‹ Le comte d'Egmont et le comte de Hornes (1522-1568) d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 106 sur 187 · CHAPITRE X. — ISfiG · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. — ISfiG

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somme de 80,000 florins à payer par termes. Il put ainsi lever dans l’Artois, avec le consentement de la régente, quinze compagnies d’infanterie wallonne et une compagnie d’arquebusiers à cheval. Celle-ci fut placée sous le commandement de George de Ligne, seigneur d’Estambrugglie, qui eut pour lieutenant Hector de Beauffort, seigneur de Boilleux. Le comte répartit ces forces dans tout le pays de Flandre afin de ne plus exposer à une surprise les villes et les châteaux de cette importante province (1). Dès le 22 septembre, deux enseignes d’infanterie entrèrent à Ypres.

Lorsque le comte d’Egmont s’était rendu à Courtrai, il avait trouvé dans cette ville le comte de Homes. Celui-ci était arrivé le premier, accompagné de plusieurs gentilshommes confédérés, entre autres des seigneurs de Villers et d’Esquerdes, et de quelques marchands calvinistes de Tournai. On entendit ces gentilshommes, à table et hors de table, disputer, en présence du comte, avec le seigneur de Rassengliien, sur le saint sacrement de l’autel, sur les cérémonies de l’Église, et se prononcer contre l’observance de ces pratiques. Le comte d’Egmont étant arrivé, les deux amis soupèrent ensemble à la maison de la dame de Malstedfe et eurent une conférence dont les détails ne transpirèrent point (2).

Le dimanche 15 septembre, le comte de Hornes, étant de retour à Tournai, assista au banquet que les doyens et sousdoyens des métiers lui avaient offert en leur Halle. Le matin , grâce aux mesures déjà prises par l’ami du prince d’Orange et du comte d’Egmont , la messe avait été célébrée dans l’église de Saint-Quentin, rendue au culte catholique. Mais il fallait aussi donner une juste satisfaction aux protestants. Le comte présenta, le 16, auxconsaux, un projet d’accord destiné à faire cesser toute animosité entre les deux partis religieux et à réta-

(1) Mémoire de défense du comte d'Egmont (Procès, p. 135). — De la guerre cim'Ie des Pays-Bas, parPontusPayen, liv. III.

(4) Enquête reçue à Bruxelles par Yargas et dcl Bior : déposition de Jehan de Tollcnaerc, S' de Schcrpenberghe, bourgmestre de la ville de Courtrai en 1568 [Procès du comle d' Egmonl, p. 289 ).

LF. COMTE d'eGMONT ET LE COMTE DE MORNES.

blir la paix dans la ville (1). Ce projet, qui était pour ainsi dire calqué sur les conventions approuvées en Flandre par le comte d’Egmont, fut préalablement communiqué aux ministres et aux chefs du consistoire. Des délégués furent ensuite chargés, avec l’autorisation du comte de Hornes, de désigner, hors de la ville, les emplacements où les religionnaires pourraient ériger trois temples. Ils choisirent l’un de ces emplacements près de la porte Marris, le second près de la porte Valencenoise et le troisième près de la porte Cocquerel. Plusieurs gentilshommes, bourgeois et riches marchands calvinistes firent des dons volontaires pour l’érection des nouveaux temples. Quant au magistrat, après des débats fort vifs, il avait alloué, sur les deniers de la ville, une somme de 40 livres de gros. Les réformés attendaient une intervention plus généreuse lorsque, dans leur requête, ils rappelaient que les trois quarts au moins des habitants de Tournai appartenaient à la religion nouvelle (2). Ils consentirent néanmoins à faire les prêches hors de la ville, à la condition que le représentant de la régente leur accorderait quelques places profanes dans l’enceinte même de Tournai, jusqu’à ce qu’ils pussent se servir de leurs nouveaux temples. Le comte, d’accord avec le magistrat, donna sên acquiescement à cette demande. Il était d’ailleurs très décidé, écrivait-il à la régente, à ne plus souffrir des prêches dans les églises (3).

Le 17, le comte de Hornes passa en revue, dans les Prés- Porciens, les huit compagnies de la ville. Il se mit au milieu des bourgeois armés et leur fit prêter serment « qu’ils seraient « bons et fidèles sujets de Sa Majesté; qu’ils obéiraient à tout « ce qui leur serait commandé par le gouverneur ou par le « magistrat pour le service du roi, le bien, le repos et la tran- « quillité de la ville (4). » L’ordonnance suivante fut publiée

(1) Voir dans le Supplément aux guerres civiles, t. II, p. 384, les articles proposés par le comle de Uornes pour la pacification des troubles.

(4) Mémoires de Pasquier de Le Barre, 1. 1", p. 185.

(31 Le comte de Hornes à la gouvernante des Pays-Bas, Tournai, 18 septembre 1566. Supplément aux guerres civiles, t. II, p. 445.

(4) Mémoires de Pasquier de Le Barre, 1. 1", p. 181. — Le comte de Hornes écrivait a la régente le 18 septembre : « Je passai hier monstre à douze cents

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