 130 du Cartul, du Ronceray, éd. Marchegay. Cél. Port, Dictionnaire, t. II, p. 614, fait erreur quand il dit : « Un des petits-neveux du comte Geoffroy Grisegonelle, Foulques, de la famille de Champagne, éleva de 1030 à 1040 un château fort. Le domaine lui avait été donné par le comte Foulques Nerra pour tenir en bride et mater les vassaux félons et sous l'obligation particulière de protéger contre toute attaque l'église et la villa de Seiches, faisant partie de la dotation du Ronceray d'Angers. » Ces indications inexactes proviennent sans doute d'une interprétation

tal S après f040. Enfin une foule d'autres châteaux étaient alors sortis de terre, soit grâce au comte, soit grâce à tel ou tel de ses vassaux : BrioUay ^, Beaupréau ^, Montjean ^, Cbemillé ^ et bien

fausse du n^ 85 du Cartul, de Sainl-'Aubin, éd. Bertrand de Broussillon. Le premier seigneur du lieu a été, aux termes de la charte citée du Ronceray [loc, cit., p. 94, 1. 26), le père de ce Foulque de Mateflon qui paraît de 1074 à 1115 environ (Cartul, de la Trin, de Vendôme, éd. Métais, n® 245 ; Cartul. de SainlAubin, n«« 108, 412. 678, 742, etc.).

1. Voir Cartul, de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n° 306.

2. Port, Dictionn,, I, p. 504, s'avance beaucoup quand il dit : « Foulques en fit don vers 980 à son fidèle Burchard, qui y fonda sous le château une église. » Outre que la date de 980 est forcément inexacte. Port n'a sans doute pas d'autre document à l'appui de son dire qu'une charte conservée en original aux Arch. de Maine-et-Loire, H 857, n^ 1, laquelle ne contient rien de semblable. Le trésorier Bouchard, en 1040-1045, y dit seulement : « Ego Burchardus clericus et thesaurarius S. Maurîcii ma tris ecclesiae Andegavensis sed et beneficium laïcale possidens per paternam haereditatem ex donc senioris mei Gosfridi, filii Fulconis incliti comitis, etc. » Tout ce qu'on peut conclure de là, c'est que le château de BrioUay (mentionné explicitement plus loin dans l'acte) a existé au temps de Foulque Nerra ; on n'en trouve pas trace avant.

3. Voir ce que nous disons plus loin des seigneurs de Beaupréau : c'est sous Foulque Nerra que se fonde cette maison et par suite très vraisemblablement le château.

4. Ici encore Port [Dictionn,, II, p. 714) en dit trop quand il parle du château de Montjean existant u dès la fin tout au moins du x* siècle » ; tout ce qu'on peut dire, c'est que ce château existait au temps de l'abbé de Saint-Florent Giraud de Thouars (1013-1022), épo({ue où, suivant VHist. de Saint-Florent {Chron, des églises d^ Anjou, p. 265), Aubri, seigneur « Montis Johannis castri », entra en possession de l'église de Châteaupannc. (Port écrit bien à tort, ibid, : « Le premier seigneur, Albéric, s'était fait céder par les moines de Saint-Floronl le château voisin de Châteaupanne, et, pour rester seul maître, l'avait sans doute rasé).

5. Pour Chemillc aussi, Port [Dictionn,, I,p. 670) force les textes quand il dit : « Au x' siècle, sans que l'évêque ait perdu son droit de suzeraineté, la terre a été inféodée par le comte d'Anjou â un de ses plus puissants vassaux... Mais dès les premières années du xi* siècle, le château fort, castrum, bâti à Saint-Pierre, avec l'église primitive, est abandonné par le seigneur qui a transporté sa demeure à distance sur un faite plus escarpé et de plus facile défense. » En réalité, le castrum de Cbemillé n'est mentionaé explicitement que dans le second quart du xi* siècle (la charte que Port cite p. 668, col. 2, comme étant de 1002, est fausse : voir Marchegay, dans Bibl. nat., nouv. acq. fr. 5022,f°l); quant aux seigneurs de Cbemillé, nous montrerons plus loin qu'on n'en trouve pas trace avant

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d'autres sur lesquels malheureusement nous manquons de renseignements précis.

Or ayant trop peu de ressources en hommes et en argent pour assurer eux-mêmes directement la garde de leurs châteaux et ne pouvant pas toujours non plus bâtir ou achever de bâtir tous ceux dont ils avaient besoin, les comtes avaient été tout naturellement amenés à en concéder une bonne partie en fief à leurs fidèles. Ainsi, à Château-Gontier, Foulque Nerra s'était contenté d'abord d'un fortin élevé rapidement vers 1007 et auquel il avait préposé un simple gardien ; puis, plusieurs années après, comme la construction était insuffisante, il avait voulu entreprendre d*y adjoindre un grand donjon ; mais, absorbé par la guerre et peut-être aussi faute d'argent, il avait dû renoncer à réaliser lui-même ses projets et inféoder le tout à Renaud Ivon, à charge de continuer et mener à terme Toeuvre commencée ^

Les comtes du x® siècle n'avaient sans doute pas complètement ignoré ce procédé : nous voyons, par exemple, que, suivant les Gesta consulum Andegavorum^ Geoffroi Grisegonelle, non coptent du château qu il possédait en propre à Amboise, en avait bâti un autre plus petit au sud de la ville et lavait inféodé à un de ses fidèles nommé Landri de Châteaudun - ;

les premières années du xi® siècle, et nous ne savons où Port a pu prendre ce qu'il dit d*un premier château qui aurait existé au x*.

1. Nous analysons la notice n° 1 du Carlul. de Saint- Aubin, éd. Bertrand de Broussillon ; voici le passage essentiel : « Post multumvero temporis, cum idem cornes turrem non parvis sumptibus eodem Castro ediÛcarc cepisset jamque in altum aliquantulum porrexisset, insurgentibus sibi guerris, principali largitate dédit castrum cuidam optimo militi, Rainaldo videlicet Yvonis, qui castri turrem a comité inceptam augmentare studuit... sed tamen comes, ut vir prudentissimus, ejusdem turris propriam dominationem sibi retinuit. »

2. « Hune Landricum pater Mauricii Gosfridus consul Ambazio hereditaverat et domum munitissimam a meridiana parte Novi Castri sitam cumplurihus casamentis ei donaverat » {Chron, des comtes d'Anjou^ p. 88). Indépendamment de cette forteresse de Landri, le comte avait dans Amboise son château propre, ce qu'on appelait « le Domicile » {Gesta Ambaz., ibid., p. i75), qu'il faisait garder par un châtelain, custos^ à ses

mais si le fait est exact, il avait dû être un peu exceptionnel. Au contraire, Foulque Nerra et Geoffroi Martel, multipliant leurs forteresses, avaient été du même coup amenés à multiplier ce genre d'inféodations, et Ton peut même dire que presque chacune de leurs fondations de châteaux avait eu pour résultat immédiat la formation d'une nouvelle seigneurie.

Ainsi, nous avons vu Foulque Nerra fonder le château de Langeais vers 994 ; presque aussitôt nous constatons que Langeais est devenu le siège d'une nouvelle maison féodale : Hamelin I^^ de Langeais apparaît vers l'an 1030, et quand il meurt, sous Geoffroi le Barbu, son fief passe à ses descendants ^ Quelques années après, Foulque avait fondé le château de Montrevault; immédiatement il l'avait inféodé à Etienne, beaufrère de l'évêque d'Angers Hubert, et une nouvelle seigneurie avait encore paru : Etienne avait marié sa fille Emma au vicomte du Mans Raoul, qui, succédant à son beau-père, avait pris le titre de vicomte du Grand-Montrevault, pendant que tout à côté, sur une terre

ordres : Foulque Nerra y eut pour gardien Léon de Meung, qu'on trouve aussi cité dans les chartes sous le nom de Léon d'Amboise (voir ibid,, p. 175, et Cartul. Trin, Vend,, éd. Mêlais, n"» 35, 38, 40, etc.). Plus tard, nous verrons ^ulpice le trésorier constmire h Amboise une nouvelle forteresse dite « la Tour-de-Pierre » ; et sous Geoffroi Martel, alors que la « maison de Landri de Châteaudun » n'existera plus depuis longtemps, il y aura à Amboise, outre « le Domicile » et « la Tour-de-Pierre », une troisième demeure fortifiée appelée «la Motte Foucois n{Chron. des comtes d* Anjou, ibid.}.

1. Nous nous sommes longuement étendu sur la maison de Langeais dans notre Étude sur la Chronique de Foulque le Réchin, loc. cit., p. 22-26 ; mais en ce qui touche les débuts de cette maison nous avons peutêtre eu tort de nous fier à Carré de Busserolle, Diiitionn. d' Indre-et-Loire, t. IV (v^ Langeais) : en effet, malgré de nombreuses recherches, nous n'avons pu trouver de « seigneur de Langeais » avant Hamelin !•', lequel paraît dans les chartes à partir de 1032 et est surtout cité après 1060 : en 1063, dans le Cartul, tourangeau de Marmoutier, f" 63 r®, analysé dans la Coll. dom Housseau, vol. 1, n® 233^ ; entre les années 1034 et 1064, dans une charte de Marmoutier relative à Fontcher copiée ibid,, vol. IP, n°609, où il est cité avec son fils Gautier et sa femme Hersent; en mai 1065, avec ses frères Hugue et Gautier dans une charte du Cartul, de la chambrerie de Marmoutier, f*» 12 v«, copiée ibid,, vol. IP, n* 689.

reçue en fief, elle aussi, de Foulque Nerra par Roger le Vieux, éiaieut nés et avaient grandi le château et la maison duPetit-Montrevault*. Vers le même temps, Foxilque avait fondé le château de

1. En ce qui touche les débuts des deux maisons de Montrevault, qu'il est parfois malaisé de bien distinguer, Célestin Port {Dictionn.y t. II, p. 728 et 730, et t. III, p. 448) est assez confus et même inexact. Voici ce qui nous paraît pouvoir être dégagé : en 1047-1058, d'après les termes d'une charte de Saint-Serge, de Tan 1058, copiée dans la Coll. dom Rousseau, vol IP, n® 582 (donation de Raoul, vicomte du Mans, pour la sépulture de sa femme), il semble bien qu'il n'y ait encore qu'un Montrevault, car on y dit que Foulque Nerra a construit le château « quod Montem Rebellem nominavit » et il y est question d'une église « juxta praedictum castellum Montis Rebellis », sans qu'on éprouve le besoin de distinguer, comme on le fera plus tard, entre le Grand et le Petit Montrevault. Or à cette date le « seigneur de Montrevault )> est Raoul, vicomte du Mans (étant vicomte par ailleurs, il s'intitulera « vicomte de Montrevault »), époux d'Emma, elle-même fille (voir la charte précitée) d'Etienne, beau-frère de l'évêque d'Angers Hubert. Dans la charte de Saint- Serge que nous venons de citer, il est dit que Raoul tenait le fief de Montrevault du chef de sa femme Emma («^ Radulphus vicecomes, ad quem per praedictam Emmam possessio illa pervenerat »). De qui celle-ci le tenait-elle elle-même? — 11 n'est pas téméraire, croyons-nous, de supposer que c'était du chef de son père Etienne, lequel devait être un de ces chevaliers auxquels, suivant l(^s termes de la charte. Foulque Nerra distribua tout le domaine, château y compris (« factoque ibi castello quod Montem Rebellem nominavit, militibus universa per beneficium donaverat »). Ce Montrevault, c'était le futur Grand-Montrevault : nous savons, en effet, d'une manière précise que le siège de l'autre maison de Montrevault, sur laquelle nous allons revenir, était au Petit-Montrevault et nous savons également, tant par VHist, de Saint-Florent (p. 2^9 des Chron, des églises d'Anjou) que par quelques autres documents, que le fils du vicomte du Mans (Raoul I®' de Montrevault), c'est-à-dire Raoul II de Montrevault, était seigneur du Grand-Montrevault. — Le Petit-Montrevault n'a donc pu, lui, se constituer que dans la seconde moitié du xi' siècle : sous Geoffroi le Barbu (1060-1068), nous voyons que le seigneur en est Foulque Normand {Hist, de Saint-Florent, p. 298 des Chron, des églises d'Anjou) ; une charte du CartuL du Ronceray (éd. Marchegay, n'* 38, ann. 1063) nous apprend que Foulque Normand avait hérité son bien de Rog^r de Montrevault, contemporain du comte Geoffroi Martel (1040-1060), qu'on trouve en effet cité dans les chartes de cette époque (par exemple, entre les années 1040 et 1055 au 1^^ CartuL de Saint-Serge, n® 66, dans Bibl. nat., ms. lat. 5446, p. 253 ; entre les années 1031 et 1060, dans une charte de Marmoulier copiée par Marchegay : Bibl. nat., ms. fr. nouv. acq. 5022, f® 79, r« Cf. iAiJ., 5021, f«» 338, 340, 341, etc) et qui, d'après cette même charte du Ron-

Montreuil-Bellay : immédiatement encore il Tavait inféodé à son fidèle Bellay *. Un peu plus tard, quand Geoffroi Martel avait fondé les châteaux de Durtal et de Mateflon, il les avait inféodés aussitôt, Fun à Hubert le Rasoir 2^ l'autre au père de Foulque I'*" de Mateflon ^. Des seigneurs s'étaient installés de même à Passavant avant 1026*, à Mauléyrier ^, à Faye-la- Vineuse ^,

ceray, était lui-même l'héritier de Roger le Vieux. Ce Roger le Vieux se qualifie « de Montrevault » dans une charte des années 1026-1039 {Catalogue cTactes, n® 57) et était probablement du nombre des seigneurs auxquels Foulque Nerra distribua le domaine de Sainl-Remy en Mauges ; mais — 'contrairement à ce que dit Célestin Port — nous avons vu que ce n'est pas lui qui avait reçu le chftteau construit par le comte.

1. Voir notre Etude sur la Chron,de Foulque le Béchin, toc. cit., p. 29- 30. — Bellay !•' est cité au temps de Foulque Nerra dans une charte par laquelle il fait une donation à Saint-Florent de Saumur (Livre noir de Saint-Florent, M08 r*).

2. Voir Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n® 306.

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