‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 98 sur 398 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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2. Gestaconsulum Andegavorum, p. 140 des Chron, des comtes d'Anjou, Foulque le Réchin n'eut qu'une fille de cette première femme, Ermengarde (voir ibid,)^ sur laquelle on trouvera d'utiles indications dans Port, Dictionnaire de Maine-et-Loire, t. Il," p. 116-117.

3. « Post mortem filie Lancelini, duxit Ërmengardin, fîliam Archembaudi Fortis de Borbono, ex qua gcnuit Gosfridum Martellum... (quam) dimisit, affîrmans cam de génère suo fuisse » (Gesta consulum Andegav., ibid,, p. 140). Cette Ermengarde souscrit une des chartes de Foulque le Réchin {n^ 229 du Catalogue d^actes). Comme il est dit dans les Gestajéllc eut pour fils GeofTroi Martel le Jeune, dont nous reparlerons..

4. Une charte de Saint-Florent de Saumur (Arch. de Maine-et-Loire, fonds de la mense commune, domaine de Saumur, orig.) est ainsi datée '- « Acta sunt haec apud.Salmurum anno ab incarnationc Domini millesimo LXX quinto, mcnse januario, feria quinta, die festivitatis sancle Agnetis virginis, quo die prenominatus comes Fulco, accepta in uxorem Auren^ garde, filia Isemberti de Castcllo Allione, nuptias celebrabat » (le jeudi 21 janvier, jour de la sainte Agnès, nous reporte à l'année 1076, n. st. ; par exception, on a donc suivi ici le style de Pâques ou celui du 25 mars). Orengarde parait aux côtés de Foulque le Réchin dans une charte du 17 mai 1076 (n» 230 du Catalogue d'actes).

mais dont il se sépara en 1080 ^ ; de la fille de Gautier l*''^ de Brienne, sa parente ^^ à la belle Bertrade de Montfort. C'est surtout du jour où sa passion pour Bertrade a parlé qu'il s'avilit et avilit en même temps aux yeux de tous l'autorité comtale : pour la posséder d'abord, on le voit promettre la paix au duc de Normandie 3 ; mais la lune de miel dure peu : après lui avoir donné un fils, Foulque le Jeune ^, la belle Bertrade, aussi volage que belle, gagne le cœur du roi et, dans la nuit du 15 mai 1092, se sauve de Tours pour aller rejoindre Philippe qui l'attend à Orléans ^. Foulque s'indigne d'abord : lui qui venait de promettre

\. Aux termes d'une charte [Catalogue d'actes, n® 236), Orengarde se fit religieuse le 9 juin 1080, sans doute à Beaumont-lès-Tours.

2. Ce mariage n'est signalé que par une généalogie rédigée à Saint- Aubin d*Angers au temps de Foulque le Réchin (Poupardin, Généalogies angevines du A'/® siècle, dans les Mélanges d'archéol. et d'histoire de l'Ecole franc, de Borne, t. XX, p. 208). Ménage avait déjà publié cette généalogie [Hist. de Sablé, p. 340) et relevé ce mariage [ibid,, p. 85). Gautier !•' de Brienne est cité du 28 décembre 1035 au' moins jusqu'après le 6 juin 1050 (H. d'Arbois de Jubainville, Catalogue d'actes des comtes de Brienne, dans la Bibl. de P École des Chartes, t. XXXIII, 1872, p. 143 et suiv). La seule fille de Gautier dont nous connaissions le nom (voir ibid,, p. 148, n^ 33) s'appelait Mantia .

3. Orderic Vital, VIII, éd. Le Prévost, t. III, p. 320-321. Cf. ci-dessous, cbap. III § III.

4. Gesta consulum Andegav,, p. 140 des Chron, des comtes d'Anjou.

5. Gesta consulum Andegav, ibid,, p. 142-143 :« Rex libidlnosus Philippus Turonisvenit et cumuxore Fulconis locutus eam fieri reginam constituit. Pessima illa, consule dimisso, nocte sequenti regem subsequitur, oui Mindraio propeponlem Bevronis milites dimiserat qui eam Aurelianis dexerunt. » Orderic Vital, VIII, 20, éd. Le Prévost, t. III, p. 386, raconte que Bertrade, craignant d'être abandonnée par Foulque, fit savoir son amour à Philippe I®'. « Denique mollis princeps, comperta lascivae mulieris voluntate, fiagitio consensit ipsamquo, relicto marilo, Gallias expetentem cum gaudio suscepit. » La Grande Chron. de Tours (Salmon, Chron, de Touraine, p. 128), copiant évidemment un texte ancien, raconte que Philippe I*' a enlevé Bertrade la veille de la Pentecôte, lors de la cérémonie de la bénédiction des fonts de Saint-Jean de Tours. Le fait y est rapporté sous Tannée 1093 ; mais c'est une erreur pour 1092, date que donnent tous les textes et notamment Clarius de Sens (Hist, de France, t. XII, p. 280) et une charte extraite du Cartul, tourangeau de Marmoutier, fol. 137 r^, copiée dans laColl. dom Housseau, vol. XII 2, n® 6749, et datée

aux prêtres de ne plus se marier sans leur consentement (1094) ^, il réclame Bertrade, accuse le roi d'inceste 2. La violence ne dura pas: Bertrade sut trouver le secret de contenter à la fois ses deux amants; les barons angevins purent même voir, en 1106, leur comte faire au roi et à Bertrade les honneurs de sa capitale ^ et comme un esclave se mettre sur un escabeau aux pieds de son ancienne maîtresse, qui continuait à faire de lui tout ce qu'elle voulait *.

Un tel comte n'était pas fait pour en imposer à des barons aussi puissants et qui, grâce à la crise de 1067-1068, avaient pu prendre conscience de leur force. Aussi après 1068 ne sont-ceque

ainsi : (c Actum anno ab incarnatione Domini MXCII, agcntibus nobis sub domno abbate Bernardo, ipso anno quo rex Philippus accepit sibi uxorem conjugoro Fulconis comitis Andogavensis. » En 1092, la Pentecôte tombant le 16 mai, la fuite de Berirade, d'après la Grande Chron. de Tours, est du 15 mai (Cf. dom Brial, Préface du t. XVI des Hisl, de France). Le mariage du roi avec Berlrade était consommé le 27 octobre 1092, date à laquelle Urbain H blâme Tévèque de Senlis de s'y être prêté (Ilist. de Fr., t. XIV, p. 702; Jaffé-Waltenbach, Rpgesta, n» 5469).

2. Une lettre d'Ive de Chartres rappelle que Foulque avait envoyé à la cour des gens pour établir l'inceste et réclamer Bertrade {Ilint, de Fr,, l. XV, p. 150). Cf. Orderic Vital, VIII, 20, éd. Le Prévost, t. III, p. 388 : « Unde inter opulentos rivales minarum ingens tumultus et proeliorum conatus exortus ^st. »

3. Voir une charte-notice extraite du Cartul. de Saint-Xicolas dWngern, fol. 50 v<», copiée dans la Coll. dom Ilousseau, vol. IV, n« 1259, et publiée dans VEpitome S, Nicolai, p. 50, racontant que le 10 octobre 4106 le roi Philippe I'' vint à Angers avec la reine Bertrade et fut reçu « a Fulcone comité et ab Andecavensibus tam clericis (juam laïcis cum honore maximo et reverentia. » Cf. Orderic Vital, VIII, 20, éd. Le Prévost, t. lll, p. 388 : « Vcrum versipellis mulier inter rivales simultalem compescuit ingenioque suo in tantam pacem eos compaginavit ut splendidum eis convivium praepararet et apte, prout placuit illis, ministraret. »

4. Suger, Vie de Louis le Gros, éd. Molinier, p. 57 : « Mater etiam (Bertrada), his omnibus potentior viragoque faceta et eruditissima illius admirandi muliebrisartiiiciiquo consueverunl audaces suis etiam lacessitos injuriis maritos suppeditare, Andegavensem priorem maritum,licet thoroomnino repudiatum, ita mollificaverat ut eam tanquam dominam venerarekir et scabello pedum ejus sepius residens, acsi prestîgio fieret, voluntati ejus omnino obsequeretur. »>

172 LE œMTÉ d'anjod

révoltes de leur part*. Quand Sulpice, seigneur d'Amboise et de Chaumont, meurt, c'est sous le coup des menaces que Foulque le Réchin doit remettre en liberté Hugue, fils et successeur du défunt 2. Peu après, il s'avise de confier la garde de son château d'Amboise, le /)omia7e, à Aimeri de Courron; le choix déplaît aux gens de Hugue : cinq d'entre eux se glissent dans le donjon, surprennent le veilleur, le font prisonnier et plantent sur la tour l'étendard de leur maître, pendant que celui-ci se retranche dans sa forteresse d'Amboise et se met à harceler les troupes du comte. Ce dernier arrive enfin, mais n'ose se mesurer avec son adversaire et préfère composer avec lui ^. L'accord n'est pas de longue durée ; le vassa\ insoumis n'attend qu'une occasion pour se soulever à nouveau : brusquement, en 1106, un jour que le châtelain du Domicile^ Hugue du Gué, était à la chasse du côté de Romorantin, Hugue d'Amboise surprend le château et le détruit. La lutte recommençait: Foulque le Réchin s'alliant à Aubri de Montrésor et à Josselin et Hugue, les deux fils du seigneur de Sainte-Maure Hugue P*", se jette sur Saint-Cyr, un des domaines héréditaires de la maison de Chaumont ; Hugue d'Amboise, soutenu par son beau-frère Jean, seigneur de Lignières, riposte en venant piller les faubourgs de Tours et tous les environs de Loches, Montrichard et Montrésor. La lutte était dans son plein quand la mort vint successivement enlever Josselin et Hugue de Sainte-Maure, puis Foulque le Réchin lui-même^.

Partout la situation est la même : un jour, c'est le seigneur

4. Le fait a frappé les chroniqueurs. L'auteur des Gesla. consul, A ndegav, (Chron, des comtes d'Anjou, p. 141) montre Geoffroi Martel le Jeune « videns terram turbatam et proceres totius consulatus tîontra patrem cornua erigere « ; Orderic Vital, XI, 16, éd. Le Prévost, t. IV, p. 216, dit à peu près la même chose.

2. Gesta Anibaz. dominorum, p. 184 des Chron. des comtes d'Anjou,

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